REMI, JOSEPH, LUCIENNE
LUCIEIVIVE, qui voit Augustin se sauver. Eh bien!., où va donc notre jeune abbé, je ne l'aurais pas cru capable de si bien courir.
JOSEPH. On dirait que c'est toi qui l'a mis en fuite.
LUCIENNE. Tant mieux, je ne peux pas
le souffrir.
JOSEPH. Bah !.. et pourquoi donc?..
LUCIENNE. Parce que tu es conscrit et qu'il ne l'est pas; avec ça que parmi les numéros... tu es tombé juste sur le plus mauvais.
REMI. Il a tiré l'as.., c'est excellent au piquet.
JOSEPH. C'est avoir du fi^uignon, sergent; juste le n° 1, un peu plus, je n'avais rien du tout.
LUCIENNE. Tous ces abbés-là feraient mieux de s'*:>nrôler que de laisser partir un brave garçon comme toi... un homme utile; car enfin tues mon seul appui... je n'en ai pas d'autre... et Denise donc ta prétendue... est-ce qu'elle peut se passer de toi... de son mari?..
REMI, Joseph, ne te laisse point aller aux émotions de famille... et vous, petite mère, songez plutôt à faire son sac et aie remplir des meilleurs ingrédiens possibles.
LUCIENNE. Du tout!., j'espère bien qu'il ne nous quittera pas...
REMI. Chimérique espérance...
LUCIENNE. Je vous répète qu'il ne sera pas soldat.
JOSEPH. Comment, explique-toi?
LUCIENNE. Ah ! c'(!sl notre secret à Denise et à moi, tout ce que je peux vous apprendre, c'est que, dans ce monicnt-ci , (îlle esten sentinelle siu' la route , pour voir arriver quelqu'un... Alors, elle viendra nous avertir... et ensuite, vous saurez le reste.
liEMl. Mariez-vous, soyez heureux! j'y compàlirai avec plaisir.