‹ L'Idylle éternelleChapitre 7 sur 38 · POUR UNE AUTRE · texte numérisé non relu

POUR UNE AUTRE

Oh ! ces yeux, terribles charmeurs Dont l'abîme obscur m'épouvante, Qui me font vivre et dont je meurs !

Clarté noire, candeur savante !

Menace de cieux inédits, De l'enfer promesse vivante !

Sont-ils les phares des maudits ?

Ou les belles lampes des anges Dans les blancheurs du Paradis ?

Faut-il qu'on chante leurs louanges, Ou qu'on les maudisse, ces yeux Si redoutables sous leurs franges ?

Parfois ils semblent, radieux, Des étoiles inaccessibles A nos désirs audacieux ;

Et parfois, flèches invincibles

Aux pointes lourdes de poison,

Ils prennent tous les cœurs pour cibles.

Qu'ils me donnent un grand frisson.

Ou fassent chanter en mon âme Une très perverse chanson,

J'ai peur des yeux de cette femme.

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