Renouvier, Sctence.de la morale, II
2. Ce livre n'étant pas consacré à l'histoire de la philosophie du droit, mais seulement à l'examen de ce qu'il y a de fondamental et surtout de nouveau dans les idées modernes
Le besoin se fait sentir d'une idée plus synthétique el moins simple, qui réunirait en elle, s'il est possible, les éléments de vérité contenus dans les doctrines adverses. A côté de l'élément moral et rationnel, il faut trouver place pour l'élément naturel, biologique et historique : les idées de déterminisme, d'organisme, d'évolution, de fonction, de force vivante et de puissance, comme celles d'intérêt individuel ou général, ne sauraient être éliminées de la question. La mécanique, la physiologie, la science sociale et l'économie politique doivent être unies à la morale, pour foncier une notion du droit plus compréhensive, où s'accordent à la fois l'idéalisme et le naturalisme.
Cherchons d'abord, dans les principales doctrines typiques du droit, la part de la vérité et celle de l'exagération. Tous les éléments de l'idée du droit peuvent se ramener à trois : puissance évolutive, intérêt, liberté égale pour tous. Nous devons donc examiner successivement ces divers aspects de la question.
du droit, nous n'avons pu passer eu revue les diverses théories, moins originales et moins spécifiques, qui ont pris naissance en dehors de l'Allemagne, de l'Angleterre et de la France. L'Italie, cette terre des jurisconsultes romains, a pourtant rendu de grands services, même de notre temps, à la philosophie du droit, qui y est toujours en honneur et en progrès. (Voir les travaux de Rossi, de Mancini, de Mamiani, de Lombrosô, etc.) Parmi les études les plus récentes, on peut consulter celles de MM. Poletti, Ardigo, Garofalo, Boccardo, de MM. E. Ferri, Siciliani, Puglia, Vadala-Papale, Gogliolo, Wautrain-Cavagnary, etc. Ce dernier, dans Yldeale del dirilto (Gênes, 1833), a spécialement développé, avec élévation et exactitude, les vues contenues dans notre Idée moderne du droit. Voir aussi Vidée mode ne du droit d'après M. A. Fouillée, par M. Rognard (Bruxelles, 1880), où l'auteur parle des études iuridiques en Belgique.
LIVKE DEUXIÈME