‹ L'idée du sacerdoceChapitre 6 sur 47 · V. Le Médiateur a dû mourir dans noire chair · texte numérisé non relu

V. Le Médiateur a dû mourir dans noire chair

La victime que ce Poniife avait à offrir pour les péchés n'est autre chose que sa proj)re chair , qu'il a tirée de nous , afin de l'offrir pour nous. Car, comme dit l'Apôtre, il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. Hébr, 10. 4. Et c'est aSn de suppléer à l'inutihié et à l'impuissance de ces victimes charnelles, que Dieu a envoyé son Fils au monde , et qu'il l'a revêtu d'un corps passible , moitel et capable de lui être offert par voie d'immolation et de mort, II le lui fit connaître dès le moment de son incarnation et de son entrée dans le monde, lui déclarant qu'il destinait son corps et sa chair à être la victime , par l'oblation de laquelle il voulait purifier les cœurs des œuvres mortes du péché, pour servir le Dieu vivant. Là-dessus ce Fils bien-aimé , se soumettant à la volonté de Dieu son Père, s'offrit à lui dès ce même moment pour faire sa volonté et pour accomplir et consommer par l'unique oblaiion de son corps , ce que la multitude des victimes précédentes avait figuré et promis, mais n'avait pu donner.

yi. Jésus-ChriH seul est capable d'être notre Médiateur.

Qui n'admirera combien ce dessein de Dieu est plein de sagesse, combien il est propre et efficace pour la jusiiFicaiion des pécheurs? Saint Augustin nous l'apprend, lorsqu'il dit : a Le vrai sacrifice ne peut être » dignement offert que par un Prêtre qui » soit juste, saint et innocent; ce qu'on offre » doit être pris d'entre ceux pour lesquels D on l'offre, et être sans vice, afin qu'il D puisse purifier ceux qui sontengagés dans » le péché. Or y a-t-il un Prêtre aussi saint D et aussi juste que le Fils unique de Dieu ? » Où en trouver un qui n'ait pas besoin » d'être lui-même purifié , par le sacrifice, » de ses péchés, soit de celui que l'oit » contracte par ]a naissance , soit de ceux » que l'on ajoute durant la vie? Que pourj) rail-on prendre plus raisonnablement des » hommes, afin de l'offrir en leur faveur, » que la chair d'un homme? Quoi de plus » propre à êire immolé qu'une chair mor- )i telle? Est-il rien de si pur, pour purifier » l'homme de sa corruption, qu'une chair » née dans le sein d'une Vierge, sans avoir

» rien contracté de la concupiscence de la )) chair? Imaginez une oblation qui soit » aussi agréable, aussi favorablement reçue » que la chair de notre sacrifice , laquelle » est le corps même de notre Prêire? Parce D qu'il y a quatre choses à consiflérer dans i> tout sacrifice , celui à qui on l'offre , celui » par qui il est offert, ceux pour qui il est j!) offert, et la chose même qui est offerte , » notre unique et véritable Médiateur , qui » nous réconcilie avec Dieu par le sacrifice » pacifique , demeure une même chose avec j) celui à qui il sacrifie , rend ceux pour qui )) il sacrifie une même chose avec lui et en » lui , devient lui-même et le Prêtre qui » sacrifie, et la victime sacrifiée. » Verum sacrificium non potest rite offerri nisi per Sacerdotem sanctum et jiistum; nec nisi ah eis accipiatur quod offert ur , pro quitus offerlur; atque id sine vitio sit , ut pro vitiosîs mundandis possit offerri. Hoc certè omnes cupiunt, qui pro se offerri sacrificium Deo volunt. Quis ergô tàmjustus et sanctus Sacerdos quàm unicus Filius Dei , qui non opas haberet per sacrificium sua purgare peccatay nec originalia , nec ex humand vilâ quœ addunturt Et quid tàm congruenter ab homi-'

nîbiis sumcrctur quod pro cis offerrctur , quàm humana carol Etquid tàm opium huic immola ti on i , quàm caro mortalisi Et quid tàm mundum pro mundandis vitiis moi lalium , quàm sine xdki contanlone carnalis concupiscenliœ caro nala in utero cl ex utero virginali ? Et quid làm qratè offerri et suscipi posset. quàm caro sacrijicii noslri corpus el;ectu?n Sacerdotis nostri"! ut quoniam quatuor ccnsiderantur iti omni sacriflcio ; oui offeratur y à quo o/feratur , quod o/fcratur , ])ro quitus o/feraîur ; idem ipse unus verusque Mediafor per sacriftcium pacis reconcilians nos Deo , unum cum iHo maneret cul ojferehat , unum in se faccret pro quihus offerebat , ufius ipse esset qui offercbat , et quod ojjerebat. Lib. 4. de Trin. c. 14.

YIÏ. Jésus-Christ seul la vraie victime.

Nous pouvons apprendre de ce merveilleux discours de Saint Augustin, cinq conditions que doit avoir la victime de notre Médiateur. (]e doit être 1" Une chair ; 2^ Une cliair humaine ; 3" Une chair niorielle ; 4^ Une chair née d'une Vierge ; 5' Une chair qui soit faite le propre Corps do notre Soigneur,

Ce doit être une chair, fîour ôtre offerte; une chair humajnc prise des hommes, pour être offerte pour les " hommes ; une chair mortelle , pour eire offerte {)ar voie de mort; une chair née d'une Vierge, pour être sans tache et sans corruption ; et une chair qui soit le corps même du Fils de Dieu , pour être agréable à Dieu , et pour réduire toutes les choses à une parfaite unité. Car par un effet de cet enchaînement mystérieux, celui qui sacrifie est une même chose avec Dieu, et par sa chair il est une même chair avec les hommes , par cette môme chair il est une même chose avec la victime qu'il sacrifie, enfin par Toblation et le sacrifice qu'il fait de sa victime , elle devient une même chose avec Dieu, en nous réconciliant à lui, et nous I^it une même chose les uns avec les autres et avec lui , en nous réconciliant dans l'unité de son corps, qui est le corps du Fils de Dieu.

YIII. Les sacrifices anciens ne sont rien que par rapport à Jésus -Christ,

Il suit de là que , depuis le péché d'Adam jusqu'à la consommation des siècles, non

seulement il n'y a jamais eu , et il n'y aura jamais qu'une vraie victime expialrice des péchés des hommes, et ajjréable à Dieu par elle-même ; mais de plus qu'il n'y a jamais eu qu'une seule victime , ni cju'un seul vrai sacrifice qui lui ait été oITert en tous les temps et dans tous les lieux de l'univers. Si avant que ce grand Prêtre eût paru au monde en s'offrant lui-même pour victime, on a offert en sacrifice des animaux; ces sacrifices n'étaient ni commandés de Dieu , ni offerts à Dieu , ni acceptés et reçus de lui qu'en tant qu'ils promettaient, prédisaient et représentaient cet unique et sinxjulier sacrifice, par lequel Dieu devait être apaisé : ils n'étaient sacrifices que par rapport et par analogie à celui-là, ou plutôt ils ne faisaient qu'un seul sacrifice avec celui de Jésus-Christ.

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