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dière avant l'accusation, c'est-à-dire dans un temps non suspect, et celles qu'il avait rédigées depuis pour la justification de sa femme, reconnurent à l'unanimité une entière conformité entre les caractères et la signature des unes et des autres.
Sur les conclusions de M. d’Aguesseau, la Pivardière, qui s'était volontairement constitué prisonnier, fut donc rendu à la liberté le 22 juillet 1699, et put renirer dans son château de Nerbonne, dévasté pendant son absence: la procédure contre les accusés fut continuée pour la forme seulement : il fut démontré que les trois magistrats de Châtillon, Morin, Bonnet et Breton, ayant de graves motifs d’animosité contre le prieur de Charost, avaient été l’âme de ce procès et avait profité des bruits d'assassinat qui Ss’étaient répandus pour y impliquer leur ennemi. Non seulement ils avaient manqué à tous les devoirs de leurs charges en multipliant les irrégularités et en omettant de mentionner les témoignages contraires à leurs plans de vengeance, ils avaient encore poussé la partialhité jusqu'à circonvenir les deux servantes, arrivant ainsi à les faire déposer contre Ia vérité.
Cette triste affaire, qui avait jeté sur la justice tout entière le diserédit mérité par quelques prévaricateurs, fat enfin terminée per un arrêt du 14 juin 4704. Catherine Lemoine étant déjà morte dans sa prison, Marguerite Mercier fut condamnée à la fustigation, à la marque et au bannissement. Quant aux magistrats de Châtillon, un arrêt de règlement du 4 juin 1699 avait déjà rejeté la prise à partie dirigée contre eux, et l'arrêt définitif n’en fit même pas mention.