‹ L'idée du phénomène, étude analytique et critique [microform]Chapitre 19 sur 77 · IIS · texte numérisé non relu

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CRITIQUE DE L IDÉE DU MOUVEMENT

.Nous p:)n\i(>iis à priori nous allriuln' à ri»s coiichi-

sions.

Qu'il soil possibltule concevoir (liuilresliiils (pie ceux (pii nous apparaissrnt dans la siMisalion ou, (Mi général, dans la conscience, les partisans de la conci^plion subjective ilu pliénomèue raccorderont sans p;'in(S mais les partisans de la concoplion soi-disani positive devront bien accordjM" (pi'il ne nous est pas possible d'observiM* ou de connaître d'aulres laits ([U(» les pliénouiènes de conscience. Il s'ensuit <pn' la notion (\\\o nous pouvons nous former des faits objectifs procédera nécessairement, soil par analoj»ie, soil par né«»;alion, soil par l'une et Vautre voie tout ensend>le, de noire intuition des faits subjectifs. Puiscpie le priMuier et le seul éléjn«Mit de toutes nos connaissances, c'est l«» fait de conscience sous ses différentes formes, avec ses caractères plus ou moins constants ou variabli's, il est bien ceilain cpu' tout ce qu(» nous pouvons l'ain» dans nos idées ulté- ]*i«»iu*es, c'est de transformer plus ou moins cet élé:::. ::t au moyen d«» rabslracliou et du laui^age. Tout d'abord, nous pouvons retrancbiM* par la penser» l'un ou Tautre des caractères babiluels de tous lesfails [)sycboloj5i(pies; et, en pn^mière ligm», le caraclère (pii leur est commun à Ions, cette propriété (pi'ils ont d'apparaîlre, de se sentir eux-mêmes ou de se faire sentira un sujet. C'est ainsi i|iie 1(* 1 iil^.'iin* ronço'U le iiumde evléneiir 4'Oiiiiiie un sy.%U;iiK! de ^M^n^^-ilion^ ^nlisi^îraiir i>n d:'hoT>; di» loulo f4»iisçîeiici\ NiHiH |iniivoiis |ioiiss<i>r plus loin la siiiiplîA* calioii iMi iitti^niiniil lotir inlon<ii|i% i^n «iipprlm^nl telti

ou tels de leurs caractères, puis les compliquer en les disposant en groupi^s, (mi sérit^s, et former ainsi la conception d'un nouvel ordn» tic faits. C'est ainsi (pi'(^st née la nolion des pbénomènes proprement exlérieurs. Nous l'avons vu, des sensations visuelles et tactiles réduites au minimiun (rinl(Misilé et dépouillées de louh» conscience, voilà, ce siMnble, le point matériel; uiUM'ombinaison de sensations musculaires, visuelles (4 tacliles, ainsi nuxlitîées» voilà b' mouveunnit du pr>iMt malériid dans l'c^space.Mais, tant (jue rabslracliou n'a pas (Mitièrement fail le \ide dans b» conlenu du l'ait, l'analyse y reli'ouv«\ plus ou moins appau\i'ie et laréOé»», la sensation prindtive; eldun» b^ prétendu lait objectif, la représentation conscienbM'econnait sou propre fant(^me.

Il faul d(Mic aller plus loin eru'ore, d<'>poulll(*r h* fait extérieur de tout attribut sensilif, lui retirer jusqu'à la dernière <les appai'ences dont il s»» nnét en tMitrant dans notr«» conscience ; et abu.stpH' r«'.st«'-t-il, sinon la notion absolument in(b'lermiiiée et néj^alive de cbangeinonts qui se succèdent les uns aux autres bors de louje conscience, el (pii ne préseiUent plusaïu'UiKMles propriétés des fails à ncuis <'onuus, sinon celles d exister, de durer |)lus ou nn)ins longlemps, v\ d'avoir <'h.-iciiii su pinre dans une série enliv* un antécédent et un CH>iiiUf(|ii4*nr!

Un pbilosopbe conlenq)orain (I) a bien riMpie hilo i^L en C'Ofet, lu seule ncilinn possllile des lails<'\tériiMn*.s. Miih il s*r*«;r niéi^rih »nr .hji vcrilabli* ï(if;uilir«iUoD. « De lit série des sensnliniis uiusculêiiivs par la<piel]e nous

(l) Taliir, Ut VtMifUiçrwe, t. II. p. 5t.

LE PHÉNOMÈNE ET LE TEMPS

«IHITIOUE DE L IDEE DU MOUVEMENT

concevons le mouveiiHMit, nous letraiichons tous los caractèros ([ui pouvont la tlislinguor d'uno autro sério. Après cetto grande suppression, oWo n'est plus pour nous qu'une série abstraite d'états successifs interposée entre un certain moment initial (^t un moment final. Chacun des états composants a été dépouillé d(^ toute qnalité et n'est plus défini que par sa position dans la série, comme plus proche ou plus lointain du moment initial ou du moment final. C'est cette sérit^ plus ou moins courte d'états successifs compris entn^ un moment initial et un moment (inal et délinis seidenn^nt par leur ordre réciproque, que lums nommons le mouvement pur. » —«Or, ajoute-t-il, nous avons toutes les raisons du monde pour l'attribuer à ces inconnus que nous nommons des corps, pour ôtre certains que de l'un elle passe à l'autre, et pour poser les règles de celte communication. »

Par quelle étrange inadvertanc(^ ce philosophe a-t-il pu confondre avec le mouvement pur « une série abstraite d'états successifs? » Et il ne sert de rien d'ajouter, comme il l'a fait, <c interposée entre un cm'tain moment initial i^t un certain moment final, » car il est bicMi entendu ([ue tout(^ série s'étend entre deux termes extrêmes ; et, d'ailleurs, aucun moyen n'existe pour nous de savoir quel est le moment initial et le moment final, ou, pour mieux dire, il n'y a pas de moment final ni do monuMit initial, et, par conséciuent, on pourra toujours les placer l'un et l'autre où Ton voudra, les événjMuents extérieurs se succédant indéfiniment sans commence-

ment et sans fin. En tout cas, le mouvement, mémepz/r, n'est pas une simple série d'étals successifs : c'est une série de positions successives ; mais la position implique 1° un point mat<'M'i<'l qui l'occupe et qui tende à occuper nue position différente ; !2° un système général de positions réelles ou possibles, par rapport aux([uelles puisse se déterminer une série donnée de positions successives ou un mouvement, et c'est en termes plus simples ce ce c[u'on entend par l'c^space. Mais Jious retrouvons, dans cette définition, des élémenls dont l'objectivité est suspecte, espace, point matériel, lesquels ne peuvent se concevoir, nous l'avons vu, indépendamment de toute image sensible.

En outre, qm^ sont ces « inconnus nommés corps » aux(piels est attribué h» mouv^Muent pur? S'ils sont absolument inconnus, i\iw peut-on en dire? Et, s'ils sont connus, ou du moins conçus en quelciue manière» peuvent-ils être aulre chose que des groupes ou séries de phénomènes, c'est-à-dire d'états ? ComnuMit donc leur attribuer « des états successifs? » Sans le savoir, l'auteur de cette hypothèse s'est encore laissé prendre à la vieille notion d(* l'Klre ou de la Substance. Ses prétendus phénomènes soni bien des étals, dans le sens précis du terme, c'est-à-dire des manières d'être; mais, comme dit la métaphysique réaliste, pas de manière d'être sans être. Les corps sont donc des êtres, d'ailleurs indéterminés, dans lesqm^ls se produisent des séries d'états successifs également indéterminés. Conclusion qui n'est pas assurément bien instructive^

LE PHÉNOMÈNE ET LE TEMPS

Eiiilii, dire qu'une série plus ou moius courle d'états successifs peut passer d'un incouuu à un autre, n'est-ce pas dire un non-sens? Comment /<^ /^it^wî/' série, après s'ètn* déroulée par hypolUèse dans un inconnu, pourraitelle passer dans un autre? Que deviendrait le premier inconnu après ce passage? Qu'était le second inconnu avant ([uil ne s'opérât?

Bon i>ré, mal gré, les partisans de la conceplion soidisant positive du phénomène doivent renoncer à voir dans 1(* mouvement le typ(^ des [diénomènes en général ou même d(^s phénomènes extérieurs. Le phénomène jie. peut être pour eux qu'un changement, une dilTériMice dans le temps.

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