CHAPITRE Vil
Formation psychologique du concept de relation
Dans tout le cours de notre étude, par une inconséquence apparente, nous avons sans cesse supposé la relation, nous ne l'avons jamais définie et nous n'avons d'ailleurs pas éprouvé le besoin de la définir. Ne serait-ce pas qu'en son fond elle est peut-être un indéfinissable ?
L'histoire tendrait à le faire croire. Kant, qui voit en elle une des catégories fondamentales, M. Renouvier, qui la regarde à juste titre comme étant la catégorie première, la catégorie des catégories, se contentent l'un et l'autre de la poser. Seul Stuart Mill en a donné une prétendue définition^ mais qui reste hésitante et obscure. De l'aveu même du penseur, eUe ne convient pas aux relations de ressemblance; dans tous les autres cas, la relation exprime « une chose, et une seule chose commune à tous les cas : c'est que dans chacun se rencontre ou s'est rencontré ou pourra se rencontrer quelque fait dans lequel les deux choses dites relatives l'une à l'autre entrent comme parties d'un tout (i) ». C'est reconnaître explicitement par là que le fandamentum relationis est toujours un fait, que la relation n'est que la forme abstraite du fait, qu'elle est le fait même donné comme contenant ou contenu d'autres faits. Elle se ramène finalement à n'être que « deux choses impliquées l'une dans l'autre en tant qu'elles sont impliquées ». Or, il n'y a pas là
(i) Stuart Mill. Sjrst. de log. , 1. 1, p. 7a.
l'idée de IIELATION