‹ L'Identité: Au point de vue judiciaire: Son histoireChapitre 22 sur 68 · DER · texte numérisé non relu

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sous le rapport de la mesure, petit, moyen et grand, chacun de ces termes pouvant être encore complété grâce à une ou plusieurs subdivisions également tripartites (1). On arrive ainsi à obtenir ce que Bertillon appelle très justement le portrait parlé, c’est-à-dire une description presque mathématique, simple, parfaite pour la filature, ne nécessitant aucun matériel coûteux, égales, pour ne pas dire supérieures, par sa netteté et par sa justesse à la photographie ordinaire, susceptible, grâce au système du professeur Reiss et à celui plus récent encore de M. Icard.(2), d’être envoyé télégraphiquement à peu de frais, permettant un classement méthodique des photographies; enfin et surtout si admirable dans ses résultats, malgré le temps et l'application qu’exige son enseignement, qu'un agent muni du seul portrait parlé peut à première inspection reconnaître entre cent celui qu'il cherche (3). Bertillon S’étonnait, en 1893, « qu'il n'y eût pas de traité méthodique du signalement humain, alors qu'il avait existé de tout temps, sous le nom d'hippologie, des ouvrages spéciaux pour la description précise des for-

(1) Alph. Bertillon, Instructions signalétiques.

(2) La méthode proposée l’année dernière par M. Icard, de Marseille, permet de télégraphier non seulement le portrait parlé, mais encore les marques particulières. Voir sur la question les « Archives d'Anthropologie criminelle » nos 182, 190 et 191 (février, octobre et novembre 1909).

(3) A noter l'application du portrait parlé à l'album D. K. V. dont tous les agents des brigades de recherche sont munis,

mes et de la robe du cheval » (1); grâce à lui, il n’en est plus de même maintenant.

Ce n’était pas là d’ailleurs le seul point sur lequel devait se porter sa remarquable ingéniosité. En 1870, le directeur de l'Observatoire royal de Bruxelles publia sur l’anthropométrie un ouvrage (2) où il étudiait surtout les rapports des différentes dimensions du corps humain et où, malgré un chapitre intitulé « De l’avenir de l’anthropométrie », il ne paraissait guère soupconner le développement d’une science dont lui-même ne posait que les premiers linéaments. Douze ans plus tard, en 1882, les travaux et les essais d’Alphonse Bertillon décidaient le gouvernement à inaugurer au Dépôt de Paris sa méthode, puis à l’étendre à toutes les prisons de France et à centraliser toutes les fiches à Paris (3).

L’anthropométrie de Bertilion, autrement dit le bertillonnage, est basée sur les trois principes suivants

1° La fixité presque absolue de l’ossature à partir de l’âge de vingt ans:

2° La diversité extrême des dimensions que présente cette ossature d’un homme à un autre;

(1) A. Bertillon, Instructions signalétiques.

(2) Ad. Quételet, Anthropométrie ou mesure des différentes facultés de l'homme. Bruxelles, Muquardt, 1870,

(3) Circulaires ministérielles du 13 novembre 1885, 28 août 1888 et 23 mars 1897. Pour plus détails, voir Garraud, Traité théorique et pratique d'instruction criminelle et de procédure pénale, 1907, I, p. 500,

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3° Enfin, la faculté et la précision avec lesquelles certaines de ces dimensions peuvent être mesurées (1).

Avec ce système, qui permet un classement de fiches extrêmement simple, on a obtenu les résultats les plus satisfaisants, et nombre de nationalités l'ont adopté. D'ailleurs, à Paris tout au moins où elle appliquée rigoureusement, l’anthropométrie n’a pas eu à enregistrer une seule identification fausse, c'est-à-dire qu'elle n’a jamais fait prendre un individu pour un autre; par contre, elle peut se trouver en défaut, c’està-dire ne pas faire reconnaître des individus récidivistes. Le cas ne se serait présenté que quatre fois dans le service de M. Bertillon, contre trente mille identifications réussies. Quant aux nombreuses erreurs relevées en Russie, en Indo-Chine, au Bengale, en Portugal et dans la République Argentine, on peut les attribuer à des négligences. Mais il faut franchement reconnaître que toutes ces mensurations à faire et à relever constituent une tâche très délicate dans laquelle des agents, même particulièrement habiles et exércés ne peuvent pas éviter certaines erreurs. Aussi, au grand

(1) Les dimensions les plus simples à relever et ayant la plus grande valeur signalétique ont paru être la taille, lenvergure des bras, le buste, la largeur de la tête, la longueur de la tête, de l'oreille droite, du pied, du médius, de lPauriculaire et de la coudée gauches, enfin la largeur de l'oreille droite, aujourd'hui remplacée par le diamètre bizygomatique, soit onze mesures en tout.

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défaut qui consiste pour elle à être tout à fait inutilisable pour les mineurs et peu pratique pour les femmes, lanthropométrie joint celui d’être une méthode infidèle entre des mains insuffisamment expertes. Même comme procédé de classement dés fiches, le docteur Locard voudrait la voir supplantée par la dactyloscopie; il en à fait l'essai dans son propre service, avec plein succès.

Xappelons ici qu'en 1892, M. Georges Bertillon, frère de l’inventeur du signalement anthropométrique, a présenté une’ étude sur la reconstitution du signalement anthropométrique au moyen des vêtements, où la question, extrêmement intéressante au point de vue

pratique; est étudiée très soigneusement.

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