‹ L'idée moderne du droitChapitre 14 sur 84 · L ESPRIT GERMANIQUE · texte numérisé non relu

L ESPRIT GERMANIQUE

arbitre qui est un scandale. A quoi d'ailleurs le libre arbitre humain servirait-il ? Il ne serait guère utile que pour le mal. Les théologiens protestants ont ainsi beaucoup contribué à ouvrir les yeux aux philosophes sur ce que l'idée vulgaire de libre arbitre contient de peu rationnel, de peu scientifique et même d'insuffisant pour la morale. Mais ils ont contribué aussi à la formation d'une idée de liberté quelque peu mystique, comme celle du noumène, iden tique dans le fond avec la prédestination et la grâce. On connaît les inappréciables services rendus par les protestants à la cause du droit. 11 faut pourtant bien l'avouer : les protestants ne reconnurent point d'abord l'existence d'un droit naturel et humain, pas plus qu'ils ne reconnurent l'existence d'une morale naturelle ! . Qu'est-ce que la liberté de conscience réclamée par Luther? Elle se ramène pour lui au devoir religieux de lire et de croire, c'est-à-dire d'entrer, sans autre intermédiaire que le Livre, en communication avec l'Esprit, avec la grâce ; on pourrait l'appeler une sorte de droit à la vie mystique et idéale. Quant à la liberté civile ou politique, Luther veut qu'au besoin on la sacrifie. — « Dieu vous envoie des tyrans comme il vous donne des pères, pour vous éprouver, vous corriger, vous former. » L'indépendance religieuse de « l'homme intérieur » n'est-elle pas un ample dédommagement à la dépendance de l'homme extérieur? Cette indifférence mystique des

i. Luther, lecteur assidu de Tauler et d'Eckart, reprochait à la Morale d'Aristote, « cette pire ennemie de la #ràce, >» d'entretenir la pensée impie que l'homme « a une valeur personnelle »,

protestants primitifs à l'égard du droit purement humain se retrouve encore de nos jours chez beaucoup de penseurs allemands. Ils comprennent assez peu. malgré Kant et Fichte, ce que la philosophie française du xvni e siècle appelait les « droits de Y homme », el d'autre part ils n'ont pas l'esprit utilitaire, commerçant, individualiste de l'Angleterre.

Le mysticisme, pourtant, est bien souvent près de se tourner en un certain naturalisme. L'histoire ae la philosophie et de la religion en renferme mainte preuve. Et en effet le grand problème métaphysique est précisément de trouver, comme dirait Kant, un lien entre le noumène et le phénomène, entre la liberté intelligible et la nature sensible. Le vrai lien, semblet-il, serait une liberté plus pratique et plus vraiment humaine que la « liberté nouménale », si semblable à la prédestination divine. Sans doute le libre arbitre vulgaire n'est pas soutenable, mais il en faudrait pourtant trouver, dans le déterminisme même, un substitut, un équivalent pratique *. Il faudrait donner une certaine valeur propre, une certaine consistance à l'ordre purement humain et social, à la volonté individuelle et à la volonté collective. Sans cet intermédiaire concret, le monde intelligible et le monde sensible, le noumène et le phénomène risquent de demeurer absolument séparés dans la théorie et, pratiquement, le premier risque de s'absorber dans le second, qui après tout est le seul connu.

L'intermédiaire que les Allemands ont préféré pour

1. Voir sur ce point notre livre sur La libei té et le déterminisme*

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relier le transcendant et le naturel, c'est ce symbolisme profond qui fait des choses visibles V expression de la puissance invisible, soit sous la forme de la finalité, soit sous celle de la beauté et de la sublimité. Kant a merveilleusement développé ce point de vue quand il a cherché, dans sa Critique du jugement, le lien de la raison pure et de la raison pratique. Par là il se trouvait encore en harmonie avec les tendances les plus intimes de sa nation et de sa religion. Ici se découvre à nous un trait nouveau et curieux de la physionomie germanique : le goût des symboles, qui produira dans Tordre des questions sociales des conséquences inattendues. La lecture de la Bible habitue l'Allemand dès l'enfance à voir partout des figures. Pour les mystiques, en dehors de la réalité absolue, rien ne peut être qu'emblème. Jacob Bœbm aperçoit des images de la trinité, de l'incarnation, de la rédemption, dans tous les êtres et (!ans tous les phénomènes de la nature. Chacun des objets sensibles est le symbole des autres, et tous les objets sensibles pris ensemble sont le symbole de l'éternel mystère.

Transporté dans l'art, l'amour des symboles tend à produire ce romantisme qui caractérise les œuvres du génie allemand. Si le beau est un symbole de l'idée, le sublime et parfois même l'ironie ou Y humour sont plutôt des symboles de l'infini et de l'insondable noumène. Dans l'étude des langues l'amour des symboles explique ce respect des signes et des mots, emblèmes de la pensée, qui engendre la passion philologique et en quelque sorte l'enthousiasme de l'érudition : philologia mediatrix œterni, dit Niebuhr;

dans la métaphysique, ii donne naissance à ces systèmes de Kant, de Scheiling, de Hegel, de Schopenhauer, où se retrouvent sans cesse deux faces des choses : l'absolu mystérieux, « noumène » ou idée, et ses manifestations visibles dans la nature, phénomènes ou faits. C'est un symbolisme que cet « art caché en notre âme » par lequel notre pensée, d'après Kant, se représente toutes choses sous les formes de l'espace et du temps; — symbolisme, celle finalité immanente, cet art déployé dans la nature par lequel l'absolu, selon Scheiling, s'efforce de se révéler à sa propre conscience, « odyssée de l'esprit, qui, livré à une merveilleuse illusion, se cherchant luimême, se fuit sans cesse lui-même; » — symbolisme, cette évolution des choses que décrit Hegel et où chaque moment est, dit-il, la manifestation incomplète de l'idée; — symbolisme enfin, ce vaste système de « représentations » par lequel la volonté, selon Schopenhauer, se donne à elle-même le spectacle décevant des formes qu'elle produit et détruit tour à tour. Pour les nouveaux Hindous des bords de la Sprée comme pour les vieux Allemands des bords du Gange, le monde entier pourrait s'appeler l'immense magie ou l'immense illusion : Maya. « La nature, dit en propres termes Scheiling, est le miroir magique de l'intelligence; » — « la nature, dit Schopenhauer, est l'illusion infinie de la volonté. »

L'histoire sacrée avait toujours été représentée comme une figuration dans le temps de la puissance divine : les Allemands étendent volontiers cette conception à l'histoire qu'on nomme profane, et l'on peut dire que pour eux l'histoire entière w'c sacrée. Le dé-

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veluppement de l'humanité comme de la nature e9t une expression de la nécessité suprême identique à la liberté suprême : les œuvres de chaque homme sont, selon Kant, des symboles de son caractère individuel ; ce caractère individuel est un symbole de l'humanité, l'humanité est un symbole de la divinité. Tout s'enchaîne comme les signes et les équations d'une algèbre expressive, ou comme ces accords des grandes symphonies allemandes liés si indissolublement par une science cachée, que chacun d'eux, résumant tout ce qui précède, annonce tout ce qui va suivre, et que le premier retentit encore dans le dernier.

La passion de l'histoire produit chez un grand nombre d'Allemands une sorte de respect ou d'adoration des faits accomplis, et en même temps un penchant à traiter les faits de haut ; c'est que le symbole, saint par ce qu'il représente, est indifférent en soi : on le vénère, et on le dédaigne.

Même esprit dans la religion. Gomme la plupart des Allemands la respectent, et comme ils la façonnent au gré de leurs systèmes! L'habitude de tout interpréter par allégories permet de demeurer fidèle à la lettre en abandonnant l'esprit. Chaque dogme religieux, pour les théologiens allemands, renferme une infinité de traductions possibles, et chaque homme y met le sens qui est le mieux en harmonie avec sa propre conscience : c'est une perspective sur l'infini où l'œil plonge plus ou moins loin selon sa portée ; tandis que l'un s'arrête aux points les plus rapprochés, l'autre voit jusqu'au fond, on reconnaît qu'il n'y a point de fond. En Allemagne, on peut nier tout

le christianisme, comme le docteur Strauss, et en enseigner les formules ou en pratiquer les rites. Il y a des degrés dans la vérité comme dans l'échelle de Jacob, et chacun occupe celui où il est capable de parvenir. On doit, selon Strauss, a avoir une pensée de derrière et juger par là de tout en parlant cependant comme le peuple. » Sorte de direction mystique d'intention, qui finirait dans la pratique, si elle n'était réglée, par s'accommoder de toutes les paroles et de tous les actes, pourvu qu'on y vît les emblèmes du divin. La pratique est un ensemble de symboles relatifs par lesquels la foi se traduit en œuvres : « crois, et fais ce que tu voudras ; » — bien plus : « crois, et pense ce que tu voudras ; » — bien plus encore : c crois, et crois ce que tu voudras. »

Ce symbolisme métaphysique, dont on ne saurait méconnaître ni la grandeur ni la vérité, n'est pas sans influence dans la vie sociale. Tout d'abord il répugne à l'idée, un peu trop simple, d'un droit fixe ou inviolable. Traditions, coutumes, lois, puissances établies, — autant de symboles ; à ce titre, ils ont quelque chose de sacré. On les respectera dans ses œuvres, on les dépassera dans sa foi. Il est écrit : « Tu respecteras les puissances ; » mais, pendant que le corps sera incliné devant elles, la pensée les dominera de toute la distancé qui sépare l'idée du signe. Ainsi se concilieront chez un certain nombre l'entière soumission à César et la plus grande indépendance intérieure; quelques uns diront même en raffinant que cette soumission est précisément la marque de l'indépendance. Se mettre au-dessous de la puissance Visible, c'est se mettre au-dessus. Enfin plusieurs iront

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jusqu'à faire en faveur d'une institution positive un argument mystique de son absurdité même. Selon Strauss, la république est rationnellement supérieure à la monarchie, et c'est précisément pour cela, dit-il, qu'il faut préférer la monarchie. « Sans doute il y a dans la monarchie quelque chose dénigmatique , d'absurde même en apparence ; c'est en cela que consiste le secret de sa supériorité : tout mystère paraît absurde, et pourtant sans mystère rien de profond, ni la vie, ni l'art, ni l'État. » Tel est le droit divin de l'incompréhensible, emblème mystérieux de l'idée. Charles Vogt, dans ses lettres sur la guerre francoallemande, constate avec étonnement « la soumission en face de la Herrschaft, de l'autorité, » qu'ont assez souvent montrée des érudits audacieux de l'Allemagne. Déjà Mme de Staël, sans en bien comprendre le motif, faisait une observation analogue : « Les hommes éclairés de l'Allemagne se disputent avec vivacité le domaine des spéculations, mais ils abandonnent assez volontiers aux puissants de la terre tout le réel de la vie ; l'esprit des Allemands et leur caractère paraissent n'avoir aucune communication ensemble ; l'un ne peut souffrir de bornes, l'autre se soumet à tous les jougs. » N'est-ce point l'idée plus ou moins consciente du symbolisme universel qui établit la communication, cherchée par Mme de Staël, entre l'audace mystique ou métaphysique et le traditionalisme politique?

Les mots trop précis de la langue française sont impuissants à caractériser avec justesse, et aussi avec justice, cette synthèse des contraires dont plusieurs personnages de l'Allemagne ont offert des exemples.

La servilité même dans l'obéissance, la brutalité dans le commandement peut devenir outre-Rhin pour quelques-uns un symbole de la vérité, un degré de la vérité, un moment de la vérité. La puissance, par exemple^ même matérielle, pourra être appelée par eux le symbole du droit. Si la contradiction de fait devient par trop choquante entre la chose et son signe, leur subtilité invoquera, pour la justifier, une forme originale de symbolisme très goûtée des Allemands et qu'ils appellent la forme ironique. Frédéric Schlegel et Solger ont élevé l'ironie à la hauteur d'un principe universel ; la nature, ironie divine, cache le risible sous le sérieux, et le sérieux sous le risible ou l'absurde. Il y a, dit aussi Hegel, un principe de dissimulation et de ruse dans la nature ; la sagesse prenant l'apparence de la folie, c'est la ruse de l'absolu, c'est « la ruse absolue ». Transportez cette théorie dans l'ordre social, vous donnerez de la force victorieuse une définition dans le goût hégélien en l'appelant la ruse du droit, l'ironie du droit, la dissimulation par laquelle le droit, en se cachant, assure son triomphe. L'absolu étant ainsi rusé, dissimulé, ironique, on devine ce que pourront être les gouvernants qui se croiront en possession de l'absolu, et chez qui le comique et le sérieux tendront également à prendre la forme d'une ironie parfois tragique.

Il est difficile de s'en tenir à des idéalités ou à des symboles et d'abandonner à jamais le « réel de la vie ». On commence, comme dit Jean-Paul Richter, par se contenter de l'empire de l'air, c< en laissant aux Français celui de la terre et aux Anglais celui de Vocéan; » mais on finit par adopter la devise de?

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Hohenzollern : l'aigle noir aux ailes déployées, « du rocher à la mer. » — « Les Allemands, disait Schopenhauerde ses contemporains, sont des hommes qui cherchent dans les nuages ce qu'ils ont à leurs pieds. » Mais de. plus hardis, à notre époque, ont rejeté l'élément idéaliste pour ne conserver que le positif; le principe absolu était tellement peu intelligible qu'ils ont fini par le nier. De là, chez eux, comme dernier terme de cette évolution, un naturalisme qui s'est révélé à la fois comme le culte théorique et le souci très pratique des choses de ce monde. Chez ceux-là se touchent les deux extrêmes : mysticité et esprit militaire. Un même mot n'exprimet-il pas, selon la remarque de Pichte, l'enthousiasme de l'imagination et l'exubérance de la nature : Schwàrmerei?

Ainsi la puissance matérielle, après avoir paru à l'idéalisme élevé des penseurs allemands un simple instrument et une œuvre tout extérieure du droit, a pu sembler ensuite au fatalisme religieux ou philosophique du grand nombre une réalisation nécessaire du droit, un symbole visible du droit; enfin le naturalisme, se dégageant de la vieille enveloppe mystique, devait aboutir chez plusieurs à la synthèse de la force et du droit, ou plutôt à la primauté de la force réelle sur le « droit abstrait ».

Ce mouvement en Allemagne a été favorisé et en partie légitimé par le sentiment national, par la nécessité d'une unité politique où vinssent se confondre les divers membres du grand corps germanique. Il s'est glissé dans les récentes guerres de nationalités et

de races quelque chose d'analogue aux anciennes guerres de religion ; des politiques habiles ont su mettre à profit les justes aspirations du peuple allemand pour réaliser leur idéal d'unité et de puissance, leur idéal de résistance monarchique au mouvement « révolutionnaire ». Il est cependant permis d'espérer que la patrie de Kant et de Fichtc, de Gtoethe et de Schiller, de Mozart et de Beethoven, après avoir consommé son unilé nationale, reviendra à son goût de paix et de spéculation métaphysique ou scientifique; d'autant plus que le développement actuel du socialisme dans son sein peut lui faire comprendre la supériorité des réformes intérieures sur la puissance extérieure '.

1. « L'Allemagne, dit M. du Bois-Reymond, est devenue une et forte, son vœu de jeunesse est accompli : le nom allemand est respecté sur le continent et l'océan; mais, si nous revenons en pensée à l'Allemagne d'autrefois, morcelée, impuissante, pauvre, philistine et bourgeoise, ne trouveronsnous pas qu'il manque quelque chose à ce présent si brillant, si prestigieux? N'aurons-nous pas le soupir du lied dés Hirondelles : — Combien loin ce que j'étais jadis! ->— Avec ses rêves indéfinis, son effort sans fin, sa défiance d'ellemême, l'Allemagne n'a-t-elle pas perdu aussi son ardeur pour l'idéal, sa passion généreuse pour la vérité, sa vie intérieure si calme et si profonde? » (Culturgeschichte und Naturwissensckaft : Deutsche Rundschau, novembre 1877.) Puis, passant en revue ce qui fût jadis et ce qui n'est plus aujourd'hui, le savant allemand se prend à regretter « cette fleur éphémère de la littérature germanique qui a passé comme un rêve », cet amour de l'art pour l'art lui-même, qui a fait place à la recherche du savoir et du pouvoir. « La politique et la science, qui, avec leurs dures réalités, ont réduit au silence l'aimable conversation des salons parisiens, ont aussi chez nous fait tort aux épigones des héros classiques et roman* tiques. » Goethe lui-même, s'il vivait aujourd'hui, n'écrirait plus Werther ni Faust : il mettrait à profit, au Reichstag, ce

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L'Allemagne est le grand champ de bataille des idées et des théories de toute espèce. Sa principale gloire, pour le philosophe, est précisément dans sa fécondité métaphysique et scientifique. Aussi ne pouvons-nous présenter ici, pour ce qui concerne la philosophie du droit, qu'une esquisse nécessairement incomplète des doctrines qui se sont produites en

don de la parole, que Gall avait découvert en lui. La science du moins profite-t-elle autant qu'on aurait pu le croire de ces préoccupations pratiques? Non, parce que l'industrie et la « technique » ont fait disparaître de son sein le désintéressement. Au reste, quand elle est seule, la science même devient une étroitesse pour l'esprit : elle l'habitue à n'estimer plus que ce qui relève de l'expérience et de la mesure; elle émousse peu à peu le sens de l'invisible, de ïlntangible, de l'incommensurable, en un mot de l'idéal. « Malgré tout l'éclat dont brille à présent la science allemande, conclut du Bois- Reymond, nous en sommes réduits à souhaiter chez la génération nouvelle un peu de ce noble zèle qui seul promet à l'esprit énergie et succès. » (Traduit par M. A. Gérard dans la Revue philosophique de janvier 1878 : les Tendances critiques en Allemagne.) « On peut s'expliquer ce qui a été si souvent et si amèrement reproché à Gœthe > son étonnant «poaxweîv (prosternere se) devant le terrible homme d'action, Napoléon. . . Il siérait mal au peuple allemand d'instruire son procès sur ce point. N'a-t-il point lui-môme sacrifié sans hésiter à ses aspirations vers la grandeur politique son idéalisme, son romantisme, sa vie de sentiment? Ce travail politique n'a-t-il pa's presque épuisé ce souffle enthousiaste qui autrefois lui donnait une impulsion entraînante? On ne peut plus dire que l'Allemagne, c'est Harnlet, car elle a accompli énergiquement l'acte décisif. Disons plutôt que le peuple allemand, c'est Gœthe, arrivé à Weimar et qui, fatigué de son laurier toujours vert et décidé à deveuir un homme complet, remet Pégase à l'écurie. Gette comparaison laisse du moins l'espérance que le jour de s'enfuir à Rome (comme Gœthe) viendra aussi pour l'Allemagne, — dans un autre sens, il est vrai, que celui où quelqnes-uns l'entendent » (Du Bois-Reymoud, Gœthe, Discours à l'Université de Berlin, dans la Revue scientifique du 16 décembre 1682.)

t MODERNE DU tinOIT

ia les sens. Nous serons obligé de lus importantes et à celles qui ont ■Ares, qui ont exercé une influence strice sur Vopinion allemande et lemande. Tout en montrant le orique de ces doctrines, nous nous ., selon l'excellente méthode des mes, à en découvrir le dévelopilgré la complexité des hommes mouvement commun anime les irigé l'opinion et l'action germai semblent obligés à se transformer entraînés vers un commun idéal.

le part de vérité qu'il importera a concilier, s'il est possible, avec ;a théories.

DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE DES SYSTÈMES INFLUENTS DE L'ALLEMAGNE SUR LE DROIT

a Hume, Rousseau et Spinoza, dit Hegel dans ses Leçons sur l histoire de la philosophie ! , sont les trois points de départ de la philosophie allemande moderne... Rousseau proclama la volonté libre l'essence de l'homme. Ce principe est la transition à la doctrine de Kant, dont il est le fondement. » Dans la philosophie du droit, en effet, c'est d'abord l'influence française qui, avec Rousseau, domina chez Kant et chez Fichte V

L'esprit du xvnr 3 siècle, et surtout de la philosophie sociale en France, se résume tout entier et arrive à sa plus haute expression dans les théories de Kant sur la morale et sur le droit. « La France, disait

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