LA LIBERTÉ IDÉALE
dante intérleorenient? Or rmtiiiie et complète indér pendance de la volonté serait ce qu'oa nomme la liberté. La philosophie française a fondé en dernière analyse son idée du droit sur cette liberté intérieure et morale, dont la liberté extérieure n'est à ses yeux que la nsanifestation et la garantie. Ici encore s'eslelle fait une juste notion de Tidéal, sinon de la réalité?
Noifô croyons qu'il faut l'accorder à nos philoso*- |)hes, si la volonté humaine atteignait à « la liberté morale > ou du moins s'en rapprochait le plus possible^ l'individu aurait en soi une valeur plus personnelle et plus haute : on pourrait justement lid îattribuer sa perfection intérieure et sa bienveillance pour autrui'^ en un mot le bien dont il serait l'auteur. La perfection reçue des autres est la perfection des autres^ qui seuls en ont le mérite. La beauté d'une œuvre d'art appartient à l'artiste, et c'est dans la prisée de Partiste que réside la beauté véritable, dont l'autre n?est que Timage inanimée. Toute œuvre n'a qu'une valeur de forme, l'ouvrier seul a uap valeur de fond. C'est par un abus de langage que nous appelons bonnes les choses matérielles soumises à des lois entièrement fatales : un cristal est symétrique, régulier, ordonné, il n'est pas bon.
Il importe seulement de concevoir avec exactitude cet idéal de liberté qui, s'il se réalisait, serait l'Accomplissement, da la nature hninaiiift et comme la
'SfZ VlhrX HOl^ERSE DU DROIT
consécration de notre droit an respect et i l'ainoar. Noos Tarons to, les partisans de la liberté dlndiflSérence qni agît sans motifs^ on iœ qui rerîent an niênie> dn libre arbitre Tnlgaire qni agit contrairement aox motifs, ne penrent fonder là- dessus one théorie dn droit capable de satisfaire les esprits scientifiques : ce libre arbitre indéterminé ne saurait constituer le^us liant id^al de la Tolonté et conséqu^nment la plus hante Taienr de Thomme, prindpe de son droit. D'un antre c^^té, le mat-^rialLsme et le fatalisme absolus, esï supprimant tonte action de Tindividn et en expliquant tout par le dehors sans qu'il reste aucune part au dedans, suppriment tfnalement l'activité même et ne laissent plus à Tindividu de yaleur propre. Il faut donc se Caire de la liberté idéale une notion qui l'élève à la fois au-desjsus de la fatalité et de l'indifférence. D'une part, selon nous, cette liberté ne conâsterait pas à vouloir également une chose on son contraire, à introduire dans le monde et dans rhistolre, avec cette possibilité} ambiguë des contraires (qu'admet par exemple M. Renouvier), un inexplicable hasard. D'autre part, elle exclurait la complète passivité de chaque être telle que l'admettent les fatalistes, car elle suppose chez rétre une action propre, une tendance essentielle qui le constitue, une force spontanée qui fait sa valeur. Commo&t donc faut-il se représenter cette force? Est-il nécessaire de la concevoir comme ime