CRITIQUE DE LA DOCTRINE DE L IDENTITE
qui se trouvent alors absorbés clans nolie conscience, et c'est notre conscience qui <'st le lieu de Tunion entre nous et ce qui nous représente autre chose (|iu^ nous. Il ne faut plus parler de matière, d'espace, de mouvements objectifs ; il faut se ivsigmn- à i)rofesser l'Idéalisme subjectif le i)lus absolu.
Ainsi l'Espace et la Conscience ne peuvent se mettre en contact : dès qu'on veut les faire coïncider, nécessairement l'un absorbe et supprime l'aulre.
En second lieu, quelle r'st, dans la sensation et le mouvement, la limite qui enp:endre le subjectif et l'objectif, comme la courbe engendre sa convexité et sa concavité propres? Ce qu'il faut expliquer, c'est justeuH^U cette dualité : or on se contenlc de juxlai^oser el d'identifier les deux termes malgré leur opposition essiMiliellc et leur exclusion réciproque. Dira-t-on que la limile, c'est le poi7it de vue où nous nous plaçons pour considérer le phéuomène et qui prut élre pris soit au dedans soit au d(4iors? C'est dire que notre conscience est la limite même, qu'elle est le point dinterseclion du subjectif et de l'objectif, qu'elle les distingue et les unit tou tensemble dans son propre sein ; maisi)arlà mémo c'est faire rentrer l'objeclif dans le subjectif, le corps dans l'àme, le mouvement dans la p(Misée.
Enfin, est-il h'wn légitimi^ d'arguer des rapimrts de
termes contenus dans la conscience, lels que les ligures
géométriques, aux rap|)orts de la conscience elle-mOme
a\ec un terme extérieur et byi)othélique?
La comparaison du concave et du convexe n 'est donc
nullement ftiite pour éclaircir les rapports de la pensée et du mouvement ; dans cette prétendue analogie, les différencesl'emportent surles ressemblances. La psychologie et la métaphysique ont tout intérêt à répudier cette incorrecte métaphore.
On reconnaîtra peut-être dans le passage suivant d'un ])hilosophe contemporain un effort plus sérieux pour distinguer et définir les deux faces prétendues objective et subjective de tout phénomène.
« Ce qui est subjectivement conscience ou sensation est objectivement matièje ou mouvement. Un phénomène qui est pour lui-même sensation est mouvement poui' un autre phénomène. Un phénomène ne peut sentir que lui-même; les phénomènes avec lesquels il est en relation ne ])euv('nl lui apparaître que comme causes de modification de sa sensation, et encore fautil supposer qu'il est capabb; de connaissance ; or ce que nous concevons comme cause de modification de la conscience (îst connu de nous comme matière et mouvement, alors môme que cette cause aurait conscience d'elle-même comme sensation (I). »
Mais si tout phénomène est, en soi et i)our soi, sensation, état de conscience, ce n'est pas là sa face interne, subjective ; c'est sa nature, sa réalité essentielle. Sans doute, il est o\\2)('ut être nq)résenté dans un autre i)hénomèiie: ainsi, d'après Leibuiz, chaque état interne d'une monade est représenté en d'autres monades sous forme de perceptions plus ou moins incomi)lètcs et con-
(1) Léon Dumont, Revue philosophique, XI, p. 462.
l'unité des puénomènes