‹ L'idée du phénomène, étude analytique et critique [microform]Chapitre 48 sur 77 · LA SIBSTAXCE D APRÈS L IDÉALISME EMPIRIQUE · texte numérisé non relu

LA SIBSTAXCE D APRÈS L IDÉALISME EMPIRIQUE

entendre par tout non un tout quelconque, mais, comme dît Fauteur, un « tout naturel. » En effet, si le tout est artificiel, l'esprit ne peut oublier qu'il Fa fabriqua luimême, et, s'en souvenant, il ne peut juger que u si le fragment existe à part, c'est qu'il l'y met. » — Seulement on a omis de nous dire par quel signe un tout na. turel se distingue d'un tout artificiel. La seule façon possible de former un tout, n'est-ce pas de réunir un certain nombre d'événements simultanés ou successifs? C'est ainsi en tout cas que nous formons nos idées des objets extérieurs : qui nous dira si ces objets sont des touts naturels ou artificiels ? — Du moins les événements du moi constituent, nous dit-on, un tout naturel. Serait-ce que nous aurions le sentiment de leur liaison Bécessaire et de leur intime unité ? Mais ce sentiment, s'il est réel, ressemble fort à ce que tout le monde entend par la conscience du moi, c'est-à-dire à la conscience d'un élément commun à tous ces événements ? Dire que nous concevons le Moi comme un tout naturel antérieur à ses parties, c'est, ce semble, rétablir sous une autre forme la notion métaphysique de substance. En effet, si le Moi est un tout naturel antérieur à ses parties, il ne se réduit pas entièrement à la somme des parties dans lesquelles une analyse superûcielle le distribue. « Les événements'du moi étant ôtés, dites-vous, il ne reste plus rien du moi lui-môme. » Quoi d'étonnant à cela si vous avez commencé par supposer que le moî était enUèreineat partagé en ses propres événements? Mais ce qu'on vous demande, c'est s'il n'y a pas

Page 1