‹ L'idée du phénomène, étude analytique et critique [microform]Chapitre 44 sur 77 · EXPOSÉ DE L IDÉALISME EMPIRIQUE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE L IDÉALISME EMPIRIQUE

à nos sens, l'association des idées nous les rappelle ensemble. L'objet est leur somme, leur unité. Ainsi commencée par la perception et la mémoire, l'unification des phénomènes s'achève par le langage et le jugement. L'école anglaise, avec Stuart Mill, a surtout analysé le premier stade de l'opération, et cette analyse est trop connue pour qu'on y insiste; l'école française, avec Taine, a comeplété la Ihéori par l'analyse du second.

Le groupe des phénomènes qui constitue l'objet est désigné dans le discours par un seul mot : c'est ce mot, unité verbale, qui, grâce au rôle qu'il joue dans les propositions, finit par se transformer pour l'esprit en unité réelle, l'unité de la prétendue substance*

Dans toute proposition affirmative, le sujet est le nom d'un objet, c'est-à-dire d'un groupe de phénomènes ; l'attribut est le nom d'un des phénomènes compris dans le groupe ou, comme on dit vulgairement, d'un état, d'une propriété de l'objet. L'office de la copule est de marquer que le phénomène qui est l'attribut est une partie Intégrante du groupe total de phénomènes qui est le sujet.

Or, si l'on extrait successivement du groupe des phénomènes pris pour sujet chacun des phénomènes qui en font partie, on aura ainsi une série de propositions dans lesquelles le sujet restera identique, lattribut variant de l'une à fautre. En outre, dans chacune d'elles on trouvera le sujet tout entier ; d'autre part, une portion du sujet. D'où cette conclusion, que le sujet est indépendant de tous les attributs pris un à un et qu'il est

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