‹ L'idée du phénomène, étude analytique et critique [microform]Chapitre 41 sur 77 · II. — La contre-épreuve de la théorie du Phénomène · texte numérisé non relu

II. — La contre-épreuve de la théorie du Phénomène

Quand l'intelligence humaine commence à réfléchir sur ses propres opérations, elle se trouve dès l'abord en présence, non des Phénomènes, mais des Objets. Ce qu'elle croit percevoii* dans le mond<^ extérieur, ce ne sont pas des couleurs et des résistances, ce sont des corps colorés et résistants; ce qu'elle croit percevoir au dedans d'elle-même, ce ne sont pas des sensations et des pensées, c'est un esprit sentant et pensant. Par une secrète transformation dont elle est à la fois l'auteur et la dupe, les phénomènes se sont changés pour elle en substances. Comment cette transformation s'estelle faite? Quelle illusion s'y cache, ou quelle vérité? Double question que tout système métaphysique doit au moins essayer de résoudre. Cette obligation n'incoml)e pas seulement au phénoménisme. Même ceux qui admettent la réalité des substances reconnaissent que nous ne les percevons pas directement : nos sens ne nous font connaître que des phénomènes ; d'où vient alors que nous croyions percevoir des objets? Quand nous percevrions directement une substance, la nôtre, ainsi que certains métaphysiciens l'ont prétendu, il resterait encore i\ expliquer et à justifier la généralisation

LE PASSAGE DU PHÉNOMÈNE A LA SUBSTANCE

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de ridée de substance et son extension aux phénomènes du monde extérieur.

Toutes les solutions qu'il est possible d'imaginer au double problème de la valeur et de l'origine de la notion de substance se laissent ramener à quatre thèses fondamentales ; et la comparaison historique des systèmes confirme à posteriori cette classification théorique.

1° La notion de substance répond-elle à quelque réalité distincte des phénomènes, ou se réduit-elle aux rapports qui lient les phénomènes entre eux? La question même implique la possibilité de deux réponses opposées qui se contredisent Tune l'autre ; car l'une affirme et Fautre nie la réalité objective de la substance.

2° D'autre part, si Ton considère non plus la valeur, mais l'origine de la notion de substance, une nouvelle alternative se pose : ou cette notion dérive tout entière de Fexpérience, ou elle est une loi à priori de la pensée.

Appelons pour fixer les idées Réahsme et Idéalisme de la substance les deux premières thèses. Empirisme et Rationalisme de la substance les deux dernières : en les combinant deux à deux, nous obtiendrons les quatre solutions possibles du problème de la substance.

l** Idéalisme empirique, — La notion de substance ne répond à aucune réaUté distincte des phénomènes ; elle se réduit aux rapports qui lient les phénomènes entre eux ; ces rapppi*ts mômes, l'esprit ne peut les connaître qu'à posteriori. Telle est la doctrine soutenue par l'école anglaise et par les philosophes français contem-

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