BIBLIOTHECA
Il erra longtemps dans les bois Pleins pour lui de sons de hautbois Et d'odelettes ravissantes Et vit vos corps roses souvent, Nymphes, quand il passait, rêvant, Parmi la profondeur des sentes.
Il pâtit souvent de la laim Dans ses caravanes sans fin Et, suivant Fracasse, l'Etoile, Marton, Léandre et dona Sol, Prit des leçons du rossignol En couchant à la belle étoile.
Il n'eut parfois pour s'habiller Qii'un costume de vieux papier, Mince, peu sûr et tout en loques, Mais pour ses rêves, dans ses vers.
Il faisait de beaux pourpoints verts Aux scintillantes pendeloques.
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On l'eût bien pris pour un voleur !
Il faisait métier de souffleur Et soufflait d'indigestes proses, Mais dans les sentiers incertains En rhythmes superbes, hautains, Il chantait la gloire des Roses.
Captivé par les longs cheveux.
Les lèvres et les reins nerveux D'une enfant sans mélancolie, Il la suivait tout en chantant, Et restait l'amoureux pourtant De la belle nymphe Thalie.
Il erra longtemps. Mais, un jour, Il dut s'arrêter au détour De la route, pris de fatigue.
Il mourut, ce musicien, Eidèle à son culte ancien.
Sous le ciel de clartés prodigue
V Idylle éternelle
Que notre sort n'est-il ainsi !
Nous voudrions errer aussi Parmi la nature enivrante Et, dédaigneux du repos vil, Aux premières brises d'avril, Suivre la Comédie errante.
Et s'il nous faut rester cloués Dans nos laides maisons, voués A l'écœurante platitude, Nos esprits libres, nos esprits Tout enfiévrés se sentent pris D'une semblable inquiétude.
Notre âme est, comme Glatigny, Toujours éprise d'infini Et d'aventureuse musique, Et toujours nous recommençons Par nos incessantes chansons Un éternel Roman Comique.