XII. De la consécration des premiers-nés
et de son obligation.
Il y avait dans l'ancienne loi un commandement de consacrer à Dieu les premiers- nés.
tant des hommes que des bêtes, par reconnaissance de ce qu'il avait fait mourir tous les premiers-nés des Egyptiens , tandis que ceux des Israélites furent épargnés en considération du sang de l'Agneau pascal. Exod, 13. 2. Et cette consécration était d'une telle obligation, quec'eût été un péché mortel en cette loi de prendre de la laine d'un agneau premier-né , de faire labourer un bœuf premier-né, en un mot d'employer la victime qui était réservée à Dieu à des usages ordinaires.
C'eût été aussi un péché mortel de laisser mourir des victimes , une fois consacrées à Dieu , de leur mort naturelle ; car il fallait les immoler en quelqu'un des sacrifices dont il a été parlé. Les Prêtres étaient aussi obligés de manger la chair de la victime qui avait été immolée en quelqu'un des sacrifices, excepté l'holocauste : et s'ils ne la pouvaient manger toute en une fois , il la fallait garder pour la manger une autre fois ; mais il ne la fallait pas laisser pourrir : car c'eût été un grand péché ; de sorte que si elle était en danger de se corrompre, on devait la brûler , au cas qu'on ne la pût manger.
Cette partie de la viciimo qui était propreaux Prêires , et celle qu'on donnait à la personne qui offrait la victime pour le sacrifice , était appelée chair sainte, et cette personne avait la même obligation que les Prêtres à l'égard de cette chair.
Xlir. Sacrifice des deux boucs , appliqué à Jésus-Christ.
Il y avait encore dans l'ancienne loi un sacrifice de deux boucs, qui représentait fort expressément quelques circonstances de celui de Jésus- Christ. L'un de ces boucs après avoir été séparé et offert, était immolé et puis brûlé en holocauste : en quoi il représentait la mort et la résurrection de Jésus -Christ avec la communion du Père Eternel à son Fils en le retirant dans son sein. L'autre bouc, après que le Prêtre l'avait chargé de toutes les malédictions que le peuple méritait pour ses péchés , était mené hors de l'enceinte du pcuj.lc dans le désert, pour être dévoré par les bêtes, qui seules entraient, pour ainsi dire , en communion de celte victime. Cet animal était en cela la figure de Jésus-Christ, sur qui le Père a
mis les iniquités rie nous tous , Posuil Dominus in eo iniquitatem omnium nostrùm , Is. 53. 6. ; qui fut mené hors de l'enceinte du peuple, c'est-à-dire hors de l'enceinte de Jérusalem , pour être mis à mort par les bêles, nom sous lequel sont désignés , en divers endroits de l'Ecriiure, les Gentils, qui ont presque seuls jusqu'à présent communié à Jésus-Christ saciifié pour les péchés du peuple , le gros du peuple Juif l'ayant rejeté.
Il faut aussi remarquer que comme ceux qui avaient conduit le bouc au désert, demeuraient impurs jusqu'au soir, sans qu'ils pussent avoir de communication avec le peuple, et qu'après avoir lavé leurs habits, ils rentraient le soir dans l'enceinte du peuple de Dieu ; ainsi les Juifs après avoir livré aux bêtes, c'est-à-dire aux Gentils, pour être mis à mort, celui qui a été fait malédiction pour nous, demeurent impurs, et seront par leur incrédulité hors de l'Eglise de Jésus-Christ jusqu'au soir du siècle, c'est-à-dire jusqu'à la fin du monde. Alors après que le nombre des élus d'entre les Gentils sera accompli , Cùm intraverit pieniiiido Genlium, Rom. 11. , les Juifs se
convertiront, seront lavps par le lîaptêmo dans le sana de Jésus-Cbrisl , et entreront [)ar ce moyen dans l'enceinte et dans la communion du peuple de Dieu, c'est-à-dire dans l'Eglise.