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PANORAMA DE QUEBEC

De tous les spectacles qui captivent l’œil clu touriste arrivant à Québec, le plus beau sans contredit est celui qu’il contemple des salons du Frontenac ou de la Terrasse qui contourne les puissantes assises du “ Château ” aux allures moyen-âgeuses et s’étend comme un gigantesque pont-lévis jusqu’à la Citadelle qui domine le Cap Diamant.

Incomparable le panorama qui se déroule devant soi :

Au pied de la falaise, se coudoient amicalement, malgré un contraste frappant, les opulentes institutions industrielles et bancaires, les entrepôts et élévateurs, les magasins de gros, les maisons de commerce dont plusieurs remontent à plus d’un siècle, l’édifice des douanes et de l’accise, les bureaux de courtage et le “ Vieux Québec ” avec son marché, ses rues étroites, tortueuses, ses amas de maisons disparates aux proportions humbles, aux toits hérissés comme dans l’appréhension d’un danger, et agrippées aux flancs du rocher granitique. C’est, en dépit de son appellation “ la Basse-Ville ”, le quartier du haut commerce, des affaires, le point de contact entre Québec et Lévis reliés par dé spacieux traversiez.

Les deux villes sont séparées par le fleuve St-Laurent, nappe d’eau d’un mille de largeur, boulevard immense, bordé de chaque côté sur une longueur d’une quinzaine de milles, par des quais à eau profonde offrant l’hospitalité et . la sécurité du “ port national ” aux navires de tous pavillons et de tout tonnage,

A droite, à sept milles, en amont, au-delà de “ Spencer Wood ” affecté à la résidence du Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, s’estompent dans le lointain les formes imposantes du pont de Québec récemment construit

pour répondre à des nécessites ferroviaires et justement considéré comme l’une des merveilles du monde.

Qu’il nous soit permis de souligner en passant, qu un ingénieur canadien, M. Monserrat, a attaché son nom à cette œuvre gigantesque.

A gauche, baignant les ramparts, un havre intérieur créé de main d’homme, les “ Castle Gardens ’ ou bâtisses de l’émigration, puis les quartiers industriels et commerciaux du Palais, de St-Roch, de St-Sauveur, auxquels le faubourg St-Jean et la rue de la Fabrique, le “ Piccadilly de Québec, opposent une rude concurrence, favorisés qu’ils sont par la proximité de la “ Haute-Ville ”, cet emporium de souvenirs séculaires, où sont groupés le Château Frontenac, les édifices municipaux, le Palais Législatif avec sa bibliothèque de deux cent mille volumes, le Séminaire et l’Université sur le terrain défriché par Louis Hébert en 1617, les églises, les grandes hôtelleries, le jardin du Gouverneur, l’Esplanade et les résidences de la classe aisée.

Le regard du spectateur, en suivant le fil de l’eau, aperçoit, sur la rive droite à Lauzon, le bassin de carénage, hôpital où les vaisseaux, victimes des périls de la mer, reçoivent le traitement d’urgence, sur la rive gauche, l’estuaire de la rivière St-Charles, l’éblouissante chute Montmorency, au confluent de la rivière de ôe nom, déroulant inlassement en spirales châtoyantes ses volutes lactées sur une colonne verticale de deux cent cinquante pieds de hauteur, les riches campagnes de Beauport, dont les moissons dorées s’étagent en un magnifique relief sur le flanc ondulé des Laurentides jusqu’au sommet du Cap Tourmente qui les abrite et les protège contre les vents du Nord ; puis, dans le lointain, à , l’arrière plan, les formes indécises d’um masse oblongue émergeant des eaux, qu’elle sépare. C’est Vile d’Orléans, découverte par Jacques Cartier à son second voyage, en 1$35.

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