‹ L'Idylle éternelleChapitre 15 sur 38 · PAYSAGE SENTIMENTAL · texte numérisé non relu

PAYSAGE SENTIMENTAL

La chambre toute désolée N'a rien gardé de notre amour.

Tout est vide depuis le jour, Méchante, où tu t'en es allée.

Mais dans le bois, le petit bois Où nous menait la vieille route.

Je te retrouve toute, toute, Avec l'ivresse d'autrefois.

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Sous son ombre mystérieuse Il a, dans le parfum des lys, Embaumé l'amour de jadis, Si loin de toi, chère oublieuse !

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D'incertitude nuancé, Le soleil d'avril, dans les branches, Evoque en moi, visions blanches, Ton cher sourire du passé.

Quelque chose comme une larme Semble trembler dans un rayon Et c'est, ô blanche vision, Même tendresse et même charme.

On voit dans les feux irisés Frissonner les feuilles de lierre.

Le battement de ta paupière Etait pareil sous mes baisers.

Ce petit ruisseau qui se ride Aux dernières brises du soir, Tout plein de ciel, me fait revoir Tes doux yeux d'un azur timide.

Des frissons d'ailes gracieux Se posent sur des campanules. Ainsi des rêves, libellules.

Erraient toujours dans tes doux yeux.

L'orage tord les jeunes plantes.

L'eau s'émeut sous un coup de vent.

Tes doux yeux ainsi trop souvent S'emplissaient de tristesses lentes.

Parmi l'herbe disséminées, Marguerites aux cols fluets, Primevères et graminées, Et forêts vierges de bluets ;

Dans les sentes, des pendentines Elégantes de liserons, De viornes et d'églantines, Qui venaient effleurer nos fronts ;

Et ces floraisons dans les branches Encombraient d'un exquis fouillis D'or et d'azur, vertes et blanches, Ce petit coin du Doux Pais

yo L'Idylle éternelle

Te souvient-il, ma douce amie.

Du petit coin bien abrité Où, rose, tu t'es endormie Dans les roses, un soir d'été ;

Où j'ai, moi, sous les branches vertes, Veillé délicieusement Ton sommeil exquis et charmant, Dormeuse aux lèvres entr'ouvertes ?

— J'erre encor dans le petit bois Pas à pas, (extases pareilles !) Et n'osant respirer, parfois, Car j'ai peur que tu ne t'éveilles.

L'Idylle éternelle -ji

Quand les bois sont pleins de murmures, J'entends la douce et chère voix Qui gazouillait sous les ramures Dans la solitude des bois.

Tout se taisait pour mieux entendre Dans un sourire émerveillé La musique rêveuse et tendre De ton rire de pleurs mouille.

Et quelquefois une fauvette, Pressentant une exquise sœur, Mêlait sa voix, oh ! l'indiscrète, A ta voix pleine de douceur.

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