‹ L'Identité: Au point de vue judiciaire: Son histoireChapitre 6 sur 68 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

L'Identité et l’Identification en général

« Toute définition est dangereuse », a-t-on dit, et cela est particulièrement vrai quand on à à définir une abstraction. Il nous faut cependant au début de cette étude qui roule tout entière sur les questions d'identité, chercher à préciser ce qu'il faut entendre par ce mot.

Il peut être pris dans diverses acceptions. D’après Littré, ce serait, au sens large, « la qualité qui fait qu'une chose est la même qu'une autre, que deux ou plusieurs choses ne sont qu'une »: et, en jurisprudence, ce serait « la reconnaissance d'une personne en état d’arrestation, d'un prisonnier évadé, d’un mort ». La première de ces deux définitions est excellente: elle peut s'appliquer à la fois et à l'identité algébrique,

qui s'exprime par l’équation 0 = 0, et à l'identité

philosophique, c'est-à-dire à l'identité des choses et des personnes au sens usuel du mot. Mais, par contre, il faudrait bien se garder de prendre la seconde au pied de la lettre : même en jurisprudence, ce terme est bien souvent employé en dehors du droit criminel et Littré semble lui donner une sphère d'application beaucoup trop restreinte. |

D'une facon plus complexe, mais certainement plus exacte, on peut dire que, au point de vue juridique, il y à recherche d'identité toutes les fois qu'il s’agit de prouver la véritable personnalité, inconnue où contestable, d’un individu; et, par personnalité, nous entendons ici, dans l’état actuel de la société, le nom, la famille, la nationalité, ainsi que le heu et la aate de la naissance.

De son côté, Tardieu (4) définit ainsi les questions d'identité : « On comprend sous ce nom, dit-il, les recherches et la constatation des signes physiques à l’aide desquels il est possible d'établir soit pendant la vie, soit après la mort, l'individualité de personnes inconnues (identité absolue), ou encore là participa- {ion de tel ou tel individu à certains actes déterminés » (identité relative).

Il est certain qu'il n'existe Jamais dans la nature deux êtres absolument semblables : on Fa dit fort jus-

tement pour deux feuilles de chêne, c’est encore beau-

() Cité par Dechambre et Lereboullet. Dictionnaire des sciences médicales. Article « Identité » par Tourdes.

coup plus vrai pour deux hommes. Sans doute, il est entre individus différents des cas de ressemblance qui déconcertent, nous aurons même à en citer quelques exemples tout à l'heure, mais c’est précisément parce que cette quasi-simihitude n’est pas toujours la conséquence de lidentité qu'il est utile de connaître tous les moyens de l’en distinguer, le cas échéant : c’est

là une des faces du problème de Fidentification.

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