‹ L'idée du sacerdoceChapitre 32 sur 47 · XX. I)e la consomption dans le sacrifice de Je sus -Christ · texte numérisé non relu

XX. I)e la consomption dans le sacrifice de Je sus -Christ

Pour le quatrième point, la consomption du sacrifice, c'est-à-dire du Corps du Fils de Dieu en son humanité, a été laite non pas par le feu, mais en la vérité et par la gloire de Dieu ; vérité et gloire, qui sont la réalité de ce que représentait ce feu, qui consumait les victimes , et consommait les sacrifices anciens.

Les Juifs savaient fort bien que la victime devait être consumée en la plus digne manière qu'il se pouvait faire. C'est pourquoi (outre l'ordre qu'ils en avaient reçu de Dieu) ils la consumaient par le feu; parce qu'ils avaient vu que le feu était la figure dont Dieu se couvrait, lorsqu'il leur apparaissait dans une colonne de nuée de feu. Aussi Moïse leur disait : Notre Dieu est un feu dévorant, Beus noster ignis consumens est. Mais cette figure est accomplie véritablement en la consommation ou consomption du corps de Jésus-Christ : car celle victime-

est consommée en la vérité de Dieu figurée par ce feu. Si vous me demandez ce qui restait de ce corps immolé en la Croix, après la destruction de sa vie humaine , pour être consumé, comme il restait quelque chose des sacrifices anciens; je vous dirai que c'est l'organisation du corps d'Adam, tout ce qu'il avait de bas et de terrestre et la ressemblance de la chair du péché.

La consommation, consomption, et inflammation du Corps de Jésus-Christ comme victime s'est donc faite en sa résurrection. Resurrexit per gloriam Patris : 11 a été ressuscité par ce feu divin de la gloire du Père, qui a consommé tout ce qui était indigne de Dieu dans le corps de Jésus-Christ, Car l'inflammation, comme il a été dit, se faisait pour cette raison , que la victime doit être comme changée et transformée en Dieu. 11 n'y avait rien dans la nature qui pût mieux représenter cela dans les sacrifices de la loi, que le feu, qui est rimac;e de Dieu. Mais l'inflammation du sacrifice de la loi nouvelle, qui est sans comparaison plus parfaite , et n'est plus en figure, mais en vérité, s'est faite de telle sorte que la victime n'est pas changée seulement en la représentation de

— SI — Dieu, mais est comme changée en Dieu même, sans rien perdre néaimioins de la nature humaine. C'est en la résurrection que celle sacrée victime , Jésus-Christ , est dégagée de tout ce qu'elle avait de terrestre et de vil ; est toute revêtue et -toute f)énétrée d'une gloire telle qu'elle convient au Fils unique du Père; est donnée à Dieu, mise dans le sein de Dieu même en un état tout divin, selon ces expressions un peu fortes, mais néanmoins très-véritables de Saint Ambroise et de Saint Augustin : Totus Deus, il est tout Dieu. Tune secundùm carnem homo ; nunc fer omnia Deus. Autrefois homme selon la chair , il est maintenant Dieu en tout.

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