‹ L'idiotie, hérédité et dégénérescence mentaleChapitre 11 sur 31 · ASPECT CLINIQUE · texte numérisé non relu

ASPECT CLINIQUE

vous les verrez changer d'aspect ; elles deviennent tristes, déprimées et mornes. Elles restent immobiles, comme les apathiques que je vous opposais plus haut aux excitées.

Elles restent silencieuses et absorbées. L'appétit vorace a complètement disparu, elles ne mangent presque plus ; enfin elles sont entrées dans la phase de dépression du cycle qu'elles ne cessent de parcourir.

Vous verrez au contraire deux autres émotives dans le service, Liss. . . (fig. 8) et Bard. . . , qui rentrent dans la seconde classe précitée, c'est-à-dire qu'elles ont des phases d'excitation irrégulières sans dépression consécutive \

Liss..., quinze ans; son père est très irritable, homme à l'esprit mobile, serait morphinomane. Sa mère, très nerveuse et impressionnable, eut une frayeur vers le quatrième ou cinquième mois de cette grossesse. L'enfant naquit en imminence d'asphyxie avec une circulaire du cordon; l'accouchement fut très long, après l'engagement.

Le lendemain de sa naissance, puis à dix-huit mois et vers trois et quatre ans, elle eut des convulsions.

Développée normalement au physique, elle ne fixait jamais ceux qui lui parlaient, et son regard restaitconstammentvague.

Cette enfant avait des manies successives. Elle crachait au visage, égratignait, pinçait, enlevait un vêlement. — Ces actes semblaient accomplis sous l'influence de véritables impulsions. Elle est craintive, c'est une émotive.

Fig. 8. — Liss... Ida, quinze ans.

Idiotie acquise. — Régularité dans les traits. — Enfant très émotive, crachant sur les pei"sonnes qui l'abordent.

Ces formes sont également importantes à reconnaître au point de vue pronostic, car lorsque une famille vient vous consulter pour un enfant atteint d'idiotie, c'est surtout votre avis sur l'issue bonne ou mauvaise de l'inûrmité qu'elle demande. — Or, les émotifs sont presque toujours incurables, et presque aussi peu susceptibles d'amélioration que les sujets atteints d'idiotie acquise.

Voyons maintenant quels sont les symptômes physiques que présentent ces pauvres déshérités de la nature. Comme l'idiotie congénitale est la plus fréquente, je repasserai d'abord rapidement en revue les stigmates physiques dont nous avons déjà parlé à V Anato}7iie pathologique. — Ce sont des malformations des os du crâne et de la face, donnant lieu à la microcéphahe le plus souvent, parfois à la macrocéphalie.

Elle avait des périodes d'excitation pendant lesquelles elle criait, émettant des sons inarticulés très aigus. — Cet état durait trois semaines ou un mois; puis elle redevenait tranquille. Ces périodes apparaissaient et disparaissaient sans aucune régularité.

Depuis une rougeole grave, compliquée de bronchopneumonie doulDle, elle présente une amélioration considérable.

Bard..., dix-neuf ans, n'a pas d'antécédents héréditaires directs; inais parmi les collatéraux un oncle paternel s'est suicidé et avait eu un fils fou ; un oncle maternel est mort avec du ramollissement cérébral. — Cette malade est atteinte d'idiotie congénitale absolue. Elle est gloutonne, turbulente d'une façon habïtuelle; elle ne parle pas et pousse seulement des cris gutturaux. Elle se mord les doigts au p(iint d'avoir des callosités; elle a des habitudes d'onanisme et elle est craintive, mais elle présente tous les quinze jours ou tous les mois des périodes d'excitation sans régularité ; la durée de ces périodes est variable comme leur apparition. Pendant ce temps elle s'agite, s'irrite, frappe et blesse ses compagnes, et trépigne de rage. Elle a en outre des stigmates d'hystérie et des rares accès épilepliques.

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