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Galley avait attendu dix ans avant de se marier, comme si le souvenir troublant de Jean-Jacques avait suffi à remplir son cœur. Elle avait épousé, en 1740, un noble sénateur au souverain Sénat de Savoie, Jacques Sautet, qui était âgé de soixante ans lorsqu'il la conduisit à l’autel !7 Elle en avait trente ! |
Devenue veuve en 1761 et n'ayant pas eu d'enfant, elle devait survivre à Rousseau. Elle mourut à Chambéry le 16 mars 1781 une année avant la publication des premiers livres des Con/fesgions 3.
Ainsi, elle n’a pas pu lire, avant de s’éteindre, le récit célèbre qui allait apprendre son nom à la postérité et l’auréoler pour toujours d’une si douce poésie.
Son amie, M de Graffenried, après avoir passé quelques années au second monastère de la Visitation d'Annecy, puis, comme pensionnaire, chez les Dames de Bonlieu, dormait son dernier sommeil dans l’ancienne chapelle du couvent du faubourg de Bœuf ?.
Une autre tombe s'était ouverte encore : cellelà, à Chambéry, sur la colline de Lémenc, en
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face des Charmettes, pour recevoir la pauvre « Maman », morte, presque misérable, le 29 juillet 1762 °°.
Enfin, la fidèle messagère de Jean-Jacques auprès de M"*° de Graffenried, Esther Giraud, qui avait eu pour lui une passion sincère autant que malheureuse, était morte en 1774.
En écrivant sa « Rêverie », ce dimanche des Rameaux (1778)'', Rousseau n'avait plus que quelques mois à vivre et, c’est, peut-être, d’une main fremblante d'émotion qu'il ajouta ces lignes, qui sont comme son dernier adieu à la Savoie :
Il n'y à pas de jours où je ne me rappelle avec joie et allendrissement cel unique el court Lems de ma vie où je fus mot pleinement, sans mélange el sans obstacle, el où je puis vérilablement dire avoir vécu. Je puis dire à peu près comme ce préfet Ou préloire, qui, disgracié sous Vespasien, s’en alla finir paisiblement ses jours à la campagne : « J'ai passé soixante et dix and sur la lerre el j'en ai vécu sept. »'?.
CARL À. RUBASILL