L ESPRIT GERMANIQUE
templative, . Il faut bien distinguer ce fanatisme de l'enthousiasme; le premier croit à une communication immédiate et extraordinaire avec une nature supérieure; le second n'exprime qu'un état d'exaltation de l'esprit, échauffé au delà du degré convenable par quelque principe, patriotisme, amitié, ou même religion, mais sans qu'il s'y joigne aucune idée d'un commerce surnaturel ! . * Le Français, ajoute Kant, dans l'ordre social, est enthousiaste ; dans l'ordre religieux, « il est surtout enclin à l'indifférence ; il n'a point « un vif sentiment du sublime, et sa religion, vide de toute émotion, n'est le plus souvent qu'une affaire de mode ». L'Italien et l'Espagnol 3ont « crédules et superstitieux ; le superstitieux fait des vœux devant les images de saints, grands faiseurs de miracles ». « Le fanatisme, du moins dans les temps antérieurs, s'est rencontré surtout en Allemagne et en Angleterre, comme un développement exagéré des nobles sentiments qui appartiennent au caractère de ces peuples 2 . »
Dans la philosophie comme dans la religion, l'élément mystique s'est montré de bonne heure en Allemagne. Dès le xiv« siècle, le mysticisme se nommait la philosophie teutonique, philosophia teutonica, « Grattez la peau d'un métaphysicien allemand, dit Schopenhauer avec sa rudesse habituelle, et vous trouverez un théologien. » Lui-même et son disciple de Hartmann ont mis dans leurs livres beaucoup plus
1. Les caractères des peuples, tr. Barni, p. 31?, t. II de la Critique du jugement,