‹ L'idée du phénomène, étude analytique et critique [microform]Chapitre 28 sur 77 · IV. — Nature des Lois et Conclusion · texte numérisé non relu

IV. — Nature des Lois et Conclusion

La loi est donc un rapport général qui se reproduit indéfiniment dans les phénomènes : par exemple, une loi de causalité physique esl un rapport de succession entre deux faits a et ô, qui se vérifie nécessairement d'un bouta l'autre de notre expérience. Mais cette généralité même, en quoi consisle-t-elle, sinon dans l'identité du rapport de succession que Tesprit constate dans un certain nombre de cas et qu'il affirme dans tous les autres, passés, présents et à venir ? La loi esl donc bien un rapport de rapport. D'autre part, tout rapport est un mode de la pensée : il ne se réalise, il n'existe que dans une intelligence, et l'intelligence, à son tour, paraît se réboudre en une cbaîne souveut interrompue de phénomènes toujours nouveaux. Dès lors, comment comprendre la perpétuité de la loi?

Nous touchons ici au mystère môme de l'Être. Déjà le sujet de la conscience nous a mis en présence de la même difficulté. N'est-il pas lui aussi un et multiple, identique et différent? Il se multiplie et se diversifie avec chacun des phénomènes, comme s'il n'en était qu'une circonstance accessoire, et cependant il est l'élément commun, le lien organique, l'unité permanente des phénomènes. La loi est, au fond, de même nature que le sujet de la pensée. Ce sujet même, un philosophe contemporain, M. Renouvier, ne l'a-l-il pas considéré comme une loi, la loi de la Personnalité ? Qu'est-il

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