Automatisme psychiquey p
LUDEE
visage; ce mouvement inconscient peut ôtre supprimé par la volonté; mais parfois il s'exécute malgré la volonté contraire du sujet, fort étonné de cette insubordination de l'un de ses membres *. » Mais on serait interminable, si l'on voulait citer tous les cas qui témoignent dans le même sens : c'est une loi psychologique amplement démontrée par les faits: il en est des idées hjussion comme des représentations mentales du mouvement; elles tendent par elles-mômes à le produire.
Il faut encore élargir le domaine des idées cinétiques. A certaines idées se trouve agglutinée soit par la nature, soit par l'expérience, toute une série de mouvements. Or ces idées, une fois éveillées, tendent à évoquer leur cortège habituel. « A-t-on fermé l'un des poings de Léonie, l'autre se ferme également, les bras se lèvent dans la position de l'attaque, le corps se redresse, la figure change ; les lèvres serrées, les poings fermés, les sourcils froncés n'expriment que la colère. Ai-je mis une main étendue près des lèvres, l'autre main s'y place également et semble envoyer des baisers ; la figure se modifie tout d'un coup et, au lieu d'exprimer la fureur, les lèvres et les yeux, tout sourit. On peut changer indéfiniment ces attitudes, ces poses plas-
t. A. BiNET, Les altérations de la personnalilé, Paris, Alcan, 1892.
IDÉE ET CONSCIENCE
tiques et faire exprimer au sujet l'amour, la prière, la terreur, la moquerie, toujours avec une égale perfection. Il suffit de modifier légèrement un des gestes du corps. » Cette impression donnée suscite une idée générale, qui déchaîne à son tour toute la légion des images et des mouvements qui lui tient '.
L'expérience est aussi claire qu'on le peut souhaiter : les idées tondent à se réaliser par voie d'association.
Il y a donc des idées qui tendent d'elles-mêmes au mouvement; il y a des idées cinctiq cas, et ces idées, il le faut avouer, tiennent une immense place dans le déploiement de notre activité motrice. Mais sont-elles seules à remplir le champ de notre pensée? Nous ne le croyons pas, et notre sentiment, c'est qu'il existe aussi des idées purement statiques. Les feuilles de papier blanc dont je me sers pour écrire, ne m'excitent aies prendre qu'au fur et à mesure que j'en ai besoin. J'entre dansune bibliothèque et j'y trouve un livre en chinois. Les caractères dont il est plein et que j'ai le malheur de ne pas comprendre ne disent rien à mon activité motrice. Je ne m'apei\"ois point que le parquet de