‹ L'idée du sacerdoceChapitre 29 sur 47 · XIV. Toutes [es pal' ti es du Sacrifice · texte numérisé non relu

XIV. Toutes [es pal' ti es du Sacrifice

ne se trouvaient pas toujours

en même jour.

Il faut remarquer que toutes les cinq parties du sacrifice ne se trouvaient pas toujours en un même jour. Les animaux premiers-nés étaient sanctifiés dès leur naissance, et n'étaient immolés que longtemps après. L'animal sanciilié et otferi à l'entrée du tabernacle , n'était pas nécessairement sacrifié aussitôt après sa sanctification, mais on pouvait différer tant qu'on voulait : et la chair sacrifiée des animaux pouvait être gardée et conservée quelque temps. L'Agneau pascal était sanctifié le dixième jour du mois et n'était immolé que le quatorzième. La communion des victimes pouvait durer [)lusieurs jours, et souvent on ne les pouvait mai:ger tout entières au jour qu'elles avaient été offertes. 11 est néanmoins ordonné en particulier de l'Agneau

pascal, qu'il n'en demeurera rien jusqu'au lendemain malin, et que s'il en reste quelque chose , il sera consumé par le feu.

XV. Du Sacrifice de la nouvelle loi , qui est celai de Jésus-Christ.

Quant au sacrifice de la nouvelle loi, qui est le sacrifice de Jésus-Christ, il faut savoir que toute sa vie, depuis le premier mometit de l'incarnaiion jusque dans l'éternité, est le sacrifice véritable, figuré par ceux de la loi ancienne et par tous les autres.

Les sacrifices de l'ancienne loi n'ont point eu tous parfaitement et bien distinctement toutes ces cinq parties et conditions, dont nous avons parlé, étant très-imparfaits en toutes manières. Mais celui de Jésus-Christ étant infiniment parfait les a eues toutes irès-parfaiiement : en sorte que toutes les choses nécessaires à la perfection du sacrifice se trouvent excellemment et d'une manière toute divine dans celui de Jésus-Christ, qui est le sacrifice du nouveau Testament , l'accomplissement et la vérité de tous les sacrifices anciens.

XVÏ. De la sanctification de Jésus-Christ en qualité de victime.

En premier lieu la sanciificaiion de Jésus- Christ comme victime s'est faite en l'Incarnation : car en ce mystère le Fils de Dieu est sanciifié et consacré par la Divinité même : Quem Pater sanctifwavit, Joan. 10. Et ce qui est particulier à Jésus-Christ , c'est que par ce même mystère , où il est consacré et sanctifié comme la victime de Dieu, il est aussi consacré comme son Prêtre pour l'éternité : Tu es Saccrdos in œlernum secundùm ordinem Mehliisedech; Vous êtes le Prêtre éternel selon l'ordre de Mekhisédech : Victime et Prêtre éternel, à la différence du Sacerdoce de!a loi, qui était selon l'ordre d'Aaron , et ne devait pas durer toujours. Le sacrifice lévitique était un sacrifice de colère, qui fut éteint et accompli en la croix ; au lieu que celui de Jésus- Christ continue même dans le Ciel ; et c'est de celui-ci que nous parlons à présent.

Outre cette sanctification ou consécration, Jésus-Christ est encore consacré à son Père, à litre de premier-né. Les autres [)remiersnés étaient rachetés , parce qu'étant pé-

cheurs, ils étaient indignes d'être sacrifiés à Dieu, et irréguliers pour le sacrifice: mais Jésus-Christ ne peut pas être racheté comme les autres enfants en qualité de premier-né, étant propre au sacrifice, et destiné parla volonté de son Père à servir d'hostie et de victime pour la réconciliation du monde. Car il est bien vrai que le Fils de Dieu doit accomj)lir la loi , non pas en figure, comme les autres , mais dans la vérité ; de sorte qu'il n'est pas obligé de donner au Temple un agneau pour se racheter lui-même, mais d'offrir son propre corps, figuré par l'agneau , pour racheter son peuple.

Le Fils de Dieu , aussitôt qu'il est incarné, connaissnnt que c'est la volonté du Père Eternel qu'il tienne la y)lace et qu'il soit la vérité de toutes les victimes qui étaient immolées durant l'ancienne loi, se trouve àl'entri'e du Tabernacle, et ce Tabernacle est le sein de Dieu même. Car selon l'explication des Pères, le Tabernacle de l'ancienne loi était la figure du sein du Père Eternel: d'où vient que Saint Paul l'appelle Sanctum secuîare, Héb. 9. un Sanctuaire et un Tabernacle terrestre et temporel , pour le distinguer de l'autre, qui est Tabernaculum

œternum f un Tabernacle et un Sanctuaire éternel. Le Fils de Dieu par son incarnation se [)laça donc à l'entrée de ce Tabernacle et de ce sanctuaire éternel de Dieu. Il y était dans l'intérieur par sa substance divine; mais par son humanité il se mit en quelque sorte hors du sein de Dieu, et ct)mme à l'entrée du Tabernacle, puisque sa substance humaine était renfermée dans le sein de la Vierge.

Là, comme la victime du sacrifice légal, Jésus-Christ s'est sanctifié non seulement en sa naissance, mais même avant sa naissance. Car ne lisons-nous pas que l'Ange dit à la Vierge : Quod nascetur ex te sanctum : Luc. 1.35. Le fruit saint qui naîtra de vous; Quod in eâ natum est y de Spiritu sancto est. Math. 1 . 20. Ce qui est né dans elle a été formé du Saint-Esprit : supposant par ces paroles qu'il est plutôt saint qu'il n'est né. Or il est saint premièrement en qualité de premier-né du Père Eternel et de la Vierge. Nous savons que la loi commandait que tous les premiers-nés fussent sanctifiés : c'est pourquoi le Fils de Dieu l'est en cette qualité. De plus il est sanctifié par la sainteté de son Père : car la sanctification des autres enfants pre-

miers-nés ne leur était pas donnée de la part de \d mère , mais de la part du père. Enfin la sanchlication des victimes légales se faisait par l'imposition des mains accompagnée de cerîaines prières. Or le Père Eiernel dans ce mystère sanctifia pour soi et se consacra singulièrement le corps de Jésus-Christ.

Comme il n'a point de mains , il n'en prit pas aussi possession par l'imposition des mains; mais il le fit par toute sa substance à laquelle l'humanité de Jésus-Christ fut unie , en sorte qu'elle fut possédée parHoute la substance du Père Eternel. Au lieu des paroles dont on se servait encore pour sanctifier les viciiines, le Père Eternel a sanctifié cette humanité non pas par quelques paroles liumaines, mais par toute l'étendue de son Verbe, qui est sa parole éternelle. C'est ainsi que le Fils de Dieu a été .«anciifié dès lo premier moment de son incarnation , où il a reçu son corps comme une victime sanctifiée à Dieu : Corpus autem aptasti mihi ; et au jour de sa mort, il a marqué et renouvelé cette sanctification par ces paroles qu'il adressa à sou Père : Je me sanctifie moi-même pour eux. Pro eis ego sanctifico meipsum, Joan.

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