V. — LES MARQUES PARTICULIÈRES
Quant à l'identité anthropométrique vient s'adjoindre l'identité des marques particulières, toute chance d'erreur se trouve supprimée. Ces dernières, quand elles existent, constituent un des plus sûrs procédés d'identification, et cela non seulement pour les récidivistes, mais encore, comme nous le verrons tout à l'heure dans quelques-uns des: procès que nous avons réunis, dans tous les cas d'identité douteuse.
Nous laisserons de côté, comme n'ayant qu'une .mportance secondaire, fout ce qui à rapport aux signes fournis par les dents et les ongles, les signes tératc-
logiques, les déformations professionnelles, pourtant
tre
fort intéressantes (1), les ‘déformations pathologiques (2), enfin les caractères ethniques et anthropologiques, pour nous en tenir au seul examen des tatouages et des diverses cicatrices.
« Le tatouage est, au sens strict, un dessin produit par l'introduction dans la peau humaine de substances colorantes, pénétrant à l’aide d’incisions ou de piqûres. La question qui nous occupe seule, c'està-dire sa valeur en tant que signe d'identité, est comme l’exclusif apanage de l'Ecole lyonnaise (3). » Il faut d’abord savoir, et c’est là une question capitale, que les tatouages n’ont pas une pérennité absolue: 1ls peuvent, dans une certaine mesure tout au moins, disparaître par quatre procédés différents dont le premier seul, très rare d’ailleurs, ne laisse aucune trace : l'ef-
(4) Poncet, La déformation des mains chez les ouvriers verriers. Archives d'anthropologie criminelle (1888, p.229):
Lagrand du Saulle, Traité de médecine légale, 1886, p. 1.009.
Amb. Tardieu, Mémoire sur les modifications physiques déterminées par l'exercice de diverses professions pour la recherche de l'identité. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1849, p. 388.
(2) Dans son Précis de Dédecine légale (1906, p. 206), le docteur Lacassagne cite le cas d'un incendiaire condamné à mort et exécuté à Rouen en 1855, reconnu grâce à une empreinte prise de ses pas et à une verrue qu'il avait sous le pied.
(3) Locard, L'identification des récidivistes, p. 95 et 90.
fr; à PR
facement spontané, l’excision, la surcharge et le détatouage. N’était l’objection que l’on peut tirer de cette disparition possible, les tatouages auraient certainement une valeur identificatrice de premier ordre, étant donné la multiplicité de leurs dessins et la variété de leur situation sur le corps. Tels qu'ils sont, s’ils ne peuvent pas être d’un bien grand secours pour les arrestations, du moins sont-ils précieux pour reconnaitre les récidivistes. Bien plus, dans une foule de cas (l'affaire Tichborne (4) en est une preuve), ils pourront servir à déterminer à coup sûr l'identité douteuse ou tout à fait inconnue d’un individu. Quant aux eicatrices, leur valeur peut être aussi très grande quand elles ne sont pas destinées à disparaitre, Mais préeisément, outre qu'elles sont moins caractéristiques, 1l peut y avoir parfois quelque difficulté à déterminer leur nature, et c’est ce qui les rend, à notre point de vue, fort inférieures aux tatouages, d’une manière générale. Quoi qu'il en soit, tatouages et cicatrices, annexes du signalement anthropométrique, se décrivent actuellement à l’aide d’abréviations convenues et en tenant compte : a) de la forme et de la nature des signes; b) de leur place par rapport à certains points de repère anatomiques ; €) enfin, de leurs dimensions.
(1) Voir plus loin, pu
Etes