‹ L'idée moderne du droit (volume 2)Chapitre 25 sur 77 · LIVRE mOISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE mOISIÈME

L'IDfiK liOimE»» DU DAOIT EN FEM«GE

La plupart des historiens et des philosophes, ceux de l'Angleterre et de PAllemagne comme ceux de la France, ont constaté au premier rang, dans le pays de la révolution et du suffrage universel, l'ambition de renouveler Tordre civil et politique en le fondant sur la pure justice; tous ont accordé à la France une sorte de vocation historique pour rétablissement d'un règne du droit. Un des plus grands ennemis des € droits de l'homme, » un des écrivains les plus hostiles à nos gloires et à nos idées révolutionnaires, Joseph de Maistre reconnaissait cependant que la France « exerce sur les nations une puissance d'un genre particulier » qui, ayant jsurtout pour objet les problèmes de droit, les questions politiques ou socia-

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propriété, droit des époux dans la famille, droit des citoyens dans l'État! Théories tantôt profondes, tantôt étranges et parfois monstrueuses, car Tesprit humain, comme la nature, ne peut être vraiment fécond sans enfanter aussi des monstres. Dans l'art, le romantisme aurait-il tout renouvelé si sa hardiesse n'avait mêlé à la vérité quelque extravagance, et faut il s*étonner que la science sociale ait eu aussi dans notre pays son romantisme ? Sans doute, de môme que la France eut pour elle dans cet ordre de recherches le principal honneur, elle a eu aussi le principal danger, celui de voir les théories originales dégénérer en utopies, les utopies en violences ; mais il faut se désintéresser d'inconvénients pratiques qui font encore souffrir la génération présente, en considérant les services spéculatifs rendus par notre pays à l'humanité entière : il est des souffrances généreuses et fécondes qui valent mieux que le repos égoïste où s'endorment certaines nations. Pour les peuples encore plus que pour les individus, penser et chercher, c'est souffrir : Quœsivit lucemy ingemuîtque.

Dans les précédentes études, nous avons examiné comment l'Allemagne et l'Angleterre conçoivent le fondement du droit, comment elles font reposer l'ordre social, Tune sur une savante organisation des forces, l'autre sur une habile fusion des intérêts; nous avons essayé a ce propos d'esquisser la physionomie

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