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Scène rurale : la cuite de pain

Le capitaine du St-Joseph qui. en 1639, amena dans la Nouvelle-France, la sainte Mère de l’Incarnation et les autres missionnaires, avait nom Bontemps. N’est-ce pas pour perpétuer le souvenir de ce capitaine que le nom fut donné à la caverne ?

Étant donné la facilité avec laquelle, “l’eau de feu” était alors importé dans le pays, nous croirions plutôt à un simple camouflage du nom, par le changement d’une seule lettre ? Il n’eut pas été étonnant qu’à côté de l’hôtellerie tenue par Madame Cookson, surnommée “ La Providence des Marins ” la grotte que l’on voit maintenant sur la terre Maranda fut

autrefois, non une caverne mais une “ taverne ” où, à cœur joie, l’on se donnait du bon temps.

Chantiers maritimes

Grâce aux chantiers maritimes que les Frères Fillion y maintiennent depuis 1900, St-Laurent est encore de nos jours un centre considérable d’activité, même durant la saison d’hiver.

Chaque année, un grand nombre de vaisseaux y établissent leurs quartiers d'hiver, afin d’être les premiers à prendre la mer, le printemps venu.

A l’initiative d’un citoyen de St-Laurent, François Pouliot (fils de François et de Soulanges Lapierre), est du un service quotidien, inauguré en 1854-55, entre l’Anse de l’église et le marché Finlay (1) Pendant les vingt ans qu’il le dirigea, aucun accident quelconque, dit la chronique, ne fut à déplorer.

Justement renommé est St-Laurent pour l’habileté déployée par ses chaloupiers, dans la construction des bateaux de cabotage.

Les chaloupes de l’ile d’Orléans, confectionnées par les Pelletier, les Lapierre, les Dumas, les Pouliot, les Bouffard, les Laprise, sillonnent nombreuses les eaux du St-Laurent et se distinguent par la solidité de leur charpente et la grâce de leur coupe.

Le premier curé résidant fut le Père Poncelet, Jésuite (1700-1712).

Episode de 1759: Wolfe et le curé Martel.

Lors de l’invasion de 1759, l’abbé François Martel y exerçait, depuis 1731, les fonctions curiales.

Au moment du débarquement de Wolfe et de Carleton à St-Laurent, le souci de sauver son église d’une destruction imminente lui suscita un geste d une placidité héroïque et qui toucha le cœur du conquérant : Sur la porte de l’église

(1) Ce nom fut donné en 1838, en mémoire de William Finlay qui avait donné une forte somme pour faire des travaux d amelioration a ce lieu qui s’appelait jusqu’alors “ La Place ”.

de St-Laürent, il plaça une pancarte et tremblant, caché à quelques verges de là, il attendit :

Ce que les supplications et les larmes des populations étreintes par l’angoisse et les affres du désespoir n avaient pu obtenir, la seule lecture de quelques lignes, produisit l’effet tant désiré.

L’affiche adressée aux Valeureux Officiers de l’Armée Anglaise faisait appel à leur humanité et à leur magnanimité et les suppliait avec instance d’épargner sa chère église et son presbytère; puis, avec une politesse toute française, le curé terminait sa supplique en exprimant le regret “ que le printemps si hâtif le privât du plaisir d’offrir au Commandant de l’escadre anglaise les primeurs de son jardin

Wolfe, qui sans doute comprenait la langue de Racine, puisque, suivant un de ses biographes, “ il avait appris la langue d’Homère avant de prendre la lance d’Achille et était imbu du désir d’unir aux lauriers les palmes de Minerve,” arrêta la marche de son détachement pour s’enquérir de l’objet de cette requête.

Cette supplication muette -toucha l’âme de Wolfe, tant il est vrai que la meilleure arme, pour vaincre l’obstination superbe du plus fier Sicambre, est de faire appel à la noblesse et à la générosité de son cœur.

Wolfe, le vainqueur de la bataille des Plaines d’Abraham.

En maints domaines, que de conquêtes pacifiques n avonsnous pas faites depuis la cession du pays, en adressant un suprême appel au “ fairplay britannique ”!

L’histoire rapporte que non seulement l'église de St- Laurent fut épargnée par les boulets des envahisseurs mais que le général, gagné par les procédés délicats du vieux curé français, fit ajouter au presbytère une annexe, dont il paya les frais de construction.

C’est à St-Laurent même que le lendemain, 28 juin, Wolfe signait et lançait son fameux manifeste, dont nous relatons

ici les principales clauses :

(Texte)

The King of Great Britain wages no war with the industrious peasant, the sacred orders of religion and the defenceless women and children.

To these, in their distressful circumstances, his royal clemency offers protection. The people may remain unmolested on their lands, inhabit their houses and enjoy their religion in seeurity.

But, if by a vain obstinaey and valour, they présumé to appear in arms, they must expect the most fatal conséquences : their habitations destroyed, their sacred temples exposed to an exasperated soldiery, their harvest utterly ruined and the only passage for relief stopped up by a most formidable fleet.

Given at St-Laurent, June 28th, 1759.

Wolfe.

( Traduction )

Le Roi de la Grande Bretagne n’entend pas faire la guerre à l’artisan de la glèbe, aux cultes religieux établis, aux femmes et aux enfants sans défense. Dans leur détresse, sa clémence royale leur offre protection. Le peuple peut, sans crainte d’être molesté, demeurer sur ses terres, dans ses maisons, et exercer ses devoirs religieux en toute sécurité.

Mais, si cédant à une vaine obstination et à une vaillance mal inspirée, les populations prennent les armes contre la Couronne Britannique, ils devront en subir lés plus terribles conséquences : la ruine complète de leurs récoltes, la destruction de leurs habitations, le saccage de leurs temples par une soldatesque exaspérée, le blocus, par une flotte formidable, du fleuve St-Laurent, rendant ainsi impossible tout espoir de délivrance.

Donné à St-Laurent, ce 28 juin 1759. Wolfe.

La voix de la patrie en danger fit dédaigner cet appel. Le patriotisme domina la crainte et l’intrépidité répondit aux menaces. La population de l’Ile d’Orléans s’arma de toutes armes : fusils, mousquets, fourches et faulx, etc., pour repousser l’envahisseur.

Aussi, toutes les paroisses de l’Ile d’Orléans furent-elles ravagées et pillées, les maisons incendiées, les moissons détruites, les églises saccagées, les cloches enlevées. Seules furent épargnées l’église de St-Laurent et quelques autres constructions, où l’état-major anglais établit ses quartiers généraux.

Premiers colons de St Laurent I. O.

Les premiers colons qui s’établirent à St-Laurent furent les familles Pouliot et Chabot. La terre près de l’église, maintenant occupée par Samuel Pouliot, est la terre ancestrale de Charles Pouliot, qui s’y fixa vers 1665.

Détail digne de mention, elle a toujours été possédée par un descendant direct de Charles Pouliot, sans jamais changer de nom.

Ce premier Charles Pouliot mourut en 1699 et sa veuve Françoise Lemonier, épousa Jean -Paul Maheu.

Le contrat de mariage, passé devant Rageot, notaire, porte la date du 26 septembre 1700 et contient la clause originale que voici.

“ Les conjoints promettent s’épouser sans s’avantager “d’aucun bien ny de part ny d’autre, sans entrer encommu- “nauté ni en connaissance des dettes de l’un de l’autre, espé- “ rant seulement de vivre ensemble comme deux bons amis, “pour avoir soin l’un de l’autre, le dit Maheu faisant valoir le “ bien de la future épouse au profit de l’un de l’autre.”

Le règne de cette amitié fut éphémère, puisque les registres de St-Pierre font foi que le 11 juin 1703, Jean-Paul Maheu, devenu veuf, épousait Dame Anne Petit, veuve de feu Antoine Juchereau.

N ayant pu trouver les conventions de mariage qui précédèrent cette derniere union, nous ne pouvons juger si ce dernier convoi fut un mariage d’amour ou de raison.

Le moulin à farine en pierre, que 1 on voit a St-Laurent, sur le chemin conduisant à St-Jean et mû par l’eau est l’ancien moulin seigneurial des seigneuresses Drapeau.^

Dès 1675, mentionnent les livres de compte du Séminaire de Québec, une somme de 65 lvs fut payée à Charles Pouliot “ pour une fusée et un bras de rouet par lui fournis pour le moulin du Sud

Moulin Gosselin”, autrefois la propriété des Seigneuresses Drapeau

En 1858, François Gosselin fit l’acquisition de ce moulin des Demoiselles Drapeau, les seigneuresses, par acte passé devant Me Nazaire Lame, notaire.

St-Laurent de l’Ile d’Orléans est un endroit de villégiature très recherché. Phi grand nombre de familles québécoises y possèdent de magnifiques villas.

PTn instituteur centenaire

Le couvent de St-Laurent, dirigé par les Sœurs du Bon- Pasteur depuis 1875, partage avec celui des Dames de la

Congrégation, établi en 1685 à Ste-Famille, l’honneur de recevoir chaque année de toutes les paroisses de l’Ile un fort contingent de jeunes filles qui y reçoivent une éducation soignée.

Aussi remarque-t-on, lorsqu ’on pénètre dans les foyers insulaires, la distinction des manières, la culture intellectuelle et le charme des mœurs patriarcales de la doulce France.

L’instruction a toujours été en honneur dans l’ile, mais; autrefois elle se donnait dans des conditions autrement plus difficiles que de nos jours.

En 1858, décédait à Ste-Famille, à l'âge de cent onze ans et dix mois, le plus vieil instituteur du Canada, Pierre Descombes, qui à ce titre détient probablement le record du monde entier. Né à Bordeaux en 1746, soldat de Napoléon, il fut fait prisonnier à Trafalgar où il vit tuer Nelson, enseveli comme Wolfe, dans un linceuil de gloire. Mis en service sur un vaisseau anglais venu à Québec, Descombes réussit à s’évader et se réfugia à fille d’Orléans. Devenu sujet britannique, il se livra à l’enseignement. Pendant près de vingt ans, il tint une école ambulante, allant de “maison en maison”, par toutes les paroisses de l’ile, enseigner aux enfants, avec les rudiments de la grammaire et l’attachement aux traditions françaises et une loyauté sincère à leur pays d’allégeance.

M. l’abbé U. -W. East est, depuis 1907, chargé des fonctions curiales de la paroisse de St-Laurent.(l)

St-Jean

St-Jean est, de toute l’ile d’Orléans, la paroisse la plus considérable, la plus importante, la plus populeuse. Le groupement des habitations à proximité de l’église et du quai, construit grâce aux instances de quelques citoyens influents tels que le notaire NazaireLarue, Nazaire Turcotte, lui donne l’apparence d’une ville, bien que les limites de la pa-

(1) On trouvera la liste complète des missionnaires et curés de la paroisse de St-Laurent à l’Appendice, page 163.

roisse s’étendent du côté de l’est, à la rivière Dauphine ou Bellefîne et à l’ouest à la rivière Maheu.

“ La Pointe à Blaye ”, au pied de la falaise, à deux milles du village est l’endroit de prédilection des touristes, amateurs de pique-niques et de pêche.

St-Jean est le foyer de toutes les activités de l’Ile. On y trouve des professionnels, des marchands, divers corps de métiers, des industriels, des capitaines au long cours, des

Maisons Blouin et Dion, St-Jean

rentiers qui ont choisi cet éden pour y passer, dans une douce quiétude, le reste des jours que la Providence leur ménage, puis tout un esssaim de pilotes, fiers de réclamer comme leur premier ancêtre prqfessionnel “ l'honorable homme René Maheu, pilote de son état ”, établi sur son fief de la rivière Maheu.

De fait, l’ile d’Orléans fut en quelque sorte pour nos pilotes canadiens une école d’hydrographie où se forma, dans la succession des âges, cette élite de navigateurs qui n’ont jamais démenti la confiance dont ils ont été honorés. L’expérience, l’habileté, la probité proverbiale des pilotes lamaneurs de St-Jean et de St-Laurent les font rechercher, comme d’ailleurs leurs émules de St -Michel, par les grandes

compagnies maritimes, pour la manœuvre de leurs “palais flottants ”, à travers les écueils du St-Laurent.

Chaque jour les salves de sirène, que les navires lancent dans les airs en passant devant St-Jean, signalent aux parents terriens et aux villégiaturistes un appel de services ou 1111 joyeux salut d’affection à l’épouse et aux enfants du pilote en charge du vaisseau.

Série de naufrages

Parfois, il arrive que le deuil entre soudain dans la famille de ces braves pilotes. Trop souvent, hélas ! la mer réclame, elle aussi, des holocaustes et des victimes.

Le registre funèbre de St-Jean mentionne spécialement quatre grands naufrages:

Celui du 21 mai 1792, près de la Pointe Sèche, dans lequel Barthélemy Lachance et neuf de ses compagnons, dont le seigneur Laurent Mauvide et l’abbé Hubert, curé de Québec, trouvèrent la mort.

Celui de la goélette Alexandre Victoire au Pot à l’eau de vie, le 28 juillet 1839, qui coûta la vie à six pilotes et apprentis pilotes ; les quatre autres navigateurs, grâce aux rames, échappèrent aux horreurs du trépas.

Celui de l’automne 1838 occasionnant la perte de la goélette Swallow et de son équipage, y compris le pilote en charge, Pierre Forbes., de St-Jean.

Celui du 23 septembre 1839 . La St-Laurent No 28, voilière préposée au transport des pilotes, disparut à jamais, près de la rivière Madeleine, sans que les quinze pilotes, dont treize de St-Jean, deux de St-Michel, les six apprentis pilotes et les deux hommes d’équipage pussent être retrouvés jamais.

On peut lire dans Le Canadien du 13 novembre 1839, le récit de ce funèbre accident et les signalements propres à identifier les vingt-trois malheureuses victimes de la mer.

Il y a deux ans à peine, un citoyen particulièrement estimé de St-Jean, M. Jules Lachance périt près de l’Ile aux Coudres, alors qu’il pilotait un navire vers le golfe. Malgré d’actives recherches, sa famille et ses amis, n’ont pas même eu

la consolation de retrouver son corps, pour le déposer en la terre natale.

L’automne dernier encore, la population apprenait avec consternation le naufrage dans le golfe du Guide, ensevelissant dans un tombeau commun plusieurs citoyens importants de Québec et de Lé vis.

Pour donner une idée du douloureux tribut payé à la mer par la seule paroisse de St-Jean, il suffira de rappeler que, de 1832 à 1844, quarante-huit marins périrent dans les flots : une moyenne de quatre par année.

Malgré les périls constants et les hasards de voyages lointains sous toutes les latitudes, la carrière de pilote a toujours exercé une grande attraction sur la jeunesse de St-Jean. On compte encore un grand nombre de pilotes en service actif, de capitaines au long cours et de pilotes en retraite. On pourrait dire des fils de marins, nés à File d’Orléans, qu’ils grandissent les yeux fixés sur Fonde, dont les mystérieux appels les fascinent et les entraînent.

Le massacre de Jean de Lauzon par les Iroqltois.

C’est pour honorer le gouverneur de Lauzon dans son fils aîné, sénéchal de la Nouvelle-France, que le nom de St-Jean- Baptiste fut donné à cette paroisse.

Jean de Lauzon fut malheureusement, en 1661, la victime de sa générosité :

A la nouvelle d’une incursion des Iroquois dans File, il voulut, avec une huitaine d’hommes, aller prévenir Louis Hébert de l’Épinay, son beau-frère, alors à la chasse.

En prenant terre à la rivière Maheu, Jean de Lauzon tomba avec Nicolas Couillard de Bellerive et ses autres compagnons sous les flèches des ennemis, placés en embuscade derrière les grosses roches, encore visibles à l'embouchure de la rivière Maheu. Ils furent inhumés à Québec, ainsi qu’en font foi les extraits ci-contre consignés aux registres de Notre-Dame de Québec:

La rivière Maheu, où furent tué dans une embuscade, Jean de Lauzon et ses compagnons.

Extrait de Notre-Dame de Québec

L’An 1661, le 29 juin , ont été enterrés ensemble, dans l’Eglise : Messieurs Jean de Lauzon, Sénéchal du pays, Nicolas Couillard dit Bellerocher aagé de 20 ans, fils Mr Guillaume Couillard ancien habitant de ce pays et Ignace Senestre ait Durocher aagé de 24 ans. Lesqicels avaient été tués le 22e du même mois par les Iroquois.”

“ 1661 N. D. Québec.

“ Même jour, même année et en même temps ont été interrés clans le cimetière aussi ensemble, quatre hommes qui étaient avec les susdits scavoir : Elie Jacquet dit Champagne, serviteur de Madelle de Repentigny, Jacques Perroclie, Toussaint. . . François, serviteur de M. Couillard.”

Archives paroissiales

En 1672, fut érigée la première église de St-Jean. Le premier curé en titre fut M. de Francheville (1663-1688). Les plus anciens registres remontant à 1682.

D’après la tradition, la nouvelle église aurait été érigée en 1732, par M. René Philippe de Portneuf, alors curé de

Maison Lessard, St-Joachim, près de laquelle fut tué l’ancien curé de St-Jean, M. de Portneuf

St-Jean, devenu plus tard curé de St-Joachim; le 23 août 1759, il tomba sous les balles ennemies, près de la maison du seigneur Lessard, maintenant occupée parM. Cyrias Ouellet.

L’église de St-Jean, comme celles de St-François et de Ste-Famille, est remarquable au point de vue de l’architecture. L’intérieur est très intéressant à visiter.

L’église de St-Jean possède plusieurs tableaux, dont le plus beau est, sans contredit, un saint Fraçois-Xavier, par Plamondon.

Un rapport adressé à l’évêque, en 1852, atteste : que la paroisse de St-Jean (mesurant deux lieues et quart par soixante-dix arpents de profondeur moyenne) comprenait alors une population de 1,242 âmes, répartie en deux cent quarante-une familles, toutes d’origine française et catholique, que la société de tempérance, établie en 1842, comptait parmi ses membres presque tous les francs-tenanciers.

Ne peut-on pas, à soixante-quinze ans de distance, lui rendre le même témoignage? A l’heure actuelle, malgré

son accroissement et son développement commercial, la paroisse de St-Jean de l’ile n’a aucunement dégénéré et mérite, encore, à tous égards, d’être citée comme le prototype de nos institutions paroissiales.

Le curé de St-Jean, à l’époque du grand siège, de 1759, était M. Dominique Devole.

La note reproduite ci-dessous, portant date du 10 octobre 1760, écrite de sa main dans les registres de St-Jean, révèle les difficultés sans nombre de la situation, les sentiments d’inquiétude et de frayeur qui hantaient les pasteurs, tout dévoués aux troupeaux confiés à leur sollicitude.

“ Je confesse de plus que je placerai et écrirai les registres “ sur ( feuilles mobiles ) à la suite de cette remarque à mesure “ que la prudence le permettra. Je confesse de plus enfin que “ je n’ai pu écrire et mettre les dits registres sur ce livre à “ l’occasion de la guerre de l’année dernière et de la pré- “ sente. Fait et écrit la présente remarque à St-J ean-Baptiste “ avant-midi l’an et jour que ci-dessus.”

(Signé) . Devole.

La bienveillance de M. l’abbé Hunt, le curé actuel de St-Jean, m’a permis d’exhumer des registres de sa paroisse, le fait intéressant que je viens de relater.

Le Docteur Hubert Larue

Dans le cimetière, tout auprès de l’église St-Jean, dont le clocher projette l’ombre consolatrice sur le champ des morts, repose, depuis 1881, l’un de nos hommes de lettres les plus distingués, feu le docteur Hubert Larue. Dans son testament, il avait exprimé le désir que sa dépouille mortelle fût rendue à sa terre natale où, depuis la mort de deux enfants chéris, gisaient les débris de son cœur.

Ses vœux ont été pieusement exaucés : le docteur Hubert Larue dort son dernier sommeil dans la douce quiétude du cimetière de St-Jean, inlassablement bercé par le murmure des flots du grand fleuve, dont il a si bien exalté les beautés dans ses “ Mélanges ” et autres productions littéraires.

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