CRITIOLE DE LA DOCTRINE DE L IDENTITE
combinaison ne doit-elle pas occuper de l'espace ? L'union indissoluble de deux choses dont l'une est supposée matérii^lle peut-elle un seul instant être acceptée comme autre chose qu'une unité do lieu ? Ame-corps , corps-âme : n'est-ce point là l'unité ? et peut-on concevoir Fexistence de cette unité autrement que dans l'espace ? » Mais à son tour le critique ne voit pas que, si les deux facteurs sont unis dans l'espace, l'un ne se distingue plus de l'autre ; car il n'est plus, commo lui, qu'un système de mouvements. En fait, je ne puis concevoir par aucun moyen comment cette existence si complexe et si changeante que j'appelle moi-même pourrait, avec l'ensemble des faits de conscience qu'elle enveloppe, être unie localement à telles et telles molécules cérébrales occupant ou parcourant des situations précises dans l'espace. En admettant qu'au moment même où j'éprouve une émotion, certains mouvements se produisent en correspondance dans le sang que contiennent les centres nerveux, je ne vois pas comment ces deux phénomènes, mon émotion et les mouvements, pourraient occuper ou parcourir en même temps le même lieu. Autant dire que les mouvements seuls sont réels et que mon émotion n'existe à aucun titre.
Maintenant, si l'on ])rétend que nous avons conscience d'un rapport de coexistence entre nos états internes d'une pai't et notre corps ou le monde extérieur, tels que nous les percevons, d'autre part, rapport vague, il est vrai, et qui n'a rien de mathématique, on a raison sans doute; mais c'est notre cor|)s et le monde extérieur
L UNITÉ DES PUÉNOMÈNKS