‹ L'Idée, ou Critique du Kantisme [microform]Chapitre 28 sur 50 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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empiriciue.

L'idée se situe dans le phénomène empirique. Nous ne connaissons que les faits, leurs lois, el, dans une certaine mesure, les raisons explicalives d'ordre métaphysique auxquelles nous conduit leur insuffisance essentielle. Notre esprit dépasse la frontière de l'expérience; mais il ne la dépasse qu'à la lumière de Texpérience elle-même.

Est-ce à dire que l'idée se ramène de quelque manière au phénomène empirique? Faut il soutenir qu'en définitive elle n'est qu'un mol, ou bien une image amortie, ou bien encore une pluralité d'images group'ées sous un même signe? En d'autres termes, l'empirisme moderne, qui fait de la conscience humaine un simple registre de la nature, contient-il la réponse que les différentes formes de l'innéisme n'ont pu fournir? Donne-t-il des caractères généraux de Tidéc une interprétation suflisante?

idi':e et phénomène empirique

L'empirisme estcn un sens supérieur à l'innéisme. Un fait incontestable, et dont il faut toujours partir dans une théorie de la connaissance humaine, c'est que rintelligence et la sensibilité portent sur un seul et môme objet, que l'idée, si générale qu'elle puisse être, n'est ([u'un certain aspect de la réalité. Or, ce fait fondamental, les empiristes ont su le remarquer. Interrogeant la conscience, au lieu de tout déduire d'un principe a priori, ils ont senti que c'est une utopie de croire que la science humaine se divise en deux ordres d'objets d'origine absolument distincte, et n'ayant entre eux d'autre rapport (ju'une sorte de parallélisme dans leur développement; ils ont vu que,*malgré leur différence profonde, l'abstrait et le concret ont une seule et même source, l'expérience. Ainsi, leur système peut être incomplet; mais il a cet avantage sur l'innéisme que la base en est sûre. Et cet avantage, Kant luimême l'a reconnu; c'est pour se rapprocher de l'empirisme qu'il a modilié si profondément la théorie de ses devanciers, ({u'au lieu de faire de l'idée un objet inné de toute pièce, il n'en rapporte à l'esprit que les caractères généraux, rendant au phénomène empirique le groupe de propriétés ([u'elle enveloppe.

Mais cette supériorité relative de l'empirisme sur l'innéisme fournit-elle une preuve décisive en sa

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