‹ L'idée moderne du droitChapitre 31 sur 84 · LA PHILOSOPHE DU XV111 9 SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHE DU XV111 9 SIÈCLE

fonde par laquelle l'école de Rousseau ramenait le droit à la volonté se respectant et s'affirmaht elle-même. Un disciple de Jean-Jacques, Mirabeau, resta fidèle à son maître en définissant le droit « l'inviolabilité de la liberté », et en ajoutant que « le droit est le souverain du monde ». Quant aux conséquences morales et métaphysiques de cette doctrine, Hegel les a résumées en disant : « Rousseau proclama la volonté l'essence de l'homme; ce principe est la transition à la philosophie de Kant, dont il est le fondement. » En même temps Rousseau entrevoyait la théorie de l'organisme social, dont il ne sut pas montrer la conciliation avec celle du contrat social '.

En faisant reposer désormais l'avenir du monde sur la liberté humaine, les philosophes français se trouvèrent logiquement amenés à considérer celle-ci comme un principe de perfectibilité sans limites. Ce caractère d'infinité que Descartes plaçait dans la volonté de l'homme et qu'il se représentait surtout comme un attribut métaphysique, le xviii 6 siècle en fit pour ainsi dire un attribut historique, en le concevant comme une infinité de développement et de progrès, comme une infinité répandue à travers l'espace et le temps. Le principe de le « perfectibilité indéfinie », déjà en germe dans Descaries et Pascal, nettement formulé par Turgot et Gondorcet, devait renouveler non pas seulement la philosophie de l'histoire, mais encore celle du droit. Le règne de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, renvoyé par le christianisme à un autre monde et attendu de Dieu

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