LES CHATS
^4 Léon VaJade
Toi que comprennent bien les chats silencieux, Tu te pâmes, mignonne, à perdre tes mains fines Dans la riche toison de ces bêtes divines, A plonger longuement tes regards dans leurs yeux.
Au fond de leurs yeux verts, livre mystérieux, Tu déchiffres ton rêve, et ces âmes félines Reflètent, n'est-ce pas, les visions câlines Q.ue ton inquiétude évoque en d'autres cieux.
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Lorsque tes doigts nerveux frissonnent, sympathiques, Au toucher onduleux de leurs corps élastiques, Ils se pâment sous ta caresse. Cherchent-ils
Aussi dans tes grands yeux ton âme délicate, Sentant bien que tu n'es, sous ces dehors subtils. Qu'une voluptueuse et dangereuse chatte?
L'Idylle èteiuelh i i 3
^i ^4ll-eil Mérnl
Vous êtes sculpturale, et belle, je le sais,
A tenter le ciseau d'un jeune Praxitèle :
Mais je veux voir en vous, chère, ô chère Immortelle,
Une musique frêle aux soupirs cadencés.
Votre beau corps est fait d'accords doux et lassés ; Si l'on entend un vers, on dit de vous : c'est Elle Votre souple démarche est gracieuse et telle Qu'une ode déroulant ses rlivihmcs enlacé»^.
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Lorsque vous modulez quelques phrases tragiques, C'est le sanglot sans fin des violons magiques ; En sons miraculeux, subtils, filés, perlés,
Lorsque vous nous chantez même un fragment de prose, Votre voix s'éparpille, et lorsque vous parlez, C'est quelque chose comme un air du Cimarose.
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