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Acte de Foi et hommage

Déjà, à cette époque, nous l’avons fait observer, on avait détacfié de la seigneurie de “ l’Isle-d’Orléans ” plusieurs fiefs ou arrière-fiefs, tous sujets cependant à la suzeraineté du seigneur en titre.

C’est ainsi qu’avaient été érigés, en 1652, l’arrière-fief à’ Argentenay (comprenant la petite paroisse de St-François de Sales), puis en 1656, le fief Lirec au sud-ouest (comprenant la paroisse de Ste-Famille et une partie de St-Pierre), que Charles de Lauzon avait vendu en 1666 à Mgr de Laval.

Également, en mars 1562, avaient été concédés par le Sr Jean de Lauzon, le procureur des seigneurs, au Sr Jacques Gourdeau de Beaulieu (qui avait épousé la veuve du “ Noble Homme ” de Chavigny, Dame Eléonore de Grand-Maison), quarante arpents de terre de front sur toute la largeur de l’Ile, à l’extrémité ouest de File, sous le nom de fief de la Grosardière.

Ce Sr Jacques Gourdeau fut lâchement assassiné en mai 1663 par son valet qui, pour cacher son crime, mit le feu à la maison.

Découvert, le meurtrier fut condamné à la potence et exécuté le 8 juin 1663, après avoir subi la peine du fouet.

C’est la première exécution, croyons-nous, qui ait été faite dans l’Ile.

En 1661, un petit, fief de quinze arpents de front, joignant le fief de la Grosardière fut concédé à un membre du Conseil Souverain, le Sr Mazé, en même temps qu’un semblable fief

fut concédé au Sr de la Tesserie, qui épousa la veuve Jacques Gourdeau. Ils sont aujourd’hui connus sous le nom de la Regnardière.

Dans la paroisse St-Pierre se trouve un autre petit fief, mesurant vingt-huit arpents de front, qui a nom de la Chevalerie.

Concédé en 1661 aux Srs Jean et Nicolas Juchereau, il passa successivement au Sr de Lachesnaye et de St-Marc pour devenir, en 1853, la propriété de Dame Charlotte Riverin.

Adjoignant le fief Gourdeau, mais du côté sud de File, dans la paroisse St-Laurent, est le fief Mesnu ou Dumesnil, concédé en 1661 à Peuvret, procureur fiscal de Québec, époux de Dame Catherine Nau et consistant en quarante arpents de front. Lors du rachat des droits seigneuriaux, ce fief était la propriété de M. James Motz, avocat de Québec.

Le fief Maheu, comprenant quinze arpents de front et la rivière Maheu, qui sépare la paroisse St-Laurent de celle de St-Jean, fut concédé en 1651 à “ l’honorable homme ” René Maheu, natif du Perche. Il est le premier pilote qui ait résidé dans l’Ile d’Orléans.

Adjacent au fief Maheu, à l’est de la rivière Lafleur, sc trouvait un lopin de terre de dix arpents de front concédé en 1653 par M. Jean de Lauzon, à Sr Claude Charon dit Labarre.

La plupart de ces actes de concession furent passés devant Mtre Paul Vachon, notaire royal, domicilié à St-Jean.

D’abord procureur de M. Charles de Lauzon, seigneur de Charny et fils du gouverneur Jean de Lauzon, Vachon devint plus tard procureur fiscal des seigneuries de Beaupré et de File d’Orléans.

Ce Charles de Lauzon “ Grand Maître des Eaux et Forêts de la Nouvelle-France ” fut, per intérim, gouverneur de la colonie en 1656. Il avait épousé, en 1653, Marie-Louise Giffard, fille du seigneur Giffard. Devenu veuf, Charles de Lauzon passa en France, y reçut les Saints Ordres et revint au Canada, où il collabora efficacement à l'apostolat de Mgr de Laval. Il mourut curé de Lanoraie.

Le fief communément appelé la seigneurie Poulin n est, à vrai dire, qu’un démembrement de la partie de la seigneurie échue à la succession J.-Bte Gaillard.

En effet, les héritiers de J.-Bte Gaillard avaient, en juillet 1764, vendu leur part de succession (consistant en un quart), à James Murray qui la revendit à Malcolm Fraser.

Louis Poulin, devenu en 1805 cessionnaire des droits de Malcolm et Julianna Fraser, la seigneurie passa successivement à son fils Alexandre, à son petit fils Alfred Poulin. Celui-ci à son tour céda ses droits seigneuriaux à Joseph Delisle, fils de Jean, qui se trouve actuellement le seigneur en titre de la seigneurie “ Poulin ”.

Quant à la seigneurie de “ l’Isle-d’Orléans ” proprement dite, comme nous l’avons déjà fait observer, elle fut vendue le 28 février 1702 à Dame Françoise- Charlotte Juchereau de la Forêt par le Sr de Berthelot. Rachetée par lui en 1705 elle devint successivement la propriété d’Ambroise Gaillard en 1712, des Mauvide en 1752, des Durocher en 1784 pour échoir en toute propriété à la mort de Dame Françoise Noël en 1829 aux Demoiselles Drapeau, filles de Joseph Drapeau, qui l’avait achetée en 1800.

Demeure des “ Seigneuresses Drapeau ”, St-Laurent, I. O.

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