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CONCLUSION

LES IPÉES DIRECTRICES ET LEUR LUTTE POUR L'EXISTENCE — AVENIR DE L'IDÉE DU DROIT

Nous l'avons vu, le droit, tel surtout quej'a représenté la philosophie démocratique en France, n'est au point de vue scientifique qu'un idéal. Le tort de cette philosophie, en le posant immédiatement comme une réalité actuelle, a été de ne pas avoir une conscience assez nette de son propre idéalisme. Elle a parié sans cesse de droit naturel, tandis qu'il eût fallu parler de droit idéal, car la nature ne connaît pas le droit, et le droit n'apparaît que dans la pensée de l'homme. — Ce premier tort tient à un second : notre philosophie traditionnelle n'a pas vu que la liberté morale est elle-même une pure idée, une idée-force et un devenir, non une réalité présente et toute faite ; elle a de plus confondu la liberté avec le libre arbitre, dont on se fait vulgairement une notion antiscientifique et qui se résout pour la psychologie dans un déterminisme en partie inconscient, mais flexible et perfectible. Enfin elle ne s'est

pas toujours rendu assez compte du rang supérieur qui appartient à la liberté idéale et qui en fait pour nous une fin, non un simple moyen ; elle n'a pas rejeté assez franchement la vieille doctrine qui subordonne la liberté à un bien en soi, à la vertu, à la vérité ou à tout autre principe absolu dont on se présuppose en possession. — Ces imperfections de la théorie ont entraîné des défauts pratiques : oubli de la réalité, de la nature, de l'histoire, tendance à projeter l'avenir dans le présent ou dans le passé même et à confondre ce qui sera avec ce qui fut, amour trop exclusif des déclarations de principes et négligence des applications, dédain exagéré de l'intérêt et de la force, ces organes nécessaires du droit, bref les excès de l'enthousiasme joints au manque d'esprit positif.

Le temps est venu de distinguer plus nettement ce qui doit être de ce qui est, l'idée du fait matériel. Quand on a soin de ne pas confondre le domaine de l'idéal et celui du réel, on ne risque pas de perdre le sentiment de la réalité même, et d'autre part on est plus capable de plier celle-ci peu à peu, par des moyens termes savamment combinés, à cet idéal dont on veut hâter la réalisation

Pour nous, nous avons accepté à la fois en leurs principes positifs les trois doctrines de la puissance, de l'intérêt, du droit, et nous les avons superposées dans leur ordre hiérarchique, de manière à former une sorte de construction dont les assises multiples se supportent l'une Tautre depuis la base jusqu'au sommet. Les fondements les plus matériels de Tédi* fice nous ont été fournis par la théorie de la pois*

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