‹ L'idée moderne du droit (volume 3)Chapitre 51 sur 73 · ET ARISTOCRATIQUES · texte numérisé non relu

ET ARISTOCRATIQUES

l'idée d'égalité et l'esprit français

L'idée d'égalité, tant de fois invoquée au siècle dernier et inscrite en tête de toutes nos constitutions, a eu de notre temps le même sort que l'idée de liberté : attaquée par les écoles aristocratiques, défendue par l'école démocratique, il semble qu'aujourd'hui encore elle manque pour tous de cette clarté qui résulte d'une déduction rigoureuse. L'examen critique de cette idée, inséparable de la notion du droit, offre d'autant plus d'importance et d'intérêt qu'elle est parmi les plus populaires en France et

répond aux instincts les plus vivaces de notre nation.

Tous les observateurs sont d'accord pour attribuer aux Français l'amour de l'égalité ; quelques-uns vont même jusqu'à dire : la France n'a que l'amour de l'égalité, non celui de la liberté. C'est là une exagération et, quand on y regarde de plus près, une contradiction ; M. de Tocqueville n'y a pas tout à fait échappé lorsqu'il s'est plu à opposer systématiquement deux tendances en réalité inséparables^ N'estce pas précisément parce que la France aime la liberté qu'elle aime l'égalité? Qu'est-ce aux yeux des Français qu'une inégalité, sinon un privilège chez l'un et une servitude chez l'autre, conséquemment un manque de liberté ? L'inégalité leur semble une atteinte au droit commun, une distinction établie entre la personne humaine chez le noble ou le riche et la personne humaine chez le roturier ou le pauvre. Ne pas admettte au-dessus de soi des prérogatives, des passe-droits, des castes ou des dynasties privilégiées, c'est avoir le sentiment de la dignité humaine en soi comme respectable au même titre que chez les autres; tel a toujours été l'instinct français. Les Jacques ne chantaient-ils pas déjà :

Nous sommes hommes comme ils sont, Des membres comme nous ils ont ; Tout autant souffrir nous pouvons , Un aussi grand cœur nous avons.

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Les législateurs de 89, en établissant l'égalité des droits pour tous, voulaient par cela même sauvegarder la liberté de tous K

L'inégalité aux yeux des Français ne choque pas moins la raison qu'elle ne choque la liberté ; aussi ne saurait-elle satisCaire leur esprit logique plus que leur instinct juridique. Les exceptions, les contradictions de la loi avec elle-même et les inégalités qui en résultent entre les citoyens, blessent nécessairement toute intelligence éprise de ce qui est général et € conforme aux principes. » Les Anglais et les Allemands n'éprouvent pas ce besoin. Ils s'arrangent deleurs lords et de leurs hobereaux. Ils ont conservé l'esprit de hiérarchie féodale. La France est le seul pays qui n'ait vraiment plus de noblesse. L'ouvrier anglais qui voit passer avec admiration le gentilhomme dans son carrosse, ou plutôt le carrosse renfermant le gentilhomme invisible, l'Allemand qui révère son seigneur et maître l'empereur, ainsi que tous ses autres seigneurs et maîtres, ont-ils le sentiment de la liberté humaine et du droit commun au même point que

1. Sans doute il est des peuples, comme l'Angleterre, qui s'imaginenl atteindie la liberté en*dehors de Tégallté et par Tinégalité môme : l'esprit français voit là une illusion d'optique. En Angleterre mCme, sur tous les points où existe la liberté existe aussi l'égalité : par exemple, la liberté de la parole et de la presse étant reconnue, tous les citoyens peuvent également parler et écrire, il y a donc là liberté et égalité à la fois; au contraire les privilèges relatifs à la propriété du sol, en môme tçmps qu'ils sont une inégalité, sont aussi une atteinte à la liberté des uns pour le profit des autres.

l'ouvrier français qui, à la vue d'un plus riche que lui, se dit simplement : < Un homme est l'égal d'un autre homme ? Ont-ils le sentiment de l'indépendance et de la dignité personnelles autant que ce paysansoldat de la Révolution qui répondit à un émigré vantant ses ancêtres : < Je suis un ancêtre > ? On a eu raison de le dire, la Révolution, en proclamant l'égalité, n'a pas voulu détruire la vraie noblesse, mais la donner à trente-deux millions d*hommes.

Sans doute nous nous sommes plus d*une fois consolés trop aisément, dans l'égalité, des libertés absentes; mais c*est que Tégalité suppose encore à nos yeux une certaine justice dans TiDjustice même, un certain droit commun jusque dans la violation du droit. Bien plus, là où les libertés extérieures et politiques font défaut, l'égalité devant la loi nous semble du moins la reconnaissance de la liberté et de ladignité humaines en principe, sinon en fait. Enfin les libertés extérieures sont des avantages plus individuels, des garanties plus personnelles, et on sait que le peuple français fait volontiers abstraction des personnes et des intérêts particuliers; Tégalité satisfait ainsi l'esprit d'impersonnalité et d'impartialité : s'il faut porter un joug, au moins qu'il soit porté en commun, afin qu'il soit senti par tous, détesté par tous et, le jour venu, brisé par tous à la fois.

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L'instinct de Tégalité, avant de renouveler Pordre civil et politique, s'est exprimé matériellement en France, dans Tordre économique, par la division progressive des propriétés entre tous les citoyens, et ce mouvement a précédé 1789. Nos historiens récents l'ont fait voir, la Révolution trouva ce mouvement très-avancé et elle-même en sortit ^ C'est que dans l'économie politique d'une nation comme dans tout le reste, la psychologie du caractère national se fait visible : l'instinct de liberté s'incarne dans celui de propriété, l'instinct d'égalité dans la division de plus en plus uniforme des propriétés. Si le paysan et l'ouvrier en France sont reconnus plus économes que dans les autres pays, plus attentifs à épargner pour l'avenir, plus désireux de fixer leurs épargnes dans quelque propriété mobilière ou immobilière, si leur prévoyance contraste avec la prodigalité souvent aveugle des travailleurs anglais ou allemands 2, c'est qu'ils sentent que dans la propriété la liberté et le travail prennent corps, trouvent une garantie d'indépendance, se mettent à l'abri des coups du sort

1. En 1785, Arthur Young s'étonne de voir chez nous « la terre tellement divisée ; » en 1738, l'abbé de Saint- Pierre, après avoir demandé des renseignements nombreux à plusieurs intendants, remarque qu'en France t les Journaliers ont presque tous un jardin ou quelque morceau de vigne ou de terre. » (Œuvres, édition de Rotterdam, t. X, p. 251). En 1697, Bois-Guillebert déplore la nécessité où les petits propriétaires se sont trouvés, sous Louis XIV, de vendre une grande partie des biens acquis au xvi* et au xvii* siècle.

% Voyez les rapports sur l'exposition de Vienne et sur celle de Philadelphie.

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ou des empiétements des hommes; ils sentent aussi que, la liberté devant être égale, la propriété, qui en est la garantie extérieure, doit se faire elle-même de plus en plus égale entre tous. En outre, là où tous travaillent, tous doivent posséder, si le vrai fondement du droit de propriété est le travail, comme le peuple français a toujours été porté à le croire et comme Ta affirmé la Révolution. Ici encore les esprits des nations manifestent leur divergence : on a remarqué avec raison que, dans les cas douteux et les contestations de propriété, la France a généralement adjugé la terre à celui qui travaillait la terre et mis le droit de son côté; l'Angleterre, au contraire, a prononcé pour le seigneur, chassé le paysan, si bien qu'elle n'est plus cultivée que par des ouvriers. Michelet voyait là, avec toute Técole démocratique, un des caractères moraux et humains de notre Révolution : l'homme, la liberté de Thomme et le travail de l'homme ont paru aux réformateurs de 89 d'un prix inestimable et qu'on ne pouvait mettre en balance avec celui du fonds ; en France l'homme a donc emporté la terre, et en Angleterre la terre a emporté l'homme. « Grave différence morale. Que la propriété « soit grande ou petite, elle relève le cœur ; tel ne se « serait pas respecté pour lui-même qui se respecte et « s'estime pour sa propriété. » L'égalité progressive des fortunes n'est elle-même que le partage du res-

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pect entre tous et Texpression matérielle de Fégalité des droits. — En Allemagne comme en Angleterre, la propriété et la terre ont conservé un caractère mystique et féodal, au lieu d'être considérées comme faites par l'homme et créées par le travail ; aussi le droit divin et le droit de conquête par les armes, deux formes de privilège aristocratique, subsistent encore là-bas au fond de la législation comme au fond de l'esprit populaire. Seule, notre économie sociale est démocratique par essence.

Le caractère féodal et l'esprit d'inégalité ne sont pas moins vivaces dans la famille anglaise ou allemande, où le mari est vraiment un lord j un suzerain. En Angleterre, la personne de la femme disparaît entièrement dans le mariage : elle ne jouit d'aucune propriété personnelle, elle n'a aucun pouvoir sur ses enfants, elle ne peut tester saijs le consentement de son mari; le mari, par son testament, peut enlever la tutelle des enfants à la mère, qui n'a sur eux aucun droit personnel. Le chef de la famille tient donc la femme sous sa sujétion, administrant et parfois ruinant la fortune sans même rendre compte de ce qu'il fait. Entre les enfants et le père, même rapport de seigneurie, sans cette intimité familière, sans cette volontaire égalité dans Tafifection qui, chez nous, n'exclut pas le respect. Enfin l'inégalité subsiste dans les rapports des frères entre eux, des afnés et des plus

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Jeunes: c'est une hiérarchie de commandement et d'obéissance. En Allemagne, le père n'est pas moins suzerain : femmes et enfants sont de véritables vassaux. — Dans la famille française comme dans TEtat français l'égalité tend à s'accroitre avec la liberté même, entraînant à sa suite ses inconvénients etaussi ses habituels avantages, diminuant l'autorité du père, mais élevant de bonne heure les intelligences de la mère et des enfants à un niveau supérieur, unissant les cœurs de tous par un lien plus tendre et plus librement accepté. De là en France, au sein de la famille, une idée plus développée des « droits de la femme », des droits des enfants, en même temps qu'un sentiment de fraternité et d'amitié envahissante qui tend à faire du père pour les enfants comme un frère plus respecté et de la mère comme une sœur plus aimée. En un mot, tandis que la famille chez les autres penses conserve le type aristocratique, la famille française tend à devenir républicaine.

Ainsi dans la famille comme dans l'État, dans le domaine économique comme dans Tordre civil et politique, la liberté et l'égalité ont toujours paru inséparables à l'esprit français. Mais, si la France a maintenu ces deux termes en une indissoluble union, elle a considéré comme non moins important de n'en point intervertir l'ordre rationnel. Les Américains, dans leur énumération des droits, avaient mis en premier

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lieu l'égalité ; Robespierre fit inscrire aussi l'égalité au premier rang : on sait quel est Tordre qui finit par prévaloir. Le droit ne consiste pas, aux yeux des Français, à vouloir niveler toutes choses, mais à égaliser les libertés. Deux hommes qui traînent un boulet d'égale pesanteur ne sont pas pour cela deux hommes libres. L'égalité sous un maître, telle que voudrait la réaliser le césarisme, n'est qu'une trompeuse apparence ; rien de plus capricieux et de plus inégal que la volonté d'un despote : il accorde une faveur à l'un et la refuse à l'autre, il punit celui-ci et laisse l'impunité à celui-là. Il n'y a pas d'égalité possible dans l'arbitraire de la servitude; c'est donc, selon la philosophie française, l'égalité dans la liberté, et non dans l'esclavage, qui constitue le droit.

Cette idée presque nationale de l'égalité, que la philosophie du xvni" siècle avait fini par croire indiscutable, n'en est pas moins devenue au xix« siècle l'objet de nombreuses critiques, et ces critiques semblent en partie motivées. Déjà les saint-simoniens ot Auguste Comte l'avaient rejetée comme une erreur ^ Le positivisme voulut « organiser » la société

1. « Les saints-sîmoniens, dit le programme adressé en 1830 à la Chambre des députés par les disciples de Saint-Simon, croient à l'inégalité naturelle des hommes et regardent cette inégalité comme la condition indispensable de l'ordre social. » « De chacun suivant sa capacité, k chacun selon ses œuvres. » Les conséquences de ee système sont une hiérarchie sociale analogue à la hiérarchie

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par la « science »; pour cela, au liea de proclamer une fausse égalité entre les ignorants et les savants, entre les masses et les esprits supérieurs, il crut nécessaire de confier Fautorité la plus haute et le droit de gouverner à un corps de savants officiels chargés de réglementer la science même : théocratie de savants, sorte de sophocratie dont nous retrouverons plus loin le tableau dans les Dialoçues philosophiques de M. Renan. L'influence des théories allemandes n'a fait qu'accroître le mouvement de réaction contre l'idée d'égalité : on le sait, H^el, Mommsen, Strauss, M. de Sybcl, soutiennent à des points de vue divers le droit des supériorités et la < souveraineté du but; > Strauss déclare que l'histoire continuera d'être comme par le passé < une bonne aristocrate. > C'est surtout dans l'expérience, non pas seulement dans les spéculations métaphysiques ou théologiques, que la doctrine de l'inégalité cherche de nos jours son principal point d'appui : elle invoque en sa faveur les récentes découvertes de l'histoire naturelle, les idées germaniques sur la différence des races, les idées darwiniennes sur la sélection naturelle et sur l'hérédité. De leur côté les partisans de l'égalité s'efforcent aussi

tbéocratique ; l'humanité divisée en trois classes, savants, artistes et indastriels, dont les membres seront soamis aux premiers industriels, aux premiers artistes, aux premiers savants. G'éUit revenir à la vieille doctrine aristocratique selon laquelle le droit appartient aux plus sages et aux meilleurs.

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d'invoquer les faits : la doctrine classique du spiritualisme fonde l'égalité humaine sur le « fait » de l'égalité du libre arbitre chez tous les hommes; on se rappelle ce que disait Victor Cousin à ce sujet : « La liberté seule est égale à elle-même; il n'est pas possible de concevoir de différence entre le libre arbitre d'un homme et le libre arbitre d'un autre. » Mais c'est principalement sur l'idée du droit que les écoles démocratiques s'appuient pour justifier l'égalité : Proudhon, M. Renoùvier, M. Littré, la déduisent par des raisonnements divers du principe même de la justice. En présence d'une telle diversité d'opinions, il nous semble nécessaire de soumettre à un nouvel examen cette sorte de dogme de l'égalité humaine, dont Pinstinct français et la philosophie française avaient fait une des bases du droit nouveau et de la politique nouvelle. Recherchons d'abord quelle est, ici encore, la part du fait et celle du droit, la part de la réalité et celle de l'idéal, et voyons si l'école démocratique les a suffisamment distinguées. Nous examinerons ensuite les objections des écoles aristocratiques qui veulent fonder l'inégalité sur « la primauté de l'idée, » sur les € droits de la vérité, de la vertu, de la science, » en d'autres termes sur la prérogative des supériorités intellecctuelles ou morales.

l'égalité selon l'école démocratique. — THÉORIES DE M. RENOUVIER, DE M. UTTRÉ, DE PROUDHON. — FON- DEMENT MORAL DE l'égalité, CONSIDÉRÉE COMMK PURE IDÉE.

L'égalité humaine est-elle un fait, comme le soutient d'ordinaire l'école démocratique ? exîste-t-il réellement entre les hommes une égalité établie par la nature, que la société doit se borner à sauvegarder? — « La nature, dit la Déclaration des droits de l'homme, tant de fois invoquée par les écoles démocratiques, la nature a fait les hommes libres et égaux^en droits. » — € Les hommes, répète la Constitution du 6 septembre 1791, les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » — N'est-ce point faire trop d'honneur à la nature? Ne nous a-t-elle pas créés esclaves plutôt que libres et ne naissons-nous pas inégaux ? ^ Par une illusion commune à tout le xviii* siècle sur le prétendu état de nature, on a confondu ici le but à atteindre avec le point de départ, l'avenir avec le pré-

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sent, ridéal avec la réalité ; nous ne naissons pas libres et égaux, nous naissons pour être libres et égaux. Que la liberté et l'égalité soient conformes à là vraie nature de rhomme, cela est incontestable pour celui qui admet, avec Aristote, que là véritable nature d'un être est dans la an supérieure à laquelle il aspire, non dans son actuelle imperfection; que la nature d'un chêne, par exemple, est d'atteindre la plénitude de son développement et de se dresser vers le ciel; que la nature d'un animal est de réaliser toute la beauté de son espèce ; que la nature d'un homme est d'être une intelligence toute lumineuse et une volonté toute active. Mais si la liberté et l'égalité sont la an de la nature, elles ne sont pas l'état de nature. — On a voulu soutenir qu'il y a du moins une chose égale chez tous les hommes : la liberté morale; mais s'agit-il de cette liberté encore incomplète et de toutes parts entravée que vous possédez et que je possède? Nous ne sommes pas plus égaux sous ce rapport que sous les autres. L'école éclectique affirme vainement que le libre arbitre de l'un est identique au libre arbitre de l'autre; tel homme est un enfant par rapport à un autre homme, et l'homme d'aujourd'hui est un enfant par rapporta l'homme de demain; soutiendra-t-on donc que le libre arbitre de l'enfant soit égal à celui de l'homme? Innombrables sont les degrés de la responsabilité et conséquemment de la liberté. Nous ne voulons pas seule-

2TS l.'ilxJi. ItCkltUSK I>C MUMT

Ci€st pir^r de l'izsa^ diiS^rent q«e les liomiiies font de leor Ilbenê. nuis de la difleccaœ qui existe dans la puissar De mès^e de Tooloir, dans la pidssanœ sur m:. Nos libertés ne sefaient égales qnesi elles étaient als:»iuâs et osipieles; mais en £ût, la pleine lib»té du Tosl^ir n'existe ni chez tobs ni chez moi; cette Ltiertê, n^us TaTons xru est poornoos nne pore idée, d'juX nos actions se rapprochent pins on moins, une h, y* {te à lai^oelle tendr-nt ces tOMÛables. Si donc on peut admettre que nos libertés sont égales dans leur virtualité et dans leur idéale perfection, elles sont à coup sûr inégales dans leur actnalitè et dans leor réelle imperfection. Lldée même de liberté, dont nons avons essayé de montrer rinflaoïce libératrice^ peot être chez moi faible et sans eâicadté, tandis que chez TOUS elle créera par son énergie on pouvoir énergique et fort. Ce n*est donc pas seolement sous le rapport de la force physique, de la beauté physique, de la soisibilité, de l'intelligence, de la moralité que les hommes sont inégaux; ils le sont dans Fnsage de lenr liberté et dans le degré de cette liberté. A tons les points de vue, Leibnitz avait raison de dire qu'il n'y a pas deux êtres semblables dans la nature, pas même deux gouttes d'eau, mondes peuplés d'animalcules divers et différents en nombre. L'^alité humaine n'est point

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