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Scène champêtre : “Sous le joug

L’industrie sucrière

Le sucre d’érable, on le sait, ne se fabrique qu’au Canada et aux Etats-Unis et, de la production totale du Canada, la province de Québec en détient les quatre-cinquièmes.

C’est dire l’importance de l’industrie sucrière toujours en progrès dans notre province, grâce aux conseils éclairés des experts que le ministère de l’agriculture met à la disposition des cultivateurs.

D’après la statistique, la récolte de sucre en 1920 a été de 31,000,000 de livres.

Il est donc d’importance primordiale, au point de vue du rendement industriel, de maintenir dans toute leur intégrité nos peuplements érabliers, de conserver nos précieux érables canadiens.

Au témoignage d’un expert, M. C. Dupuis : “ encourager l’exploitation sucrière, c’est améliorer la culture ”.

C’est, estimons-nous, non seulement faire œuvre patriotique, que de se livrer à cette industrie nationale, mais c’est encore, outre les bénéfices personnels, procurer aux enfants une occupation saine, agréable et pratique.

L’ile d’Orléans est particulièrement riche en “ érable gris ”, (ainsi appelé, dit Provancher, à cause de la couleur de son écorce).

Chaque année, cet arbre produit une sève abondante.

L’érable gris se remarque, dit M. Cyrille Vaillancourt, chef du service d’industrie sucrière au Ministère de l’Agriculture, “ par la beauté de son épais feuillage, artistiquement “ découpé, richement nuancé, par sa cîme fournie, ses fleurs “ jaunes verdâtres, toutes délicates, semblables à des éveœ “ tails, ses fruits couleur amande, avec des teintes rougeâtres “ munies d’ailes soyeuses, ses rameaux élancés d’un bleu “ pâle, ornés de bourgeons pointus aux écailles brun sangui-

ne-

Il n’est pas étonnant dès lors que le Canadien ait adopté l’érable au souvenir du chêne français, et qu’il ait entouré cet arbre, devenu son emblème, d’un culte de vénération, qui

plus d’une fois s’est affirmé magnifiquement, même sur le sol de la vieille Europe.

Lors du pèlerinage canadien à Paray-le-Monial en 1900, dans les grandioses manifestations en l’honneur du Sacré- Cœur et à Rome, en présence du Pape Pie X, fut chanté, comme l’hommage de foi et de piété du pays de l’érable, un cantique composé pour la circonstance par une religieuse résidant en France, mais resté canadienne de cœur. Ses ancêtres habitaient à St-Laurent, Ile d’Orléans, une terre qui depuis deux siècles et demi n’a pas changé de nom et où s’épanouit toujours vivace la foi des anciens jours.

Voici deux couplets de ce cantique du terroir chanté à Paray-le-Monial :

(Air : Pitié mon Dieu c’est pour notre Patrie.)

Des bords lointains de la NouvelleFrance,

Du Canada, Maître, nous accourons ;

O Roi des rois, à vous notre allégeance ;

A votre cœur, oui, nous nous consacrons,

Cœur adorable,

Foyer d’amour.

Le pays de l'érable,

Est à vous sans retour.

D’aignez bénir notre chère patrie.

Nos foyers, nos Prêtres, nos Pasteurs,

Et que toujours de Jésus, de Marie,

Les Canadièns soient loyaux serviteurs !

Cœur adorable,

Gardez toujours Au pays de l’érable,

La foi des anciens jours !

D’après l’abbé Bois, il s’est fabriqué dans l’ile d’Orléans, en 1827, 182,448 livres de sucre, sans compter les sirops apportés aux marchés de Québec et la provision de la famille.

Le sucre de l’ile d’Orléans est remarquable, disent les connaisseurs, par sa translucidité et la finesse de son grain.

6w Les sucres ’

Mode primitive de fabrication.

Il serait intéressant de connaître la statistique de la production actuelle.

Avant la découverte de la Nouvelle-France, les propriétés succulentes de l’érable étaient connues des sauvages. En effet, le Père Lafitteau écrit que les Français, instruits par ces “ enfants des bois ” à extraire la sève de l’érable, a vaient cependant un meilleur procédé pour la fabrication du sucre.

Pour ne parler que de l’ile d’Orléans, n’a-t-on pas, depuis quelques années, dans un but pécunier, pratiqué une coupe inconsidérée des essences forestières ? Il serait temps d’enrayer cet abus, d’empêcher le déboisement, si l’on veut conserver, aux petites rivières qui traversent l’ile les moyens de retenir leurs eaux et au sol sa fraîcheur fécondante.

Ne faudrait-il pas restreindre la coupe de l’érable aux arbres mal conformés, gangrènes et secs, ou à ceux dont les rameaux sont trop près du sol? Ne devrait-on pas s’abstenir de “ raser ” la végétation en bordure de l’érablière et qui la protège contre l’assaut des vents ?

N’y aurait-il pas lieu aussi à sacrifier, par un éclaircissement et un nettoiement rationels, les arbrisseaux dont les branches nuisent au développement des autres arbres ?

Dans les procédés de l’entaille, de la fabrication, de la mise en bidon et de l’empaquetage, dans l’aménagement même de la cabane à sucre il y aurait, me semble-t-il, avantage d’adopter les méthodes nouvelles modernes, suggérées par l’expérience et les exigences croissantes de l’acheteur.

En ce siècle d’unions coopératives et de syndicats de toutes dénominations, ne serait-il pas opportun, pour les cultivateurs de l’ile, propriétaires d’érablières, de se grouper, pour 1 acquisition d un évaporateur moderne, d’une capacité suffisante pour que la seve recueillie en un jour puisse bouillir au fur et à mesure et qu’elle ne reste pas des nuits entières dans les réservoirs ?

Le prix d un outillage moderne, considérable pour un seul, serait relativement modique si plusieurs cultivateurs s’unissaient pour en faire 1 achat en commun. Une économie de main-d’œuvre et de combustible constituerait déjà un béné-

lice, sans compter celui de l’équivalence des produits et celui d’un meilleur rendement.

Produits particuliers a chaque paroisse.

Chacune des paroisses de l’ile, comme une jeune coquette, tient à se distinguer de sa voisine et prend plaisir à varier sa toilette et ses appas:

Ste-F ample abonde en pommes de toutes espèces — voire même la " Bourassa ” — qui y régna longtemps en souveraine. — Elle se distingue aussi par ses battures et ses savanes giboyeuses.

St-François est réputé pour ses pêches d’anguille, d’esturgeon, d’alose et de bar, sans oublier les poireaux, si chères à nos ménagères.

Aux “ Duchesse ”, aux “ Pommes neige ” de Ste-Famille, St-François oppose les prunes bleues et blanches “ conquises aux plaines de Damas ” et auxquelles les “ Reine-Claude ” et les “ Impératrice-Violette ” et “ Impératrice Blanche” forment un imposant cortège.

St-Laurent et St-Jean, plus humbles, se contentent de la culture intensive des légumes verts et des petits fruits, tels que les fraises et les framboises, etc., qui, chaque jour de l’été, sont transportés à Québec, pour être vendus sur le marché ou être convertis en confitures “ Raymond ”, “ Létourneau ” ou “ Renaud ”.

St-Pierre se donne surtout au commerce de la pomme de terre, des grains, du bois de chauffage et, par surcroît, du fromage raffiné.

La population de Ste-Pétronille se compose principalement, de négociants, de professionnels, venant chercher dans la villégiature du “ Bout de l’Ile ” les délices de Capoue. Il en est peu parmi ceux-ci qui, à l’instar de Cincinnatus, songent à déposer leur toge pour les travaux agrestes ; Ils préfèrent, dans les champs de Cérès désaffectés, se livrer journellement et avec entrain aux joutes du golf, certains d’avance que, de toutes les parties de l’ile, afflueront tou-

jours vers leurs pittoresques villas, les produits de la ferme, du verger et du potager.

Population et Recensements

D’après Bouchette, la population de Plie d’Orléans était, en 1815, d’environ 4000 âmes.

On aimera sans doute à connaître ce qu’elle était à l’origine delà colonie.

Peut-être sera-t-on surpris d’apprendre que, durant de nombreuses années, sa population excédait sensiblement celle de Québec.

En 1667, dit Turcotte, Québec comptait 448 âmes et l’ile d’Orléans, 529.

Le recensement de 1681 porte le chiffre de la population de l’ile à 1,080 et celle de Québec à 880.

Mgr de Laval, dans un rapport fait au Roi en 1683, de “ l’état présent des missions du Canada ” répartit la population de l’ile d’Orléans comme suit :

Familles Ames

St-Pierre . 34 183

St-Paul (plus tard St-Laurent) . 42 242

St- Jean . 32 175

St-François . 30 165

Ste-Famille . 51 384

D’après Turcotte, la population de l’ile d’Orléans, en 1739, s’élevait à 2,318 âmes.

En 1784, Nicolas-Gaspard Bcisseau. ci-devant greffier de la Cour des Plaidoyers pour Québec, fut chargé par le général Haldimand de faire le recensement général de Pile d’Orléans, qui, en 1775, accusait une population de 2,190 âmes.

Il y procéda accompagné des Capitaines de milice et de son fils Nicolas Gaspard Boisseau, alors âgé de vingt-et-un ans, auquel nous devons le détail de ce dénombrement.

En effet, nous lisons clans ses Mémoires les détails suivants : En 1784, les cinq paroisses de File comprenaient :

Maisons . 300

Hommes . 397

Femmes . 360

Garçons . 740

Filles . 600

Engagés . 67

840^2 arpents de terre, sur lesquels, chaque année, on ensemence 11,681 minots.

Chevaux.

Vaches. .

Volailles.

Moutons Cochons.

Bœufs . .

Fusils. . .

Ce recensement fut fait gratuitement par l’ancien greffier de la Prévôté.

Haldimand, en reconnaissance de ses bons services, le nomma Juge de Paix pour toute la Province, ce^qui l’exemptait des corvées.

Voici, depuis 1815, les recensements faits à différentes époques, tels que consignés dans les diverses statistiques compilées jusqu’à 1920. Ils font voir les fluctuations dans la population globale de File d’Orléans. (1)

(1) On trouvera à l’appendice le détail de ces divers recensements pour chacune des paroisses de l’Ile d’Orléans.

Système représentatif

D’après la constitution de 1792, l’ile d’Orléans est devenue une circonscription électorale sous le nom de Comté d’Orléans ”.

Le premier député du comté fut M\ Nicolas Boisseau, notaire à Montmagny.

Députés à l’Assemblée Législative, de 1792 À 1927

Comté d’Orléans, 1792 À 1838

Boisseau, Nicolas-Gaspard(l), du 10 juillet 1792 au 31 mai 1796.

Martineau Jérome, du 20 juillet 1796, décédé le 19 décembre 1809.

Blouin, Charles, du 21 avril 1810 au 9 février 1820. Quirouet, François, du 21 avril 1820 au 25 octobre 1833. Casault, Jean-Baptiste, du 26 octobre 1833 au 27 mars 1838. Godbout, Alexis, du 5 février 1824 au 27 mars 1838.

(1) Nicolas-Gaspard Boisseau, fils de Nicolas-Gaspard Boisseau et de Claire Joliette (veuve de François Volant de Chamblin) est né à St-Pierre, Ile d’Orléans, le 15 octobre 1765.

Il obtint du gouverneur Lord Dorchester, en 1791, une commission de notaire et eut l’honneur d’être le premier député du Comté d'Orléans à l’Assemblée Législative.

Il abandonna la politique en 1796 et vint se fixer comme notaire à Montmagny où il décéda en 1842. Il avait épousé Catherine Aubert deGaspé. Les familles Picher, Gingras, Légaré, Drouin, Dupuis, Blouin de St-Jean, Prémont Beaulieu, sont apparentées, parles Boisseau, aux seigneurs Chenet et Couillard de Montmagny, et à Nicolas Boisseau, greffier en chef du Conseil Supérieur de Québec, qui avait épousé la fille du Seigneur Bissot de Yincennes.

Comté de Montmorency, depuis 1840

Sous l’Union, le nom du comté “d’Orléans” fut changé en celui de comté dé “Montmorency”.

Furent successivement élus représentants de cette circonscription de “ Montmorency ” :

Quesnel, Frédéric-Auguste, du 8 avril 1841 au 23 septembre

Cauchon, Joseph-Edouard (Hon.), du 12 novembre 1844; résigne le 21 janvier 1874.

Angers, Auguste-Réal (Hon.), du 11 février 1874 à

Langelier, Charles (Hon.), du 1er mai 1878 au 7 novembre

Desjardins, Louis-Georges, du 2 décembre 1881 au 9 mai

Langelier, Charles (Hon.), du 17 juinl890au 22 décembre

Casgrain, Thomas-Chase (Hon.), du 8 mars, résigne le 23 mai 1896.

Bouffard, Édouard, du 23 juin 1896 au 14 décembre 1900. Taschereau, Louis-Alexandre (Hon.), du 7 décembre 1900 au 9 mai 1927.

Taschereau, Hon. Louis-Alexandre, (Premier Ministre de Québec), réélu par acclamation, le 9 mai 1927.

Députés du comté de Montmorency au Parlement Fédéral, depuis la Confédération, jusqu’à ce jour:

Cauchon, l’Hon. Joseph-Edouard, du 26 août 1867 au 2 novembre 1867.

Langlois, Jean, du 11 décembre 1867 au 17 août 1878.

Valin, Pierre-Vincent, du 17 septembre 1878 au 14 janvier

Angers, l’Hon. Auguste-Réal, du 14 février 1880, au 12 novembre 1880, date à laquelle il fut nommé juge. Valin, Pierre-Vincent, du 9 décembre 1880 au 15 janvier 1887,

Langelier, Charles, du 22 février 1887 au 10 juin 1890. Desjardins, Louis-Georges, du 25 juillet 1890 au 3 février

Tarte, Joseph-Israël, du 25 mars 1891 au 20 novembre 1891. Turcotte, Arthur Joseph, du 20 mars 1892 au 24 avril 1896. Casgrain, l’Hon. Thomas-Chase, du 25 juin 1896 au 3 novembre 1904.

Parent, Georges, du 3 novembre 1904 au 21 septembre 1911 Forget, Rodolphe, du 21 septembre 1911 au 17 décembre

Lavigueur, Henri-Edgar, du 17 décembre 1917 à aujourd’hui.

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