‹ L'idée du sacerdoceChapitre 30 sur 47 · XVII. De VOhlation de Jésus-Christ · texte numérisé non relu

XVII. De VOhlation de Jésus-Christ

Pour le second point, qui est l'Oblation, elle s'est faite aussi dès le premier moment de rrncarnation. Jésus-Christ voyant que la justice de Dieu ne pouvait être satisfaite par les sacrifices des animaux offerts dans l'ancienne loi , et connaissant parfaitement la volonté de son Père, qui ne lui avait donné un corps que pour être sa véritable victime substituée en la place des anciennes, il lui adressa ces paroles : Vous m'avez formé un corps ; alors j'ai dit : Me voici , je viens pour faire, mon Dieu, votre volonté. Hébr. 10. 5. 9. Car selon ce texte de Saint Paul, Jésus- Christ s'offre à Dieu en sacrifice, en la place des sacrifices anciens. Voilà donc l'oblation commencée ; oblation qui dure toujours , oblation permanente et éternelle, par laquelle dès ce moment de l'Incarnation le Fiis de Dieu s'offre à son Père, et s'offre en qualité d'hostie, pour être un jour immolé en son honneur. Ce que Saint Paul nous représente par ces paroles : Me voici, je viens pour faire , mon Dieu , votre volonté. Ecce venio , ut faciam, Deus , voluntatem tuam,

Par ces paroles le Fils de Dieu nous enseigne ce que nous avons dit dès le comiiiencemeni de ce discours , que le sacrifice était le premier devoir de la créature envers Dieu et le premier acte de religion ; Jésus-Christ seul, à proprement parler, le pouvait offrir à son Père. Quoique tous les hommes fussent obliges de s'offrira Dieu en quaUié d'hostie pour lui être sacrifiés , néanmoins ils ne pouvaient pas s'acquitter de ce devoir , le péché les ayant rendus impurs et irréguliers. Et parce que le péché des hommes avait comme infecté toutes les créatures et étendu sur elles sa malédiction, non seulement les hommes, mais les animaux mêmes ne pouvaient pas être offerts : impurs , ils étaient impropres au sacrifice , et indignes d'être offerts à Dieu.

De sorte que dans tous les siècles qui ont précédé Jésus-Christ , toute la nature fût demeurée dans l'impuissance de témoigner sa reconnaissance à son créateur , par ce premier devoir de religion, qui est le sacrifice, si Dieu n'eût choisi quelques animaux, qu'il voulut que l'on regardât comme figures de son Fils, et qu'il voulut bien qu'on lui offrît en celle qualité. Car ayant quelque

signe ou vestige du Fils de Dieu, et le reprcseniani en quelque chose, ils avaient en cela une sainteté figurative, qui les faisait appeler des animaux purs. Ils étaient par ce moyen relevés de l'irrégularité , et ensuite offerts en la place des hommes. Les autres animaux, qui demeuraient impurs pour le sacrifice, on les rachetait aussi bien que les hommes : Asinum redîmes ove , vous rachèterez l'âne par une brebis; autrement on les tuait , non en sacrifice pour honorer Dieu, mais seulement pour leur faire perdre la vie.

XVII ï. Pourquoi on offrait les premiersnés à Bien.

J'ai dit que le Fils de Dieu a été sacrifié et offert à Dieu dès le moment de son incarnation , comme premier-né. Il sera bon de dire quelque chose des raisons pour lesquelles Dieu avait voulu autrefois qu'on lui offrît les premiers-nés. Long-temps avant la loi, les premiers-nés étaient en considération devant Dieu. Il est certain qu'Abraham reçut le commandement de lui offrir son premier-né en sacrifice : Prenez votre fils unique, votre Isaac , que vous aimez, et allez en

la terre de la vision , et là vous l'offrirez en liolocauste. Toile filium tuum unigenituni , quem diligis , Isaac , et vade in, terram visi- Oiiis , atque ihi offeres ciim in holocaustum, Gen. 2. 2. Mais long-iemps auparavant, les premiers- nés étaient offerts à Dieu. Quelques-uns même ont dit que les aines étaient Prêtres. Ce droit n'était pas autrefois réservé aux seuls aînés ; car Abel était Prêtre, puisqu'il sacrifiait, et néanmoins il n'était pas l'aîné.

Le premier commandement exprès d'offrir le premier-né a été fait à Abraham , et c'est lui aussi à qui Jésus-Christ a été promis en cette considération : comme si Dieu lui eût dit : parce que vous m'avez donné votre Fils , je vous donnerai le mien. Dieu voulait donner son Fils non seulement premier-né, mais unique; car il a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique, Joan. 3. IG. Et c'est pour cela qu'il demandait tous les aînés. Voila la première raison.

La seconde, c'est que Dieu demandait tous les aînés comme (-igures de son Fils incarné, qui devait seul être sa victime ; et c'était en l'honneur de ce Fils , et pour en eniretenir

la mémoire et l'espérance par ce signe prophétique, que Dieu demandait que tous les aînés lui fussent offerts. En attendant donc la venue de Jésus-Clirist tous les aines étaient offerts h Dieu ; mais comme ils étaient impurs par le f)éché et par conséquent irréguliers pour le sacrifice , et que d'ailleurs Dieu ne voulait point des sacrifices d'hommes , en offrant l'aîné , on offrait en même temps un agneau pour être sacrifié en sa [)lace.

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