LE ROSSIGNOL
K^i Léon Dierx
Il fait nuit et les bois sont calmes, Un souffle léger par instants, Ose à peine agiter les palmes Sur des rhythmes doux et chantants.
Dans le grand silence féerique Soudain éclate un chant béni, Un chant de poète lyrique Modulé d'un art infini.
V Idylle éternelle 107
Ecoutez bien ! c'est l'ouverture Du miraculeux opéra.
Le théâtre, c'est la nature, lit le Rossignol chantera.
Le Rossignol jette ses rimes Par delà les cimes d'argent, Par delà les lointaines cimes De l'azur nocturne émergeant.
Pour baiser les douces menottes Qu'aime tant ce triste Lindor, Le Rossignol jette ses notes Par delà les étoiles d'or.
Dans le silence ému, dans l'ombre, Ecoutez cette exquise voix, Cette voix éclatante et sombre Qui remplit de rêves les bois.
lo8 L'Idylle é le nielle
Un amour décevant et triste Pleure en ce chant inimité Que l'âme ardente de l'artiste Fait vibrer dans l'illimité.
SONNETS r/ETUDE
La piazza
A José-Maria de HereJla
C'est une place immense avec des colonnades De marbre, et qui descend par des grands escaliers Au Canal dont les flots calmes et réguliers Bercent des s:alions d'œillets et de grenades.
no L' Idylle éternelle
Sur le pavé de marbre on voit les promenades Lentes se dérouler des graves Bacheliers, Capucins, Sénateurs, Marchands ei Chevaliers, Et la nuit on entend de vagues sérénades.
Des Orateurs sous les Portiques. Mais le soir Tombe : on va sur des bancs de cipolin s'asseoir Et l'on entend le grand poète sonnettiste.
Puis passe avec sa cour aux pourpoints bleus et verts
La grande Impéria, la courtisane artiste,
Qui s'arrête un moment pour écouter des vers.
VIdyUe élerneUe