‹ L'IdyLLE DES CERISESChapitre 12 sur 18 · LA CUEILLETTE · texte numérisé non relu

LA CUEILLETTE

La propriété de M" Galley comprenait, outre le jardin, plusieurs vergers où existent encore aujourd'hui des cerisiers et le village de Glapigny était, il y a quelques années, le plus renommé de la région pour ce genre de production. D'autre part, les baux de location cités plus haut nous apprennent que M” Galley se réservait les fruits de certains arbres à son choix, avant la récolte. Il s’agit certainement ici de cerisiers, le pays ne produisant guère à cette époque d’autres arbres à fruits. « Prélèvera la dite dame, soit fruits d’iceux auparavant que de procéder à partage des autres. » Et, ailleurs : « Se réservant avec le jardin et noisetiers qui sont dedans et autour du dit jardin et encore les fruits et prises de quatre arbres fruitiers et deux noiers à son choix » ou encore « huit arbres à choix dans le verger ».

On peut supposer avec quelque raison que Claudine Galley était allée le 1° juillet 1730 à La Tour précisément pour réserver quelques cerisiers au lieu et place de sa mère restée à Annecy ou pour partager la récolte, la ferme étant louée à moitié fruits.

On pourrait également invoquer la tradition

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qui, au château de La Tour, a transmis, de fermier en fermier, jusqu'à nos jours le souvenir de cette scène. Si l’on ne montre plus le cerisier sur lequel Jean-Jacques était grimpé et qui aurait été coupé vers 1842, on indique encore, du moins, son emplacement.

Enfin, nous ajouterons ce dernier renseignement qui nous semble avoir quelque importance :

Il existe actuellement à Ugine (Savoie) dans l'intéressante collection de M. Perrier de La Bâthie, une ancienne peinture représentant la scène du cerisier décrite par Rousseau. Or, cette peinture provient de l'habitation, à Ugine, d’une nièce de Claudine Galley, M" Josephte-Marie- Charlotte de Galley de Saint-Pierre, épouse de noble Joseph-Marie Delachenal, avocat au Sénat de Savoie, dont M. Perrier de La Bâthie est un des descendants.

Ce tableau était placé dans le trumeau de la cheminée d’une salle à manger, style Louis XVI, dont les dessus de portes étaient ornés, l’un d’une peinture représentant le château de La Tour, l'autre d’un portrait de Josephte-Marie-Charlotte Galley, exécuté en 1790 et que possède encore

M. Perrier de La Bâthie.

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