DÉCENTRALISATION ET RÉGIONALISME
moment, ne peut convenir au même titre dès que la région est formée.
Il est d'ailleurs facile de montrer ici même non seulement comme le terme de décentralisation, quand on l'examine d'un peu près, ne dit en somme rien de bien net, mais encore à quelles confusions, à quelles fausses interprétations ce terme peut donner lieu. Il est également facile de montrer à quelles regrettables erreurs l'idée de décentralisation peut conduire certains esprits peu clairvoyants.
On ne trouve guère aujourd'hui de grande ville de province qui n'ait ses sociétés littéraires et artistiques, ses académies, ses gazettes, où l'on ne compte quelques tentatives de théâtre local, où Ton n'organise des fêtes poétiques, des réjouissances musicales, des conférences, des expositions et même des concours. Or, dans ces différentes villes, la plupart de ceux qui croient de bonne foi faire ainsi œuvre de décentralisation se contentent de copier Paris, de suivre ses modes, d'imiter ses tics, renonçant d'avance à toute personnalité. Ce zèle est touchant peut-être, mais il est vain, s'il n'est même pas bien près d'être ridicule, encore qu'il faille louer parfois