MEETING RÉVOLUTIONNAIRE DE GENÈVE
tembre, à Genève, le premier de ces Congrès se réunissait. Ce fut un vrai Congrès de la guerre, tout au moins de la guerre civile, que ce «Congrès de la paix et de la liberté. » Les Suisses, qui lui donnaient l'hospitalité, ne tardèrent point à être émus. Dans les semaines mêmes qui précédèrent, les Bàlois et quelques Vaudois avertirent les organisateurs qu'ils n'entendaient point que les questions constitutionnelles fussent témérairement soulevées ^Les Genevois, moins chatouilleux, s'alarmèrent moins vite; mais peu s'en fallut qu'à la dernière séance du Congrès deux de leurs hommes d'Etat, Fazy et Carteret, ne fissent passer une motion d'ordre qui aurait restreint la portée révolutionnaire des décisions de l'assemblée 2. Les congressistes érigeaient en principe qu'il était impossible de créer un droit international sans renouveler les institutions politiques européennes3; et, volontiers, ils eussent appelé de leurs vœux le jour rêvé par feu Raspail en 1848, le beau jour de vengeance où l'on verrait le dernier des rois égorgeurs s'exiler en Sibérie 4. Les rois, le soldat — et beaucoup ajoutaient : le prêtre — tels étaient les ennemis a poursuivre. Dans la vaste Europe déblayée par leur fuite, et nettoyée, comme l'écrivait à Macé Charles Lemonnier, des « préjugés soi-disant patriotiques », de la « gloriole militaire», de la « brutalité soldatesque », de la « vanité nationale », un régime nouveau s'établirait, sorte de fédération de républiques sem-