J ET [T. —— LA PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE ET LES NOTATIONS CHROMATIQUES
L'emploi de la photographie ordinaire peut rendre évidemment les plus grands services en matière d’identification, pourvu qu'il ne se soit pas écoulé trop d’années et que les retouches n'aient pas été trop nombreuses. On en à eu un exemple lors des émeutes qui eurent lieu à l’occasion du mariage du prince de Crov, à Bruxelles; plusieurs jeunes gens avaient été arrêtés
(1) Quant à l'identification psychique, dont l’école italienne s'est fait une sorte de spécialité, elle ne peut être, à part de très rares exceptions, d'aucune utilité pratique pour l'identification des récidivistes (Edm. Locard, L’Idenlification des récidivistes, p. 285),
qui prétendirent n'avoir même pas été présents à l’'échauffourée. Mais un employé de la police avait remarqué par hasard un assistant qui, de sa fenêtre, prenait une photographie de l’émeute; on put heureusement découvrir le photographe, l'épreuve fut considérablement agrandie, et quelques-uns des jeunes gens arrêtés, trouvés ainsi les bras en l’air et la bouche grande ouverte, furent obligés de cesser leurs dénégations et firent des aveux (1). Pendant les troubles de 1910, la police de Berlin reçut dans le même but l’ordre de prendre le plus de photographies possible.
Mais, pour que la photographie devienne efficace contre les récidivistes, il fallait trouver un moyen de classer les épreuves : ce fut le résultat obtenu par M. Bertillon avec ce qu'il appelle « la photographie si gnalétique », comprenant essentiellement deux épreuves de Ja tête, l’une de face, l’autre de profil, toutes deux réduites au 1/7 et prises dans des conditions identiques. Il serait en dehors de notre programme de nous arrêter sur ce point; signalons cependant pour mémoire l'existence en Angleterre d’une photographie signalétique différente de celle de Bertillon, la photographie dite « naturelle » de l'oreille externe de Niceforo.
Quant aux notations chromatiques de l'iris, du SyS-
tème pileux et du teint, nous n'avons pas ici à entrer
(4) Hanns Gross, Manuel pratique d'instruction judi- Ciaire, I, p. 286.
dans les détails. Ces notations sont possibles grâce à de récentes découvertes et penvent rendre, au moins pour Piris, de Sérieux services en matière d'identification.