THÉORIE DE L'ÉCOLB DÉMOCRATIQUE
dernier terme auquel tous nos raisonnements aboutissent comme futur point de départ. Cette intuition est irréductible; on ne peut pas la dissoudre, l'analyser en d^autres éléments... Telle est aussi l'origine de Pidée de justice. Cette idée est une notion purement intellectuelle. » On le voit, cette théorie de M. Littré porte encore non sur des personnes vivantes, mais sur des définitions abstraites qui feraient de la nature comme une éternelle rangée d'équations algébriques. En fait, les hommes ne sont nullement égaux comme A est égal à A, et ni moi ni personne nous ne pouvons les concevoir présentement comme égaux. Que devient donc cette égalité logique des hommes dont parle M. Littré? Je suis fort, vous êtes faible; vous êtes intelligent, je ne le suis pas; pourquoi, au point de vue du droit, voulons-nous cependant rétablir entre nous l'égalité? La logique et les mathématiques constatent ce qui est, mais ne le réparent pas.
Dans la justice sociale, ajoute M. Lîttré, Isl peine signifie compensation, par conséquent égalité. Mais cette idée même de compensation dépasse la logique, où on voudrait pourtant nous enfermer. Si nous ne pouvons concevoir que A ne reste pas égal à A dans la société hunftiine, c'est que préalablement nous avons conçu A et A comme égaux : Pinégalité de ces deux termes impliquerait alors contradiction dans
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l'eaprit qui les a conçus, et nous ne pouvons nous contredire. Mais quelle contradictioD y a~t-il à constater que tel homme n'égale pas tel homme? pourquoi, logiquement, l'égalité serait^lle meilleure que l'inégalité» pourquoi, logiquement, une fois l'égalité troublée, serait-il bon de la rétablir par la compensation et la sanction? Comment, encore une fois, me faire renoncer à mon individualité réelle, à mon moi, pour accepter en droit votre égalité avec moimémet
Nous trouvons aussi dans Proudhon, au sujet de l'égalité et do la joalice, une théorie curieuse, toute raUonaliste, qui rappelle par plus d'un côté et le platonisme et le spinosisme, car elle réduit l'égalité humaine àl'unité d'essence entre les tommes. « L'homme, en vertu de la raison dont il est doué, a la faculté de sentir sa propre digoiié dans la personne de son semblable comme dans sa propre personne, de s'affirmer tout à la fois comme individu et comme espèce *. » La raison, en effet, nous fait concevoir l'homme dans son < essence », qui est < générale. > « L'essence d'un être paraît surtout dans la généralité, se conserve par la généralité, se définit d'autant mieux que la généralité embrasse un plus grand nomticuUers, » Cela revient à dire avec