‹ L'Idylle éternelleChapitre 22 sur 38 · LES CHATS · texte numérisé non relu

LES CHATS

^4 Léon VaJade

Toi que comprennent bien les chats silencieux, Tu te pâmes, mignonne, à perdre tes mains fines Dans la riche toison de ces bêtes divines, A plonger longuement tes regards dans leurs yeux.

Au fond de leurs yeux verts, livre mystérieux, Tu déchiffres ton rêve, et ces âmes félines Reflètent, n'est-ce pas, les visions câlines Q.ue ton inquiétude évoque en d'autres cieux.

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Lorsque tes doigts nerveux frissonnent, sympathiques, Au toucher onduleux de leurs corps élastiques, Ils se pâment sous ta caresse. Cherchent-ils

Aussi dans tes grands yeux ton âme délicate, Sentant bien que tu n'es, sous ces dehors subtils. Qu'une voluptueuse et dangereuse chatte?

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Vous êtes sculpturale, et belle, je le sais,

A tenter le ciseau d'un jeune Praxitèle :

Mais je veux voir en vous, chère, ô chère Immortelle,

Une musique frêle aux soupirs cadencés.

Votre beau corps est fait d'accords doux et lassés ; Si l'on entend un vers, on dit de vous : c'est Elle Votre souple démarche est gracieuse et telle Qu'une ode déroulant ses rlivihmcs enlacé»^.

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Lorsque vous modulez quelques phrases tragiques, C'est le sanglot sans fin des violons magiques ; En sons miraculeux, subtils, filés, perlés,

Lorsque vous nous chantez même un fragment de prose, Votre voix s'éparpille, et lorsque vous parlez, C'est quelque chose comme un air du Cimarose.

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