‹ L'Identité: Au point de vue judiciaire: Son histoireChapitre 30 sur 68 · II[. — ABSENCE. RÉCLAMATION D'HÉRITAGE (ANDRÉ CASALI · texte numérisé non relu

II[. — ABSENCE. RÉCLAMATION D'HÉRITAGE (ANDRÉ CASALI

C'est au milieu du XvIT siècle que fut écrit le plus célèbre des vieux traités de médecine légale, sous ce titre : « Quæstionum medico legalium tomi tres » (4). L'auteur en était le célèbre Paul Zacchias (2), médecin du pape, et bien des fois consulté par le tribunal de la Sainte Rote pour sa science juridique et ses connaissances médicales. Quelques parties de son livre sont précisément consacrées à l'identité et à la ressemblan-

ce. C’est ainsi qu'il examine longuement et à plusieurs

(1) Pauli Zacchiæ, Romani, totius status ecclesiastici proto-medici generalis, Quœæstionum medico -legalium tomi tres. Lugduni Ex typographia Germany Nanty. M.DC.LXXIV.

(2) Paul Zacchias, médecin italien (1584-1659), médecin du pape Innocent X et proto-médecin des Etats pontifi- Caux,

reprises Ja question, très controversée alors, de savoir si la ressemblance peut faire la preuve de la filiation, notamment en cas de deux mariages consécutifs d’une femme, ou bien en l’absence de tout autre mode de preuve (1). C’est ainsi encore qu'il rapporte le procès d’un noble Bolonais, André Casali (2).

Celui-ci était parti pour la guerre à la fleur de l’âge, et, n'ayant pas donné de ses nouvelles, n'avait pas tardé à passer pour mort. Ses proches se mirent en possession de son héritage qui leur revenait de droit et ils en Jouissaient depuis de longues années déjà. quand vint à Rome un homme se disant Casalt et réclamant ses biens. Bien qu'il eut en sa faveur, outre de graves présomptions, quelques signes fort évidents, il fut néanmoins jeté en prison comme faussaire. Quand son procès vint à être examiné, parmi les arguments qui militaient contre lui, on fit surtout valoir sa grande dissemblance avec le véritable Casali : c'est pourquoi

(1) Zacchias, op. cit — Procès de dame Marguerite, fille de Flavie, contre Marc-Antoine Victorio, frère et possesseur des biens de Jean-Baptiste Victorio qu'elle réclamait pour père en se basant surtout sur la ressemblance qu'elle avait avec lui. — Consultation favorable de Zacchias (tomus II1, consilium LX), suivie d'une décision dans le même sens par le Tribunal de la Sainte Rote, en décembre 1634 (tomus III, decisio LXIX).

(2) Zacchias, op. cit. tomus III, consilium LXI. Bien qu'il s'agisse ici de lidentité d'un Italien, reconnue par une juridiction italienne, nous nous sommes décidés à le rapporter à cause de la célébrité de Zacchias et du rôle qu'il y à joué. Nous ignorons d'ailleurs sa date exacte.

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