SENSIBILITÉ GÉNÉRALE
eux d'indigestions, des diarrhées chroniques dont je vous ai déjà parlé, parfois môme de la mort par étouffement, pour avoir voulu avaler quelque chose de trop volumineux.
Quand la gourmandise existe chez l'idiot il faut encore l'utiliser. On s'efforce de régler l'individu à ses repas ; mais on se sert de cet appétit très développé pour tâcher d'avancer un peu l'éducation, en promettant quelque gourmandise comme récompense aussitôt que tel travail ou tel mouvement sera exécuté.
La soif semble aussi faire défaut chez certains individus tandis que d autres boiront sans cesse. Ces derniers sont souvent, il est vrai, des enfants de parents alcooliques, et dans ces cas, il faut faire intervenir l'hérédité de mémoire organique.
Ils recherchent d'ailleurs les boissons fortes, et ils absorbent tout ce qui leur tombe sous la main, de l'alcool ayant servi aux préparations anatomiques, ou de l'alcool d'un thermomètre comme cela est arrivé à un malade de Bicêtre.
A l'état normal, les sphincters s'ouvrent et se relâchent volontairement, et sous Tinfluence de sensations particuUères qui sont les besoins d'uriner et de déféquer. Chez l'idiot, si cette sensation n'est pas abolie, du moins elle n'est plus modérée par l'action de la volonté; aussi la plupart du temps, les idiots sont gâteux. De même vous en voyez qui bavent constamment. Ce n'est que par une éducation prolongée que l'on peut arriver à rendre propres ces individus. II faut leur apprendre à demander à
à satisfaire ce besoin, et les conduire aux lieux d'aisance, quelque temps après les repas, pour tâcher de leur en inculquer l'habitude. Oq arrive à la longue à un résultat satisfaisant chez les idiots qui ne sont pas paralysés et qui n'ont pas, avec l'insensibilité, la paralysie des sphincters. La sensibilité générale et la souffrance sont généralement très obtuses chez les idiots. Il suffît, pour s'en convaincre, de les voir s'exposer au froid en hiver, aux ardeurs du soleil en été, présenter des engelures ou des coups de soleil sans paraître s'en apercevoir.
Vous voyez souvent des idiots atteints de gangrène pulmonaire, de pleurésie, de pneumonie, etc., ne manifester aucune douleur et mourir quelquefois subitement par le fait d'une affection grave, sans avoir accusé aucune souffrance. Cela se voit surtout en hiver. En effet, les idiots supportent mal le froid, même lorsqu'ils ne paraissent pas s'en apercevoir. Beaucoup tombent à cette époque, comme je vous Tai fait remarquer plus haut, dans un état d'apathie très accentuée et ressemblent à des animaux hibernants. Il est bien certain que, dans cet état, ils ont une activité vitale moindre ; leur organisme se défend moins bien, en un mot ils sont beaucoup plus vulnérables.
Ceci vous montre combien la médecine devient difficile chez l'idiot. Ces malades demandent à être suivis constamment, et au moindre changement que vous observerez, vous devrez vous tenir en éveil et les examiner avec soin. Vous les ausculterez, vous passerez en revue chaque