LIVRE I, CHAPITRE VIII
de LusigDan , Unstitut du Carmel se propagea beaucoup dans Ttle. Il eut des isii-isio. maisons à Nicosie, à Famagouste et à Limassoi; des prieurés dans la campagne, notamment à Pirgo et à Polemidia, à Test et à Touest des ruines d^Amathonte ^.
Dès le règne du roi Guy ou de son frère Àmaury^, les religieux Prémontrés habitaient, près de Nicosie, le plateau de Lapaïs, où le roi Hugues III fit reconstruire pour eux , sur de grandes proportions , Tabbaye dont il reste encore de si magnifiques parties'. Les Bénédictins et les Chartreux paraissent être venus dans File, au plus tard, sous le roi Hugues I*^^. Les Cisterciens fondèrent leur premier couvent à Nicosie, sous le règne de Henri I*', fils de ce prince, grâce à la générosité de la comtesse Alix de Montbéliard, veuve de Philippe d*lbelin^. Us avaient été précédés, à Nicosie du moins, par les nouveaux ordres de saint Dominique et de saint François, qui créés seulement aux débuts du siècle, se répandaient rapidement dans toute la chrétienté. Voués à la prédication , à la conversion des infidèles et aux devoirs de la confession , les religieux mendiants acquirent bientôt dans Tile, comme ailleurs, la confiance des grands et la sympathie du peuple. Leur établissement en Chypre date de la régence d'Alix de Champagne, veuve de Hugues I*'^.
Il parait, d'après les faits déjà rappelés de Thistoire de Gautier de Montbé- ÉiabiîHenenu liard, que les Templiers, en cédant leur souveraineté à Guy de Lusignan, ordrwmtuuîm. reçurent du roi ou se réservèrent quelques possessions dans File. On a vu qu'ils occupaient le château de Gastria, sur le golfe de Famagouste, quand le r^ent fut obligé de quitter Nicosie. Après la perte de la Syrie, l'accroissement de leurs propriétés dans l'ile, où se trouvaient réunis presque tous les ordres de l'ancien royaume, donna de l'inquiétude aux Lusignan et motiva la prompte adhésion du pouvoir royal aux mesures prescrites contre eux par Clément V. Les Hospitaliers, dotés dès la fondation du royaume, seraient devenus à leur tour un danger, si, vers le temps même où les chevaliers réunissaient à leurs domaines ceux de l'ordre du Temple supprimé, ils n'avaient fait de l'Ile de Rhodes le centre de leur communauté et de la vaste administration qui s'étendait dès lors dans tous les pays du monde chrétien.
^ Lasignan , Hist. de Cjrpn, foL 87 , 90. * Lusignan , foi. 89 ; Kyprianos » p. 60, 6 1 .
* HUl de Chypre, t. III, p. 63a. > Hùt, de Chypre, t III , p. 644.
' Arch. des musions sciant t. I, p. 544, * Lusignan, fol. 89; Kyprianos, p. 60;
où il faut lire : un* siècle. Amadi et Bustron.