‹ L'idée du sacerdoceChapitre 39 sur 47 · XXXIV. Jésus- Christ dans l'Eucharistie · texte numérisé non relu

XXXIV. Jésus- Christ dans l'Eucharistie

est vivant, glorieux et produit dans le

sein et par la vertu du Père.

La communion de cette victime se fait donc aussi à la Messe, où ce même Fils, qui est dans le sein de son Père, est reçu de nous dans le Saint Sacrement. Il y est glorieux et vivant, non plus de la vie qu'il avait

prise de sa Mère sur la lerre , mais de la vie nouvelle que son Père lui a donnée dans le Ciel , et qui porte exclusion de l'autre : si bien que nous pouvons dire que Jésus- Christ, tout vivant qu'il est dans le Saint Sacrement , y est mort en ce sens qui! n'a plus la vie qu'il avait sur la terre , mais une autre beaucoup plus noble et plus sainte, que son Père lui a donnée dans son sein en le ressuscitant. De cette demeure de Jésus dans le sein de son Père , il résulte ^ue les , Prêtres consacrent dans le sein du Père Eternel, et qu'ils produisent Jésus-Christ par la même action et par la même vertu par laquelle son Père l'a ressuscité.

La première proposition est évidente :

car le Fils de Dieu ne sort plus du sein de son Père , et puisqu'il est dans sa gloire sur nos Autels , où il est rendu véritablement et réellement présent par la consécration, quoique sacrameniellement, c'est-à-dire, sous les apparences du pain et du vin, il faut nécessairement qu'il y soit dans le sein de son Père, qui est le séjour de sa gloire et l'origine de sa vie immortelle, et ce sein adorable du Père est partout où est son Fils immortel et glorieux.

La seconde proposition est claire ; parce que nous le produisons comme instrument , et que la vertu de l'instrument n'est point différente de celle de sa cause principale. Or c'est celte vertu du Père, ressuscitant Jésus- Christ, et le faisant entrer glorieux dans son sein , qui le fait être en ce même état partout où il est : il faut donc que le Prêtre qui le produit, le produise par cette vertu, et le produise dans le sein du Père Eternel. Et cette proposition ne doit choquer personne ; parce que le sein du Père n'est point attaché à un lieu, et que partout où est le Père Eternel , il y est produisant son Fils , et le produisant dans son propre sein ; et par conséquent ce sein est aussi partout où ce Fils est produit. On ne peut pas dire réciproquement que Jésus-Christ soit sacrameniellement dans le sein de son Père. Car il n'est sacramenieilement que sous les apparences du pain et du vin par la consécration, si bien que où les espèces ne se trouvent pas , il n'y est pas sacramentellement , quoiqu'il y soit réellement : c'est pourquoi les espèces n'étant pas au sein da Père, il n'y est pas sacramentellemeat.

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iCXXV. Nul sacrifice de propitiation qut

celui de Jésus -Christ.

11 n'y avait point proprement de sacrifices de propitiation dans l'ancienne loi, quoiqu'il y en ait d'appelés de ce nom dans les Ecritures Saintes. Au chap. 13. du Prophète ïsaïe, Dieu appelle les minisires de sa colère et de sa fureur , ses sanctifiés , bien que ce fussent des pécheurs, qui par conséquent n'étaient pas sanctifiés en eux-mêmes, mais servaient à la sanciification de Dieu dans ceux qu'il purifiait par la peine : Mandavi sanctificalis meis , et vocavi fortes ineos in ira meâ. Isnïe, 13. 3. Ainsi les sacrifices anciens étaient des sacrifices de colère; et si Dieu les appelle quelquefois sacrifices de propitiation , c'est qu'ils le sont non dans la Tictime, mais en Dieu; c'est-à-dire que Dieu se co[H{)laisarit en lui-même, veut que les pécliés des hommes soient effacés, et que tout ce q(ji lui est contraire soit détruit : et il lui plaît de faire paraître en cela sa sainteté, sa propitiation et sa miséricorde.

Le seul et véritable sacrifice est celui de Jésus-Christ, parce qu'il n'y a que lui seul

qui puisse être sacrifié à Dieu. Sacrifice si parfait, que chaque partie de ce sacrifice est un sacrifice parfait et accompli , dons lequel on peut remarquer toutes les conditions nécessaires à un sacrifice. Cela se peut montrer clairement au sacrifice de la Croix et au sacrifice de la Messe, qui sont des sacrifices véritables et parfaits, quoiqu'en même temps ils fassent l'un et l'autre partie du sacrifice complet de Notre Seigneur, dans lequel le sacrifice de la croix est l'immolation de la victime , et la Messe en est la communion, comme nous l'avons expliqué ci-dessus.

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