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XXXIX. Les différentes far lies du Sacrifice dans la Messe

On peut encore plus facilementrcmarquer dans la Messe toutes les conditons d'un vrai et parfsit sacrifice. La j)remière, qui est la sanctification et la consécration , y est bien claire; puisque c'est le même corps de Jésus- Christ sanctifié et consacré dès le moment de l'Incarnation , et qui pur la Résurrection est encore sanctifié et consacré à Dieu d'une autre manière plus parfaite, étant dans un état plus saint, plus dégagé des imperfections de la chair, et plus approprié à Dieu.

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La seconde partie , qui est l'oblaiion , se décoîivre dans un texte de l'Epître de Saint Paul aux Hébreux : Le Fils de Dieu entrant dans le monde , dit : vous n'avez point voulu d'hostie ni d'oblation ; mais vous m'avez formé un corps. Alors j'ai dit : Me voici , je viens, selon qu'il est écrit de moi dans le livre t pour faire, mon Dieu, votre volonté. Il abolit ces premiers sacrifices, pour étahlir le second, Christus iiigrcdicns mundura dicil: Hosfiam et ohlalionem noluisti : corpus autem apfasti mihij tune dixi: ecce venio, ut faciam, Deus, voluntatem tuam. Aufert primum, ut sequens statuât : in qud voluntate sanctificati sumus per oblationem Jesu Christi semel. Héb. 10. En ce iCNîe nous trouvons une oblaiion de Jésus-Christ entrant au monde, et une oblaiion qui est sacrifice, et un sacrifice subs'iitué en la place des sacrifices anciens. Or cette oblaiion de Jésus-Christ est faite une seule fois , et par conséquent c'est une oblaiion permanente, qui (iure toujours, en sorte que toutes les oblations, qui se remarquent dans les divers états de la vie du Fils de Dien » ne sont qu'une même oblaiion, et qu'il n'y a jamais eu qu'une seule oblaiion du corps de Jcsus-Chrisl : oblaiion

qui s'est faite dans le sein de sa très-Sainte AJèie, dès le premier moment de son Incarnation , qui s'est réitérée et manifestée au temple, qui a été parfaite en la Croix, qui se continue dans la Messe, et qui sera éternellement dans le ciel : c'est , dis-je , la môme oblation ; mais avec cette différence, qu'en rincarnaiion cette oblation est cachée dans la Vierge , au temple elle est couverte de l'enfance , en la Croix elle est voilée d'un meurtre, en la Messe elle est revêtue des signes, et au ciel elle est sans voile, sans signes et dans la gloire.

Si donc en la Messe il se trouve une oblation du corps de Jésus-Christ, cette oblation sera sacrifice : car selon Saint Paul il n'y a qu'une seule oblation qui est sacrifice : or on peut trouver facilement qu'il y a oblation de Jésus-Christ en la Messe , si on considère les paroles dites par Jésus-Christ, au rapport des Evangélistes : Hoc est corpus meum, quod pro vobis datur : Ceci est mon corps , qui est donne pour vous. Voilà évidemment une oblation du corps de Jésus- Christ , faite non ans Apôtres , mais à Dieu pour les Apôtres. De même dans ces autres paroles de Jésus-Christ : Hic estcalix novum

Testamentutn in sanguine meOj qui pro vobis fundetur ; Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang, lequel calice sera répandu pour vous ; ou selon le grec gui est répandu. Voilà un sang répandu présentement pour les Apôtres en la rémission des péchés. Voilà une elîusion de sang qui précède celle de la Croix.

Vous voyez en ces paroles qu'il y a deux donations du corps de Jésus-(!lirisi : l'une à Dieu pour le monde, quod pro vobis datuVy qui est donné pour vous; l'autre au monde pour Dieu, Accipitef etc. prenez et recevez. La première est le sacrifue ; l'autre est la communion du sacrifice. Ilemarquez déplus dans ces paroles des Evangélistes , tous termes de sacrifice. L'oblaiion est même bien plus expresse dvms la Messe que sur la Croix, car en la (>roix elle ne paraît poiiit, et vous ne lisez nulle part dans les écrits des Evangélistes que Jésus-Christ se soit oiïert en la Croix : au contraire vous n'y voyez qu'un homicide ei qu'un sacrilège , et cette oblaiion y est couverte du ujeurire horrible d'un honmie crucifié : il n'y a que Saint Paul qui depuis nous ait enseigné celte oblaiion que Jcsus-Chrisi a faite de lui-

même à la Croix ; an lieu que dans le mystère de la Messe, Jésus-(]lirisl dit lui-même Irès-clairemeni qu'il est offert présentement pour ses Apôtres et pour [)lusieurs.

Il j a donc oblation du corps de Jésus- Christ en In Mosse î^t oblation réelle, quoique enchée sous les sif^nps. Dans l'ancienne loi il n'y avait rien que figures sans vérité ; m.ais d>ns la loi nouvelle, les vérités sont jointes aux fi^rures ; et les fij^ures que nous y avons ne sont [)as des fij^iires vides, mais des figures remplies de la vérité.

L'immolation se trouve aussi dans la Messe : car Jésus-Christ v est immolé, non pas d'une manière sanglante; mais d'une immolation sacramentelle et mystérieuse.

Je dis de plus que la résurrection contient la mort de Jésus-Christ comme déjà accomplie et parfaite. Pour entendre ceci il faut se souvenir de ce que noiis avons déjà remarqué plusieurs fois, qu'en .lésus-Christ il y avait detix vies : une vie naturelle et animale, qu'il avait reçue de la Vierge, et c'est celle vie qu'il a perdue sur la Ooix ; uneaiitre vie par l'union hypostalique et l.i venu du Verbe, dont la présence intime

donnait au corps et à l'âme , qui lui étaient joints en unité de personiie , ie droit de vivre de la vie divine du Fils de Dieu ; vie glorieuse , qu'il devait avoir dès le moment de son Incarnation , mais dont son corps a été privé durant sa vie sur la terre. Il n'a commencé d'en jouir qu'en sa résurrection ; mais alors il e.^t resté à jamais privé delà vie humaine, telle qu*i! l'avait vivant sur la terre, et qu'il l'a perdue sur la Croix. Je dis qu'il en est demeuré privé : parce qu'il a une vraie [)rivaîion de cette vie humaine étant toujours par sa nature susceptible de cetîe sorte de vie. Par celte raison, il est vraiment dans la Messe l'Agneau mis à mort : Agnua occisus ; et nous pouvons dire que Jésus Christ est en état de mort dans le Saint Sacrement, parce qu'il n'a plus la vie qu'il avait sur la terre, outre l'apparence de mort dont parlent les théologiens et qui consiste en ce qu'il ne fait auciine action extérieure de vie ni aucun usage de ses sens et de son corps.

On irinive aussi dans la ^îesse l'inflammation du sacrifice véritable : car le Fils de Dieu y est glorieux et ressuscité. Et quoiqu'il y soit comme uue viciimo immolée, le

sacrifice demandant la mort ou la destruction de la viciioie, cela n'empêche pas qu'il n'y soil glorieux et ressuscité. Or comme son éiai ressuscité coniieni rinfjamtnanon selon la vérité, ainsi que nous avons fait voir, il faut conclure qu'en la Messe il y a inflnmmaiion. Jcsus-Chrisi s'y donne tout entier, comme victime, et l'inllammaiion consume et perfecîionjie tout, sans y rien détruire ni consumer do l'inléf^riié de son corps: ce qtii ne se trouvait pas au sacrifice de l'ancienne Loi , qui était imparfait et défectueux en cela et en beaucoup d'autres choses. Enfin la communion est manifeste dans le sacrifice de la Messe. Dieu y communie à .lésus-Christ, parce que Jésus- Christ y est glorieux et ressuscité : car, comme nous avons dit, l'inflanimation s'y trouve, et par conséquent la communion de Dieu. La communion du Prêtre et du j^euple n'y est f)as moins évidente ; car dans la IMesse le Fils de Dieu y est tout pour nous ; Accipite et manducate : Prenez et mangez. Nous l'y recevons, nous l'y mangeons, il est proposé à tous, et le Saint Sacrement est même réservé pour la communion des fidèles qui veulent le recevoir.

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