‹ L'Idée évolutive; [fragments d'œuvres & commentairesChapitre 14 sur 16 · DU « VŒU DE VIVRE · texte numérisé non relu

DU « VŒU DE VIVRE

— Volume III (D

et tournoient les grolles

croassant, les grands corvidés monogames sur les terroirs, terres planes ou d'arêtes heurtamment solitaires retournées et des versoirs luisant, errants d'où émigrent les rats aux nids troués : .

couvrailies tout terminées, les deux Fils vagues — tandis qu'aux Jougs, étroitement

d'épars troupeaux d'aumailles d'autre part roulent aux routes des soirs roidis — amènent à l'orée la herse et détèlent les Bovins épaissis de nuit, regardant par côté l'œuvre pleine,

cette Terre, leur part de plein humus dont les Bords de vie, pantèlent et en quoi, aux genoux ils entraient vers leur But ainsi qu'aux tressaillements

crus! de vulve en rut...

Au large des horizons ternes un seul Fleuve dirait-on, est sorti de son lit en traînant par des hameaux de nuées et par des sites célestes des terrains en amas sans limites

(1) Le ViKU DE Vivre, livre IV de DIRE DU MIEUX, première partie de Œuvre.

d'alluvions d'immémoirc, d'où n'errent aux loins comme tenus d'un seul pivotant lien, que vains porteurs de limoneuses Frondaisons — en veuve étendue de soir stagnant et même où meuve en inquiets appels, la seule quête des corvidés monogames en nuits tailladés...

et,

couleur de soleils éteints les patrimoines s'étendent, travaillés et remplis : au trésor qui germe, de grain lourd sont d'un temps

les Avoines d'hiver — et les Blés durs à vaste poings de Fort bruit de grêle très-alme éparèrent aux soirs doux et nueux d'une moiteur, des pleins Terroirs : les Froments, dont le grain se dénude aux dentures aiguës des Batteuses d'été, et aussi les Epeautres levant au sol le plus arsi — et dans le lieu propre des plantes qui nettoient d'antan : les épaissis Maïs dont sont en août castrés les épis à Fleurs mâles, et les lourdes Betteraves tuant d'ample appétit les sourdes et inutiles végétatives, et les pommes de terre qui luxurient — dans le lieu propre des plantes qui mort-nettoient

les Blés cette année, auroreront du sang qu'ils détiennent quand sous leurs dents les Hommes l'agglutineront:

et d'autres seuls terroirs dont les vertus adviennent communiant de l'air et l'azotique agqut des pluies, et du gel vorateur — atermoient tçlles vertus de lourd produire, quand iron^

à nouveau les versoirs large ailés plus muantes des sels en mouvement sous l'initiateur printemps! dont Fondement d'atomes en lenteur tend et nue les lumières tumultuantes...

Espoir du patrimoine, les deux Fils qui par côté regardent Tœuvre aux soins du Temps,

tranquilles se sont mis à la suite des Bovins grandis de la nuit, roulant aux routes des soirs roidis leur songe des Foins qu'ils ruminent aux vigiles.

Eux aussi mangeront près du Père, silents et ainsi qu'à remplir un devoir — et que servent la Mère et les deux Brus distantes d'eux, piquant aux plats la part de tout manger qu'ils leurs réservent et passent,

durant que de lents gestes allants elles appâtent les Petits distraits, à l'œuvre d'un moulin tout ailant d'ailes, pour la manœuvre de quoi il s'agirait en longtemps pratiquant de rond trouer une noix ronde

oh ! tant de peine qu'ils en tirent la langue que guette l'arquant Minet, doux-disent les mères dont la voix traîne...

Or,

quoique moins que dans Jadis

(car, se souvient

le Hameau, de politiques et de Témute

de leurs votes d'antan qui n'ouvrait plus la hutte

à la hutte parente, et les antiques liens

aux nœuds de mutuels Besoins demandeurs d'aide

brisait...)

la Veillée pourtant visite la Veillée — où hautes les voix rumorent, ou rient doux, des gars aux Filles dont les ans s'apparient — pendant que sous les doigts les noix d'huile se trient et grêlent les maïs et pendent-virent à la quenouille les longs Fuseaux qui industrient... .

... ahl vire-va. Fuseau qui sais matin et nuit à n'être seule !

lors que mes Yeux sont aux essais ah ! vire-va, Fuseau qui sais — et pour le drap aux doux regrets ainsi qu'aux doigts de mon aïeule ah I vire-va. Fuseau qui sais matin et nuit à n'être seule...

ah ! vire-va, mon doux Fuseau qui sais la nuit où il prit vie l mon ventre sent un vol d'oiseau :

ah ! vire-va, mon doux Fuseau et travaillons en rires au très-doux lange de mon envie :

ah! vire-va, mon doux Fuseau qui sais la nuit où il prit vie...

ah! vire-va. Fuseau du soir!

àh! vire-lent aux soirs d'éteules...

quand reste pur le pur miroir ahl vire-va, Fuseau du soir

œuvrant le drap de nul espoir que s'apprêtèrent mes aïeules :

ah ! vire-va, Fuseau du soir I ah 1 vire-lent aux soirs d'éteules...

Claire est la nuit, ont dit les Venants — aiguë au Fil de la Faulx du vent par le travers du haut Ciel, dont les nues s'en sont allées...

et dures mat,

craquent les noix sous les doigts durs, et nûment coulent les maïs d'or luminant les Froidures — lors que d'auprès de Tâtre itérant long l'envol des Flammes aux plus lointains Assis, lutte en mol entour de volutes et en détours, doux lutte et noue-dénoue l'onde de Tut,- la Flûte :

... et (à allants pas lents vont les mariés) nous déroulerons lonc^mps nos gestes à la lune tant (à allants pas lents vont les mariés) qu'une même aventure ira votive, d*astres doux...

et se mirent en danse droite, en une émute gaie de doux troupeau de lait. Filles et gas qui se tiraient les doigts sans Bague: à marquant pas court et roidi, sautant des pointes et des

cuisses houlant, et du talon tapant et appelant — des Flammes vives aux Blouses roides, passées passantes les Filles, et dans guirlandes ! vint et alla l'allant-venant quadrille, et à lisses mains,.,

Mais le Baiser donné de rires {ira irait-il,

contre ire et rire qui luttera de lutterie, et rie !) — et quand Filles lassées et doux Amants s'assirent, las : dans le lointain de soirs songeurs des Flammes transparentes, et sous Tordre de maint entre-vous des poutres d'un chêne entier, d'où luent mat horizontaux et seuls, les soleils-nuits des poêles larges — ah I toute la nostalgie des Jours,

(coule, ô Fons 1 pour nulle boire, pour nulle lèvre dans ton onde l)

des Jours où ne houle

de doute la lumière, à des Fleurs tout ardeurs qui s'annule 1 que du nuage qu'un Feu de pâtre déroule au Jour,

en le vallon d'où ne monte d'émute —

ah ! toute ! et tant molle de Joie,

par la Flûte chanta':

que se mirent l'Aïeul ailant le geste autour de la tête, et deux doigts aux, plis du devantier une des vieilles-Femmes,

saluant l'entour se mirent à danser le Bal, quand printanier chantait l'amour, le Bal d'un pied léger et lourd...

— n'êtes-vous pas la Belle (ô guète au gué !) et la Belle aux atours qui vîntes sur ma route — ô guète au gué si passent mçs amours...

il m'en souvient un peu (ô guète au gué 1) de Tair de ses pipeaux et du pâtre des soirs — ô guète au gué où passent ses troupeaux...

à votre gorge et gorgerette n'allait-il d'oiseau se meurtrir pareil à mon envie (ô guète au gué !) d'un Baiser à mourir...

en le nid de mes seins (ô guète au gué !) le grêle oiseau n'est mort ni l'aile neuve et tant tendrette de ton amour transi de nord...

n'irons-nous plus, la Belle (ô guète au gué !) et la Belle aux atours nous attendre à la route — ô guète au gué si passent mes amours...

la route est aux passants (ô guète au gué !) et l'air de ses pipeaux ne le sait plus le pâtre — ô guète au gué que rentrent les troupeaux!...

et, voilà — de vaste nuit! que s'ouvre la porte et tandis que se ploie à l'huis .

béant, la Faulx tressaillie du vent, qu'entre l'autre Frère : celui-là qui quitta la Blouse, si adhère pourtant à ses pieds la lourdeur des terroirs — e^ qui est l'Instituteur!...

[11 dit, d*un air distrait...

durant que tous les Yeux Tenvironnant ne quittent comme de Bêtes rapetissées, ses doigts non quadrillés de rides et non meurtris :

Ventes de Blés et de Bestiaux et Foins et paille, tout va mal, n'est-il pas vrai...

(et ses doigts vains méditent maintenant, et d'un rond geste austère où gîtent des destinées, mandent aux Yeux) — Ah ! les droits de TEtat, et le vôtre à vous qui êtes rois commettant tel Elu qu'il vous plaît — vous élûtes d'ailleurs, l'homme émérite et taillé pour les luttes — sont de trop large mansuétude !

Ceux qui rêvent les dîmes et les servages, ô tout le Froment pur que mûrissait pour eux notre gioûtl ardemment lèvent la tête, mais d'épouvantes ouvrant un vaste andain : à vous, à vous aussi vente le vent de quelles maies théories instituant la Nation au lieu d'Etat centre partout et nulle part ! et vous les maîtres en Unions-de-travail selon des intérêts géographiques :

ô hommes de vos guérets bien à vous seuls I théories de mort qui, si vous les adoptiez, ah ! étrangeraient des êtres plus tressaillants que la lueur des Feux — à plat terroir multitude de Faim au ventre ingrat!...

ah ! tenez, du rond vol de vos Faulx qui reluisent comme rôdeurs prêts dans les nuits à allumer les meules.

ceux qui viennent des Villes et disent que poind Taurore sur du sang, de s'entr'aimer et s'entr'aider — les Ouvriers par les grand'routes...]

Mais^ n'entendez-vous pas!...

il passe des Bruits sourds il passe des Bruits d'hommes dans les alentours : ils passent en marquant le pas, ils passent en chantant par une route et en des heurts tintant :

... allons (la terre, la terre ronde) allons légèrement, hardiment — la terre vaste, la terre ronde est une mère de tout le monde — allons la terre, légèrement 1...

ce sont, qui portent sur l'épaule pelle et grande pioche,

et qui vont vers ailleurs ! les Etrangers, les cheminots aptes aux longs terrassements, les entasseurs de plein Ballast où plan s'assolident les traverses et rails long apparallèlés pour le tonitruant déroulement : par Bande ils émigrent vers un travail nouveau, de nuit chantant aux maux peut-être qui les invalident et leur genou arrêteront, roide et réduit :

... la terre vaste, la terre ronde est une mère de tout le monde — allons l^ terre, légèrement !•••

Il est rinstituteur —

[Il dit : L'homme des heures opportunes qui prend ma main, à moi le Fils et Frère d'attelés à la terre, aux meilleures saisons qui grèneront plus en Blés qu'en maïs même pour l'auge de vos Bêtes I si nos votes lui restent, mènera sûres vos patriotes charrues...

Loin des sans-Feu sans- Lieu attardés aux routes de l'insolite nuit, et loin des utopies, il veut (ne le dit-il !) la Vie équipollente et égale, aussi ! d'où l'envie comme plante mauvaise à ne ramentevoir de repasser la Faulx du Droit et du Devoir .

disparaîtra — et le peuple est Tout...]

Mains ouvertes ils ouvrent à des loins de Brume en mouvement comme une armée de péril, irruamment des lèvres et des Yeux de peur et de traîtreuses colères pareilles aux transversal envoi coupant les vains Jarrets,

des Faulx aventureuses :

les pas pour eux ne se sont tûs, de mal aloi sonnant l'appel à Ceux des ornières désertes — et ! qu'ils viennent : ainsi qu'au temps le sanglantant croissant de lune neuve on les verra, les lames cursives se denteler aux rauques os, et battues à nouveau, dans le soir à long trait de la tuerie éteindrç leurs al^i^es Flammes...

et nul ne s'est levé...

Le transport magnétique du vent aheurtant

met de Ténervement aux doigts — et par la porte

de vaste nuit,

cette tempête qui ulule clairement, toute tord à envol qui avorte dans râtre, la Brûlure énorme ! qui ondule :

conduit de dos plats, lors que sort

celui qui est rinstituteur...

et nul ne s'est levé, qui n'étant inquiet

que de sentir en les mains viles de tel homme

la mort des Cœurs et des Esprits,

par les Aïeux chassât du geste aisé de sa Blouse autonome couleur des horizons de vies et d'adieux le déserteur des terres, l'Universitaire d'étroit dédain qui ne sait que le dogme : errant menteur qui perpétue aux paix des soirs

le Maître qu'ils élurent — ah ! portant le Joug, les Bovins coutumiers sous l'aiguillon s'en vont aussi I — d'être vendu et despotique, qui ! dans les soirs vains de la Bonté de vivre exploitées déterre les haines et la peur, et l'atavisme loin aux ventres mêmes coïts,

d'être et de ne point devenir!...

... et de Ferme voisine en Veillée crie en tournant devant le Politique, la claire-voie ample des Barrières, et par là couvert de vent qui le disperse, en éveillée attente quelqu'un de vague admoneste les chiens se tourmentant à gueules d'émoi — à toute voix...

Le vent est grand, vraiment! et vaque en grande route: et quand, pour visiter les Bêtes — et que toutes dorment! les lanternes s'allumeront, veillez aux meules hautes en passant, les deux plus hautes au derrière des Bâtiments : qu'une des sautes à râteau large et dévastant là et delà n'en emporte la tête en éparses déroutes...

LinÊRATURES & ARTS L'IDÉE ÉVOLUTIVE —

A l'Étrangeb En France

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